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Poésie

Posts Tagged ‘tourniquet’

Notre vie (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018




    
Notre vie
tourne-t-elle
autour de notre mort?
Est-ce la mort
qui contourne la vie?
est-ce le tournoiement
de la toupie
sur elle-même
le grand tournis
de la planète
à flanc de soleil
le tourniquet
entre rêve et réel
le détournement
des ombres
par une ombre moins noire
ou le tournoi
de deux éclairs
dans l’éblouissement?
Est-ce le tourbillon
des sources
au cirque du désert
le tour du puits
brillant de lune
en ses entrailles
la margelle et l’anneau
autour des remous
les remous de la nuit
autour du secret?

Mais si c’était
autour de rien
la chose à mieux savoir
et le désir
autour de tout
de changer la boue
en poussière
et de souffler
sur la poussière
pour mettre à nu
la peau de tout?

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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EN FACTION (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016



EN FACTION

On m’envoie là-bas sur un grand tas de pierres
comme un cadavre illustre de l’âge de fer.
Les autres sont restés sous la tente et dorment
étalés comme les rayons d’une roue.

Sous la tente, le poêle fait la loi : un grand serpent
qui a gobé une boule de feu et qui siffle.
Mais pas un bruit ici dans la nuit de printemps
parmi ces pierres froides qui guettent la lumière.

Et ici dans le froid, je me mets à voler
comme un chaman, je vole vers son corps
aux marques blanches laissées par le maillot –
nous étions en plein soleil. La mousse était chaude.

Je glisse le long de chauds instants
mais ne peux m’y attarder longtemps.
Ils me rappellent à eux, ils sifflent dans l’espace –
je rampe entre les pierres. Ici et maintenant.

Mission: être là où l’on est.
Même dans ce rôle grotesque et
compassé — je suis l’endroit précis
où la genèse se perfectionne.

Le jour vient, les troncs des arbres épars
maintenant se colorent, les fleurs du printemps
qu’a mordues la gelée ratissent doucement le terrain
et recherchent quelqu’un qui disparut dans l’ombre.

Mais être là où l’on est. Et attendre.
Je suis anxieux, obstiné et confus.
Les événements futurs, ils existent déjà!
Je le sens. Ils sont là dehors:

Une foule de gens qui murmurent au-delà des barrières.
Ils ne pourront passer qu’un à un.
Ils veulent entrer. Pourquoi? Ils arrivent
un à un. Je suis le tourniquet.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Jette-toi dans les bras de l’air (Paul Chamberland)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



Jette-toi dans les bras de l’air.

Non ?
Trop lyrique ?

À ras de terre
mâchouille les gravats de chantiers,
obsède-toi de la laideur des êtres,
ne lésine pas, gobe jusqu’au fiel.

Ton regard a bien fait le deuil de cette sucrerie,
un pan de ciel ?

Le nirvana n’est pas d’abord un aller simple pour l’extase
mais un tourniquet de gifles.

Es-tu prêt à flairer la poche de hontes rassurantes
que tout un chacun traîne avec soi, furtif, dans la cohue ?

La bande du trottoir est un Jugement dernier en marche.

(Paul Chamberland)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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