Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tourné’

Tourné attentivement vers ce qui apaise (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Tourné attentivement vers ce qui apaise,
je me suis résolu à la nuit intacte,
mes sens se sont écoulés de moi
et le coeur indiciblement en est multiplié.

***

An das Stillende hinaufgekehrt,
hab ich mich zur heilen Nacht entschlossen,
meine Sinne sind mir abgeflossen
und das Herz ist namenlos vermehrt.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chaque année plus longue (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017




    
Chaque année plus longue, la fin de l’hiver
De cri en cri nous redoutons de suivre les mouettes
qui assaillent la ville les portes n’y font rien, fermées,
ni les corps repliés.
On ne respire que pour soi.

Petite fille, pas même un an, tournée vers la lumière,
pour la première fois nous lui désignons les oiseaux
et tout de suite elle avance les mains comme le souffle
et sur la vitre chaude, que devons-nous dire ?
palpite ou résonne un ciel aussi bleu que ses yeux.

(Pierre Dhainaut)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X)

Enfermé dans un horizon sans altitude,
je n’ai devant moi que chemins en fuite
vers un lointain de plus en plus illisible,
de plus en plus tourné sur ton absence.

J’attends en vain que vienne à ma rencontre
un arbre qui marcherait sur ses racines,
mais c’est à peine s’il me fait signe
en remuant un bras d’où quelques feuilles tombent.

Les fleurs sourient d’une façon si banale
qu’il me tarde quand je reviens à la nature
de la quitter pour la ville où je suis sûr
qu’un seul de tes baisers me bouleversera jusqu’à la moelle.

Il reste les couchants dont je ne puis me déprendre
parce qu’ils ont brillé au-dessus de mon enfance
comme mille mains levées sur un navire en partance
pour un pays que tu es seule à savoir me rendre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MALADE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration: Eve Carton
    
MALADE

jadis rayonnait son visage
le mal l’a pris avec audace
la joie n’y avait plus de place
et le rire y faisait ombrage

son visage tourné vers le ciel
y coulent des larmes de fiel
il vit dans le sel de ses pleurs
prostré renfermé sur sa peur

il rivalise avec la pénombre
déjà de lui-même il sombre

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand je parais n’être pas en accord avec moi-même (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



 

 

Quand je parais n’être pas en accord avec moi-même,
Faites bien attention :
Si j’étais tourné vers la droite,
Me voici tourné vers la gauche
Mais c’est toujours moi, planté sur mes deux pieds…

(Fernando Pessoa)

Illustration: Ismail Yildirim

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Quelque chose pour eux s’est ouvert (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



Nous, jamais, pas un seul jour,
n’avons le pur espace devant nous,
celui qu’investissent à l’infini
les fleurs quand elles s’ouvrent.

Toujours, c’est le monde,
jamais ce nulle-part exempt de toute négation:
le pur, ce que rien ne surveille,
que l’on respire et que l’on sait
d’un savoir infini
sans pour autant le convoiter.

Enfant, tel ou tel
s’y égare sans bruit: une secousse le réveille.
Ou bien, tel autre meurt: il est alors cela.
Car tout près de la mort on ne voit plus la mort,
et l’on regarde fixement au-dehors,
avec peut-être les grands yeux de l’animal.

Les amants, n’était l’autre qui leur barre la vue,
n’en seraient guère loin:
ils ont ce regard étonné…
Comme par inadvertance,
quelque chose pour eux s’est ouvert
en arrière de l’autre…
Mais nul ne peut passer par-dessus l’autre,
et le monde leur advient de nouveau.

Toujours tournées vers les choses créées
nous ne voyons jamais que miroiter sur elles
l’élément libre, mais qu’obscurcit notre présence.
A moins qu’un animal,
une bête muette
lève vers nous les yeux,
et nous transperce calmement de son regard.
C’est cela que l’on nomme le destin:
être en face et rien d’autre,
oui, à jamais en face.

***

Haben nie, nicht einen einzigen Tag,
den reinen Raum vor uns, in den die Blumen
unendlich aufgehn. Immer ist es Welt
und niemals Nirgends ohne Nicht: das Reine,
Unüberwachte, das man atmet und
unendlich weiß und nicht begehrt. Als Kind
verliert sich eins im Stilln an dies und wird
gerüttelt. Oder jener stirbt uns ists.
Denn nah am Tod sieht man den Tod nicht mehr
und starrt hinaus, vielleicht mit großem Tierblick.
Liebende, wäre nicht der andre, der
die Sicht verstellt, sind nah daran und staunen . . .
Wie aus Versehn ist ihnen aufgetan
hinter dem andern . . . Aber über ihn
kommt keiner fort, und wieder wird ihm Welt.
Der Schöpfung immer zugewendet, sehn
wir nur auf ihr die Spiegelung des Frein,
von uns verdunkelt. Oder daß ein Tier,
ein stummes, aufschaut, ruhig durch uns durch.
Dieses heißt Schicksal: gegenüber sein
und nichts als das und immer gegenüber.

(Rilke)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la tête de l’homme qui a tout oublié (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2016



dans la tête de l’homme
qui a tout oublié
il y a un visage effrayant et secret
tourné du côté des choses
intérieures
et qui ne connaît pas la douceur de nos roses
dans la tête de l’homme
qui a tout oublié
où la folie a mis ses housses
dans la tête de l’homme
qui ne répond plus
aux questions qu’on lui pose
il y a
tout entier
celui qu’on n’ose
plus nommer

(Jacques Izoard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Simple miracle d’être là (Gilles Baudry)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2016



;

Simple miracle d’être là
avec le livre ouvert de ses mains vides
regard tourné
vers le dedans

la voix bleu nuit
qui porte en elle tout l’embrasement
de la brisure

l’écriture arrachée
à l’invisible

et tout ce qu’ensemence le silence

(Gilles Baudry)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Madeleine Lesage

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce n’est pas vers toi (Jean-Louis Giovannoni)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2015


Ce n’est pas vers toi
que les choses regardent

Ce n’est pas vers toi
que le monde est tourné

(Jean-Louis Giovannoni)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

A travers tant de pages (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2015



oh regarde-moi
à travers tant de pages
tournées et retombées
sur tes yeux
regarde-moi
avant que j’ouvre le
dernier livre
et meure de l’infime
blessure du point final

(Jean-François Mathé)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :