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La théorie du cheval (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
La théorie du cheval — la frise des femmes.
Les animaux qui auscultent le silence de la nuit,
une adolescente empêtrée dans une toile d’araignée,
un cri mourant dans le silence le plus froid.

L’explosion des épaules, le poing de ce regard,
la torsion de ce corps dans la fureur de l’amour,
l’explosion des mots comme le sperme dans la vulve,
la douceur satinée qui émane d’une lumière.

La nuit amoureuse jusqu’à la fin de la nuit.
Il n’existe pas de spectacle pour la vision intime.
Les corps les plus doux s’allument comme des lampes
et se baignent dans l’huile heureuse de l’absolu.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Les oliviers s’enroulaient sur eux-mêmes (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Les oliviers s’enroulaient sur eux-mêmes.
Chaque torsion les ligotait d’un siècle.
Ils se nourrissaient d’une terre pourpre et calme
mais souvent aussi d’énormes roches, à la couleur de leurs feuilles,
et qu’ouvraient leurs vertiges de monstres.
Pour troncs ils n’avaient que des bras animaux, des noeuds de poulpe lignifiés.
La nuit, sans bouger ils tournent en moi, et je crie.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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CONTRAT (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



Illustration: Lucas Cranach l’Ancien
    
CONTRAT

Si tu es heureux, je te donnerai une pomme,
si tu es anxieux, je te tordrai le bras,
et si tu permets, j’aimerais te serrer
contre mon coeur à jamais sans te faire mal.

Si je suis heureux, me donneras-tu une pomme ?
Si je suis anxieux, tu peux tordre mon bras.
Et si tu veux, ça me plairait que tu me tiennes
contre ton coeur à jamais sans me faire mal.

C’est une affaire qu’on ne peut faire qu’à deux.
C’est un contrat offert avec un calme désarroi,
n’étant pas sûr qu’amants puissent écarter les démons
avec le don d’une pomme ou la torsion d’un bras.

***

COVENANT

If you are happy, I will give you an apple,
if you are anxious, I will twist your arm,
and if you permit me, I will be glad to hold you
close to my heart forever and do you no harm.

If I am happy, will you give me an apple?
If I am anxious, you may twist my arm.
And if you would like to, I would like you to hold me
close to your heart forever and do me no harm.

This is a bargain, only two can make it.
This is a covenant offered with desperate calm,
it being uncertain that lovers can drive out demons
with the gift of an apple or the twist of an arm.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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