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Poésie

Posts Tagged ‘tourner’

SALLES D’ATTENTE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2020




    
SALLES D’ATTENTE

Solitude ce n’est pas la pitié
morose ou la grandeur sans nom
une guirlande qui promet
et ne tient pas

Solitude sans joie ni délices
promenade qui n’aboutit pas
on tourne en rond
et l’on attend ce qu’on attend

Solitude preuves à l’appui
qu’on cherche en vain dans un miroir
poussière qui tombe comme neige
et qui descend comme la nuit

J’attends la solitude c’est la mort
elle est à portée de mes mains
je n’ose les fermer j’ai peur
et j’attends il faut attendre

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Quatre espaces blancs nous regardent (Benjamin Péret)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020




Quatre espaces blancs nous regardent
quatre espaces plus blancs que des cheveux
mais riches
quatre espaces qui sont quatre infinis
L’infini du serpent qui est horizontal
et ceux qui tournent
ou sautent comme des carpes
ou plongent
comme une pierre dans un arbre

(Benjamin Péret)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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CENDRES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020




    
CENDRES

Tant de jours tant de gens
Tant de disparus d’oubliés
malgré les nuits qui n’en finissent plus
jusqu’à l’aube où l’on se cogne la tête
où l’on se retrouve comme la veille
les mains aussi vides que la tête
Il s’agit de serrer les poings
comme si de rien n’était
Un autre jour comme les autres
en attendant le lendemain
toujours le même et le même toujours
comme l’éternel refrain
de l’éternelle chanson
qui tourne sans trêve ni relâche
comme dans les rêves où l’on attend l’oubli
ou le néant

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Pommes poires et tralalas… (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020




    
Pommes poires et tralalas…

Pommes poires et tralalas merles renards flûtes à bec
Et les petites bottes bleues enfoncées dans la boue
Après la peine la joie revenait aussi sec

Au bois sifflaient les ziaux les loups les pâtres grecs
Beaucoup d’airs de toutes sortes faisaient gonfler nos joues
Pommes poires et tralalères merles renards flûtes à bec

Il n’y avait pas d’euros de dollars de kopecks
On pouvait chanter fort la gadoue la gadoue
Après la peine la joie revenait aussi sec

Dans le vent murmuraient le lièvre et le fennec
Tournaient les grues les elfes les roues
Pommes poires et tralalères merles renards flûtes à bec

(Valérie Rouzeau)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Rondeauderdrome des éléphants (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeauderdrome des éléphants, A

Cinq éléphants font la danse
Tourne, tourne le rondeau
Leurs cinq trompes se balancent
Cinq éléphants font la danse
Ébahissant les badauds
Tourne, tourne le rondeau
Ils barrissent en cadence
Ébahissant les badauds
Leurs cinq trompes se balancent
Ils barrissent en cadence
Cinq éléphants font la danse

Rondeauderdrome des éléphants, B
Cinq éléphants font la danse
Tourne, tourne le rondeau
Leurs cinq trompes se balancent
Ils barrissent en cadence
Ébahissant les badauds
Tourne, tourne le rondeau
Ils barrissent en cadence
Cinq éléphants font la danse
Ébahissant les badauds
Leurs cinq trompes se balancent
Cinq éléphants font la danse

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rondeau du dinosaure (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2020




    
Rondeau du dinosaure

qui danse avec les biches
Donnez la main au dinosaure
Petites biches, pour danser
Tournez, tournez, tournez encore
Lancez la ronde dans le pré

Un dinosaure c’est grand c’est fort
Mais pour la danse c’est pas doué
Donnez la main au dinosaure

Quand vous arriverez au bord
De la fontaine si vous lâchez
Ses grosses pattes il va tomber
Ça fera « plouf ! » et vous rirez
Donnez la main au dinosaure

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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PARADER (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Marilyne Bertoncini

Sculpture: Ioan Bolborea
    
PARADER

Fantaisie devant l’orgueil ostentatoire
d’un grand hôtel

Parader
sous la pluie le soleil et les périls

Figures fantasques
d’un orchestre en partance
vers des folies créatrices

Marionnettes de bronze
figées dans les éternelles pitreries
du grand cirque humain

Résolument tourner le dos
pour narguer l’impossible
et se moquer des vanités
pour conjurer le sort.

(Françoise Coulmin)

 

Recueil: DE QUOI SE SOUVENIR ?
VAGABONDAGES dans BUCAREST À l’occasion du FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE mai 2019
Traduction:
Editions:

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Si tu t’imagines (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Illustration: Etienne Adolphe Piot

    
Si tu t’imagines

si tu t’imagines
fillette fillette
si tu t’imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

Si tu crois petite
si tu crois ah ah
que ton teint de rose
ta taille de guêpe
tes mignons biceps
tes ongles d’émail
ta cuisse de nymphe
et ton pied léger
si tu crois petite
xa va xa va xa va
va durer toujours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

les beaux jours s’en vont
les beaux jours de fête
soleils et planètes
tournent tous en rond
mais toi ma petite
tu marches tout droit
vers sque tu vois pas
très sournois s’approchent
la ride véloce
la pesante graisse
le menton triplé
le muscle avachi
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

(Raymond Queneau)

 

Recueil: L’instant fatal
Traduction:
Editions: Gallimard

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On ne sait pas si c’est toi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020


poésie

 

Dans les livres je trouve ta trace:
une sorte de miroitement
aux limites du sens. Sous les mots
on dirait un sursaut mais à peine
sensible, quelque chose qui passe
sans qu’on le sache. On tourne une page
et c’est comme un vent frais qui se lève.
On le voit sur la fenêtre: il bouge,
il brille. On ne sait pas si c’est toi.

(Jacques Ancet)

 

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Âme soumise aux mystères du mouvement (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Âme soumise aux mystères du mouvement,
passe emportée par ton dernier regard ouvert,
passe, âme passagère dont aucune nuit n’arrêta
ni la passion, ni l’ascension, ni le sourire.

Passe : il y a la place entre les terres et les bois,
certains feux sont de ceux que nulle ombre ne peut réduire.
Où le regard s’enfonce et vibre comme un fer de lance,
l’âme pénètre et trouve obscurément sa récompense.

Prends le chemin que t’indiquera le suspens de ton coeur,
tourne avec la lumière, persévère avec les eaux,
passe avec le passage irrésistible des oiseaux,
éloigne-toi : il n’est de fin qu’en l’immobile peur.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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