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Posts Tagged ‘tournoyer’

Si un jour d’épuisement tout te semble sans but (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2020



Si un jour

d’épuisement
tout te semble sans but
descend dans tes atomes
et laisse-toi tournoyer sans fin

(Bernard Montini)


Illustration

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CHANT DU DÉSESPÉRÉ (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Charles Vildrac
    
CHANT DU DÉSESPÉRÉ

Au long des jours et des ans,
Je chante, je chante.
La chanson que je me chante
Elle est triste et gaie :
La vieille peine y sourit
Et la joie y pleure.
C’est la joie ivre et navrée
Des rameaux coupés,
Des rameaux en feuilles neuves
Qui ont chu dans l’eau ;
C’est la danse du flocon
Qui tournoie et tombe,
Remonte, rêve et s’abîme
Au désert de neige ;
C’est, dans un jardin d’été,
Le rire en pleurs d’un aveugle
Qui titube dans les fleurs ;
C’est une rumeur de fête
Ou des jeux d’enfants
Qu’on entend du cimetière.
C’est la chanson pour toujours,
Poignante et légère,
Qu’étreint mais n’étrangle pas
L’âpre loi du monde ;
C’est la détresse éternelle,
C’est la volupté
D’aller comme un pèlerin
Plein de mort et plein d’amour !
Plein de mort et plein d’amour,
Je chante, je chante !
C’est ma chance et ma richesse
D’avoir dans mon cœur
Toujours brûlant et fidèle
Et prêt à jaillir,
Ce blanc rayon qui poudroie
Sur toute souffrance ;
Ce cri de miséricorde
Sur chaque bonheur.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2020



Camille Claudel
    

VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL

Mettre le cap près du soleil…
Ian Curtis

Tu tournes sans relâche
jusqu’à enlacer l’univers
tu cherches

infiniment
cette seconde avant le contact
celle qui nous mène

à l’essentiel vertige
tu tournes et t’en retournes
en suspens continu

en volutes instables
toute une vie en bascule
pour ce seul tourbillon

qui te prend maintenant
ce lent tourbillon de langueur
cette ronde enfantine

qui fait vaciller les siècles
en drapé de nuit
douce et profonde

l’enroulement
l’étreinte
l’ardent abandon

jamais
tu n’interromps
le souffle du vivant

par effleurements
par torsades
par souvenirs renversés

tu avances
petite châtelaine de l’intensité
spontanément universelle

tu avances et tournes
promesse
des plus savants déséquilibres

par sinuosités
par accès de véhémence
par étourdissements

voici le temps
d’offrir toute ta lumière
fol amour

qui tout emporte
tu sombres
et prends les poissons du ciel

dans un flot d’onyx
tu écoutes
ce qui tournoie en toi

pour jaillir
hors de tous les sillons
labourer les nuages

pénétrer la parole
éclairer les atomes
nue

si sauvage et si nue
te laissant submerger
par l’impossible

sous l’emprise d’un amour
qui se déverse
sans fin dans l’amour

bienheureuse
par l’étendue
de ta seule consumation

sous l’emprise d’un tourment
de haute haleine
tu sens

palpiter l’invisible
possédée dépossédée
tu ramasses

les comètes errantes
pour en faire des fagots
allez

allez
entre dans la ronde
jusqu’à son point de rupture

allez
entre dans la ronde
pour recueillir la vie

jusque dans la mort
allez
trois petits tours encore

et puis t’en vas vers le silence

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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BOULEVERSEMENT (Ángela Valle)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020




    
Poem in French, Dutch Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla

Poem of the Week Ithaca 642
REVUELO by Ángela Valle, Honduras (1927 – 2003)

From « Poesía soy yo », Poetas en español del siglo XX
Raquel Lanseros en Ana Merino, Colección Visor de Poesía, 2016

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

BOULEVERSEMENT

Vois, comme ta venue
a perturbé les oiseaux de mon âme …
Déjà rien que la vue
troubla mes oiseaux en deuil …
Ta présence rendit audible
mon battement inhabituel.
Vois comme en tremblant ils cherchent le nid
et crient car ils ne le trouvent pas.
Tu dois savoir que depuis que tu es arrivé,
secouées par des vents inaudibles,
elles ont fui très loin
les hirondelles de mes rêves.
Viens, enferme une à une d’une main pleine d’amour
les volées
qui tournoient effrayées
afin que jusqu’au soir de la vie
sous tes ailes, amour,
elles se nichent pour toujours.

Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

BEROERING

Zie, hoe jouw komst
de vogels van mijn ziel heeft verward …
Alleen reeds jouw blik
veroorzaakte beroering bij mijn rouwende vogels …
Mijn ongewoon flapperen
werd door jouw aanwezigheid hoorbaar.
Zie hoe ze bevend het nest zoeken
en schreeuwen omdat ze het niet vinden.
Je moet weten dat ze gevlucht zijn,
dooreengeschud door onhoorbare winden,
de zwaluwen van mijn dromen, ver weg nu,
sinds je gekomen bent.
Kom, sluit met liefdevolle hand
één voor één de vogelzwermen
die verschrikt rondvliegen op
om zich tot op de avondval van het leven
onder jouw dak, liefde, voor altijd te nestelen.

Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

REVUELO

Mira que tu llegada
me ha aturdido los pájaros del alma…
Que tu sola mirada
causó revuelo a mis aves enlutadas…
Mi aletear insólito
se ha dejado escuchar con tu presencia.
Mira que temblorosas
buscan el nido y lloran a no hallarte.
Debes saber que han huido
sacudidos por los vientos inauditos
las golondrinas de mis sueños, lejos
desde que tú has venido.
Ven, encierra una a una
con amorosa mano las bandadas
que asustadizas vuelan
y por la tarde de la vida anidan
bajo tu alero, amor, y para siempre.

Ángela Valle

***

COMMOTION

Look how your arrival
has stirred up the birds of my soul . . .
How just that look of you
caused commotion in my mourning birds . . .
My unusual flapping
became audible with your presence.
Look how they tremble,
searching for the nest and cry not finding you.
You must know that they have fled
shaken by the inaudible winds,
the swallows of my dreams, faraway
since you came.
Come, lock up one by one
with loving hand the flocks
that are startled fly around,
and in the lateness of life, nest
under your wing, love, forever.

Translation into English by Stanley Barkan

***

IN SUBBUGLIO

Guarda come il tuo arrivo
ha eccitato gli uccelli della mia anima …
come il solo guardarti
ha messo in subbuglio i miei uccelli in lutto …
il mio insolito sbattere le ali
è diventato udibile alla tua presenza.
Guarda il loro tremare,
cercando il nido e piangendo nel non trovarti.
Devi sapere che sono fuggite
scosse da venti silenziosi,
le rondini dei miei sogni, lontano
fino al tuo arrivo.
Vieni, metti in gabbia uno ad uno
con amorevoli mani gli stormi
che volano intorno stupefatti,
e nell’attardarsi della vita, nidificano
sotto la tua ala, amore, per sempre.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

ERREGUNG

Sieh, wie deine Ankunft
die Vögel meiner Seele verwirrt hat …
Schon dein einziger Blick
sorgte für Aufregung bei meinen trauernden Vögeln …
Mein ungewöhnliches Flattern
wurde durch deine Anwesenheit hörbar.
Sieh wie sie zitternd das Nest suchen
und schreien, weil sie es nicht finden.
Du sollst wissen, dass sie geflohen sind,
durchgeschüttelt von unhörbaren Winden,
die Schwalben meiner Träume, weit weg nun,
seit du gekommen bist.
Komm, fange, einen nach dem anderen,
mit liebevoller Hand die Schwärme ein
die aufgeschreckt herumfliegen
und am Lebensabend nisten
unter deinem Dach, Liebe, für immer.

Translation into German by Wolfgang Klinck

***

REVOADA

Olha que tua vinda
espantou os pássaros da minha alma…
Que só o teu olhar
causou revoadas nas minhas aves enlutadas…
Meu adejar insólito
deixou-se ouvir com a tua presença.
Olha como temerosas
buscam o ninho e choram ao não te encontrar.
Deves saber que fugiram
sacudidas pelos ventos desconhecidos
as andorinhas dos meus sonhos, longe
desde que tu vieste.
Vem, acolhe uma a uma
com mão amorosa as levas
que assustadas voam
e nas tardes da vida se aninham.

Tradução ao português, José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

LU SBULAZZARI

Talia comu lu to arrivu
assintumau l‘aceddi dâ me arma…
Comu nu sulu sguardu to
fici sbulazzari li me aceddi n luttu
Lu me sbulazzari nsolitu
Si sintiu quannu arrivasti.
Talia comu tremanu
circannu lu so nidu
e comu chianciunu quannu non ti trovanu
Tu ha sapiri ca li rinnini
di li me sonnura
doppu ca tu arrivasti
si nni eru assai luntanu,
strantuliati di lu ventu
c’arrivau a la ntrasatta.
Veni, abbrazza a una a una
cu manu amurusa li muti di l’aceddi
ca bbulanu scantatizzi
e pi la basciura di la vita
si fannu lu nidu sutta la to ala,
amuri, e pir sempri.

Traduzioni di Gaetano Cipolla
Translation into Siciliano by Gaetano Cipolla

***

ÎNVOLBURARE

Vezi cum, odată cu venirea ta,
mi se agită păsările în suflet …
Privirea ta le face să tresalte,
înaripate făpturi îndoliate …
Insolitele zbateri din aripă
se aud numai în prezența ta.
Înfrigurate își caută cuibul,
țipând când nu dau peste tine.
Să știi că duse sunt, pe fugă,
trecând prin aspre vijelii neauzite,
privighetori din visurile mele, distante
de când tu ai apărut.
Vino să legi, rând după rând,
cu tandre mâini aceste stoluri
ce zboară așa de învolburate,
făcându-și cuib în după-amiaza vieții
sub streașina ta, dragoste eternă.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ZAMIESZANIE
Spójrz jak twoje przybycie
zdezorientowało ptaki mojej duszy …
Już sam twój widok
wywołał rwetes w moich żałobnych ptakach …
Niezwykłe trzepotanie skrzydeł
dało się słyszeć w twojej obecności.
Popatrz jak chybocząc się,
szukają gniazda i płaczą nie znajdując ciebie.
Musisz wiedzieć, że odfrunęły
targane niesłyszalnymi wiatrami
jaskółki moich marzeń, daleko stąd
odkąd jesteś.
Chodź, ogarnij jedno po drugim
kochającą dłonią stada
które latają dookoła spłoszone,
i u schyłku życia gnieżdżą się
pod twoją osłoną, miłości, na zawsze.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΣΥΓΧΥΣΗ

Πρόσεξε πώς ο ερχομός σου
συγχύζει της ψυχής μου τα πουλιά
και πώς όταν σε βλέπω
ανακατεύεις τα θλιμένα μου φτερά
η ασυνήθιστη κίνηση τους
έντονη μες στην παρουσία σου
δες πώς τρέμουν ψάχνοντας για μια φωλειά
για να χωθώ να κλάψω όταν δεν σ’ έχω
Τα χελιδόνια των ονείρων μου πέταξαν μακριά
μ’ αθόρυβο αγέρα, αφού γύρισες.
Έλα και με το χέρι χάιδεψε με
στο ύστερο της ζωής μας,
για να φωλειάσω κάτω απ’ τα φτερά σου
αγαπημένε μου για πάντα.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

骚 动

瞧,你的到来怎样
惊起我灵魂的鸟儿……
正是你那神情
骚动了我的哀鸣鸟儿……
我独特的拍翅
随你现身变得有声可闻。
你瞧,灵鸟怎样颤抖,
在寻巢,因找不到你而哭泣。
你一定知道,鸟儿被听不见
的风惊扰,已经飞逃。
你光临以来,我梦想
的燕子飞向远方。
来,用爱之手
把吓得乱飞的鸟群
一个个地关起来,
并在生命的晚年,在鸟巢
在你的翅膀下,永远,爱。

英 译:杰曼·卓根布鲁特-斯坦利·巴坎
汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***
اهتياج

انظر كيف أثار قدومك طيور روحي…
شاهد ما فعلته صورتك
في اهتياج طيور الحزن داخلي..
خفقان غير مألوف
فصار مسموعاً بحضورك.
انظر كيف ترتجف الطيور،
لتبحث عن عش تبكي فيه فراقك.
كان عليك أن تعرف أن طيور أحلامي، قد فرت بعيدا
بعدما أرعبتها أصوات الرياح غير المسموعة
ولأنك قد عدت.
تعال، لتقفل على طيور الأحلام هذه، واحدا واحدا
بيدك الحنون على الأسراب التي حلقت في الأرجاء.
إن العش الذي يستظل بجناحك
في آخر وقت من هذه الحياة
سيعمر بالحب إلى الأبد.

ترجمة: سارة سليم
Translation into Arabic by Sarah Selim

***

हल्ला गुल्ला

देखो तुम्हारा आगमन कैसे हुआ
मेरी आत्मा के पक्षियों में हड़कंप मच गया। । ।
कैसे ? बस तुम देखो
मेरे शोकग्रस्त पक्षियों ने हंगामा कर दिया। । ।
मेरी असामान्य फड़फड़ाहट
आपकी उपस्थिति के साथ श्रव्य बन गया।
देखो वे कैसे कांपते हैं,
घोंसले को खोज रहा हूं और आपको नहीं पाकर रो रहा हूं।
आपको पता होना चाहिए कि वे भाग गए हैं
अश्रव्य हवाओं से हिल गया,
मेरे सपनों का निगल, दूर
जब से तुम आए हो
आओ, एक-एक कर ताला लगाओ
प्यार से झुंड के साथ
कि चारों ओर उड़ रहे हैं चौंका,
और जीवन की सुस्ती में, घोंसला
अपने पंख के नीचे, प्यार, हमेशा के लिए।
ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद

Translation into Hindi by Iyotirmaya Thakur

***

胸騒ぎ

見てごらんなさい
あなたがやってきてわたしの心はどれほど
波打ったことか
あなたをちらっと見たことで
わたしの中の嘆きの鳥たちがざわめく
あなたがいることで、わたしの心は
音を立てて羽ばたく
見て、震えているのを
自分の巣を探しながら、
あなたを見つけられずに泣き叫ぶ
鳥たちはすでに飛び立ったのよ
聞くことのできない風に震えながら
わたしの夢のツバメたちは、遠くに
あなたが来てからというもの
来て、一つひとつをつなぎとめて
驚いて飛び回る群れをその愛の手で
そして、人生に遅れながら、
あなたの翼の下で
愛よ永遠に

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

هیاهو

نگاه کن چگونه آمدنت…
پرندگان روحم را آشفته ساخته
چگونه تنها آن نگاه تو
پرندگان عزادارم را مظطرب ساخته اند
بال زدن غیرمعمول من
با حضورت تماشایی شد
ببین چگونه می لرزند
در جستجوی آشیانه و در فقدانت گریه می کنند.
باید بدانی که فرار کردند
متلاشی از بادهای نامریی،
پرستوهای خواب هایم، به دوردستها
از وقتی تو آمدی.
بیا، قفل کن یک به یک
با دستان عاشقت، دسته هایی
که رمیده در حال پرواز در اطرافند
و در تاخیر زندگی، آشیانه میکنند
زیر بالهایت، عشق میورزند، برای همیشه.
آنجلا واللی، هندوراس ( ۱۹۲۷-۲۰۰۳)
ترجمه : سپیده زمانی

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

Вълнение

Моето необичайно пърхане
стана чуваемо в твоето присъствие.
Виж как пристигането ти
е събудило птиците на душата ми…
Как само начинът, по който изглеждаш
причини вълнение на сутрешните ми птици.

Виж как те треперят,
търсейки гнездото,
виж как страдат, че не те намират.
Трябва да знаеш, че те са отлетели
откакто ти дойде,
понесени далече на безшумни криле –
глътките на моите желания.

Ела, заключи едно по едно
с нежна ръка ятата,
които уплашено летят наоколо,
гнездото
под твоето крило,
любовта – завинаги.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

Sko hvað koma þín
hefur raskað ró fuglanna í sál minni …
Bara að sjá þig
olli fjaðrafoki hjá sorgarfuglunum mínum …
Óvenjulegur sláttur minn
heyrðist þegar þú komst.
Sko hvað þeir skjálfa,
leita að hreiðrinu og garga þegar þeir finna þig ekki.
Þú hlýtur að vita að svölur drauma minna
hafa flúið hljóðlausa vinda langt í burtu
síðan þú komst.
Komdu og umlyktu eina af annarri
ástríkum höndum, allan skarann
sem flýgur styggur um
og til ævikvöldsins byggir sér hreiður
undir væng þínum, ást, að eilífu.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

СМЯТЕНИЕ

Смотри, как твой приезд
встревожил птиц в моей душе…
Один всего лишь взгляд
ввел моих грустных птиц в смятение…
Их необычный взмах
Стал слышен при тебе.
Смотри, как они дрожат, ища гнезда,
и кричат, ведь не могут тебя найти.
Знай, что они сбежали,
испугавшись неслышимых ветров,
ласточки моих снов где-то далеко-далеко,
с тех пор как ты вернулся.
Иди же, своею любовью
закрой в клетках одну за другой птичьи стаи,
что носятся по воздуху туда-сюда,
чтобы до конца жизни их приютить
под своим крылом и всегда любить.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

KEKECOHAN

Lihat bagaimana ketibaanmu
telah menimbulkan ribut dalam sukmaku, berkata burung . . .
Pandanganmu telah menimbulkan kekecohan pada burung berkabung. . .
Kedengaran kepak luar biasaku mengirap dengan kehadiranmu
Lihat bagaimana burung menggeletar, mencari sarangmu dan meratap pabila kau tidak kelihatan.
Kau wajar memahami, dalam bisu angin, terbang burung terketar-ketar, menelan mimpiku, yang jauh ketinggalan
sejak kau kunjung,
Ayuh, penjarakan burung yang terkejut dengan tangan penyayang, biar burung terbang dengan sarang di bawah kepakmu,
pada penghujung kehidupan, cinta abadi.

Penterjemah: Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman
Translation into Malaya by Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman

****

KAGULUHAN

Tingnan mo kung paanong sa iyong pagdating
ay pinukaw nito ang mga ibon ng aking kaluluwa …
Kung paanong ang mamasdan ka lamang
ay nagdulot na ng kaguluhan sa aking mga ibong nalulumbay …
ang mahinahon kung pagkampay
naulinigan dahil sa iyong presensya.
Tingnan mo kung paano sila nanginginig,
Hinahanap ang pugad at nag-iiyakan ng di ka nila makita.
Nalalaman mong sila ay lumisan
Niyanig ng banayad na mga hangin
ang mga ibon sa aking mga pangarap, malayo
buhat ng dumating ka.
Halika, ikulong mo isa-isa
ng iyong mga palad ang mga inakay
na ng nagulat ay nagsilipiran
at sa pagdadapithapon ng buhay, sumilong
sa ilalim ng iyong mga pakpak, may pag-ibig, magpakailanman.

Translation in Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

המולה / אנג’לה ואלֶה

רְאִי אֵיךְ הַגָּעָתֵךְ
עוֹרְרָה אֶת צִפֳּרֵי נִשְׁמָתִי…
אֵיךְ רַק הַמַּרְאֶה הַזֶּה שֶׁלָּךְ
יָצַר מְהוּמָה בְּצִפּוֹרַי הַמִּתְאַבְּלוֹת…
הַמַּשָּׁק הַמְּיֻחָד שֶׁלִּי
הָפַךְ בְּנוֹכְחוּתֵךְ לְנִשְׁמָע יוֹתֵר.
רְאִי אֵיךְ הֵן רוֹעֲדוֹת,
מְחַפְּשׂוֹת אֵת הַקֵּן וּבוֹכוֹת כְּשֶׁאֵינָן מוֹצְאוֹת אוֹתָךְ.
עָלַיִךְ לָדַעַת שֶׁמֵּאָז שֶׁבָּאת
הֵן בָּרְחוּ הַרְחֵק,
נִרְעָדוֹת מֵרוּחוֹת שֶׁאֵין לְשָׁמְעָן,
סְנוּנִיּוֹת חֲלוֹמוֹתַי.
בּוֹאִי, כַּנְסִי אַחַת אַחַת
בְּיַד אוֹהֶבֶת אֶת הַלְּהָקוֹת
שֶׁעָפוֹת סָבִיב, חֲרֵדוֹת,
וּבְאַחֲרִית הַחַיִּים, יְקַנְּנוּ
תַּחַת כְּנָפֵךְ, אַהֲבָה, לַנֶּצַח.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
בצילום: להק צפורים בשמש הערב
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

குமுறலும், கொந்தளிப்பும்!

எனது ஆன்மாவின் பறவைகளை
எப்படிக் கலக்கியுள்ளது
உனது வருகை என்பதைப்பார்!

ழுதுகொண்டிருக்கும் எனது பறவைகளிலுனது வெறும் பார்வையே குமுறலை ஏற்படுத்தியுள்ளதைப் பார்.
எனது வழக்கத்திற்கு மாறான சிறகடிப்பு
நீ இருக்கையில் செவியில் கேட்கிறது.
அதனுடைய கூட்டைத்தேடி, உன்னைக் காணாது
எப்படி நடுங்குகிறது என்பதைப் பார்!
காதில் கேட்காத காற்றை நினைத்து அதிற்சியுற்று
அவைபறந்து விட்டன என்பதை நீ உணரவேண்டும்.
எனது கனவுகளின் விழுங்குதல்கள் எங்கோ சென்றன
நீ வந்ததினால்!
திடுக்குற்று இங்கும் அங்கும் பறந்து கொண்டிருக்கும்
பறவைக் கூட்டத்தை உனது அன்புக்கைகளால்
ஒவ்வொன்றாக சிறைப்படுத்து நீ வந்து!
அவற்றின் இறுதிக்காலத்தில், உனது அன்புச்
சிறகுகளால் ஆன கூட்டில் என்றும் இருக்கட்டும்!

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

COŞÎN

Binhêre çawa ye hatina te
çivîkên rewana min xwe şaşkirine …
Weha awira te ya yekê
çivîkên mine şîngirtî hizankirin …
Milmila mina neasayî
bi hatina te re hat bihîstin.
Binhêre çawa biheyhêrî li hêlînê digerin
û diqêrînin, lewma ew nikanin bibînin.
Divyabû te zanîba ew revyane,
hatin hejandin bi bayê neguhdarbar,
dwîvmeqeskên xewnên min dûr in, niha,
ji dema tu hatî de.
Were bi destê xwe yî nazik
yekî li pê yê din wan refan bigire
ewên bisawî li hawîrdorê difirin
û li êvara jiyanê di hêlînên xwe de lwîsbin
li jêr binbana te, evîn, bo herdemê.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

****

আলোড়ন

চেয়ে দেখো সখা
তোমার আগমনে আলোড়িত আত্মার বিহঙ্গ কুল…
তোমার সেই দৃষ্টিতে
চাঞ্চল্য যে আমার শোকাহত আত্মা মাঝারে…
আমার এ কেমন হৃদয় ঝট্পটান
হয়ে যায় শ্রুতিমধুর শুধুই তোমার সান্নিধ্যে
চেয়ে দেখো সখা ওরা কিভাবে তড়পায়,
একটি নীড়ের খোঁজে আর কাঁদে তোমাকে না পেয়ে.
তোমাকে যে জানতেই হবে ওরা যে হঠাৎ করে চলে গেছে
শ্রবণাতীত বাতাসের কম্পনে,
আমার স্বপ্নগুলি গ্রাস হয়ে যায়, দূরে কোথাও
তুমি আসবে বলে.
এসো সখা, একের পর এক অবরুদ্ধ করো
তোমার প্রেমময় পরশে ওই বিহঙ্গকূল দের
যারা চারপাশে উড়ে বেড়ায় চকিত হৃদয়ে,
আর জীবনের এই শেষ পড়ন্ত বেলায়, নীড়
তোমার ডানার, ছায়ায় ভালোবাসা চিরন্তন.

Bangla translation by: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

(Ángela Valle)

 

Recueil: ITHACA 642
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Peux-tu me vendre (Nicolas Guillén)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



EMIL NOLDE stormy-sea.jpg!HD [1280x768]

 

Peux-tu me vendre l’air qui passe entre tes doigts
et fouette ton visage et mêle tes cheveux?
Peut-être pourrais-tu me vendre cinq pesos de vent,
ou mieux encore me vendre une tempête?
Tu me vendrais peut-être
la brise légère, la brise
(oh, non, pas toute!) qui parcourt
dans ton jardin tant de corolles,
dans ton jardin pour les oiseaux,
dix pesos de brise légère?

Le vent tournoie et passe
dans un papillon.
Il n’est à personne, à personne.

Et le ciel, peux-tu me le vendre
Le ciel qui est bleu par moments
ou bien gris en d’autres instants
une parcelle de ton ciel
que tu as acheté crois-tu, avec les arbres
de ton jardin, comme on achète le toit avec la maison?
Oui, peux-tu me vendre un dollar
de ciel, deux kilomètres de ciel,
un bout -celui que tu pourras- de ton ciel?

Le ciel est dans les nuages
Les nuages qui passent là-haut
ne sont à personne, à personne.

Peux-tu me vendre la pluie, l’eau
qui t’a donné tes pleurs et te mouille la langue?
Peux-tu me vendre un dollar d’eau
de source, un nuage au ventre rond,
laineux et doux comme un agneau,
ou l’eau tombée dans la montagne,
ou l’eau des flaques
abandonnées aux chiens,
ou une lieu de mer, un lac peut-être,
cent dollars de lac?

L’eau tombe et roule
L’eau roule et passe
Elle n’est à personne, non.

Peux-tu me vendre la terre, la nuit
profonde des racines; les dents
des dinosaures, la chaux éparse
des squelettes lointains?
Peux-tu me vendre des forêts enfouies, des oiseaux morts,
des poissons de pierre, le souffre
des volcans, un milliard d’années
montant en spirale? peux-tu
me vendre la terre, peux-tu
me vendre la terre, peux-tu?

Ta terre est aussi bien ma terre
Tous passent, passent sur son sol.
Il n’est à personne, à personne

(Nicolas Guillén)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Emil Nolde

 

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Qui (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Qui

Dans le bleu du ciel, dans le vert des forêts,
quelle main a peint ces rayons de lumière ?
Quand les vents dormaient encore au sein du firmament,
qui les éveilla et leur ordonna de souffler ?

Perdu dans le coeur, dans la caverne de la Nature,
retrouvé dans le cerveau, Il bâtit la pensée ;
tissé dans le dessin et dans l’éclat des fleurs,
saisi dans le réseau lumineux des astres,

Il est la force d’un homme, la beauté d’une femme,
le rire d’un garçon, l’émoi d’une fille ;
et Sa main qui fit tournoyer Jupiter dans le ciel
met tout son art à façonner une boucle.

Tels sont Ses oeuvres et Ses voiles et Ses ombres ;
mais Lui, où est-Il donc ? Par quel nom Le connaître ?
Est-il Brahma ou Vishnu ? Homme ou femme ?
Avec ou sans corps ? Double ou unique ?

Nous aimons un jeune garçon au teint sombre et radieux,
une femme, redoutable et nue, est notre souveraine.
Nous L’avons vu méditer sur la neige des montagnes,
nous L’avons vu à l’oeuvre au coeur des sphères.

Au monde entier nous dirons Ses voies et Son art ;
Il sent l’extase de la torture, de la passion, de la douleur ;
Il jouit de notre chagrin et fait couler nos larmes,
puis à nouveau nous séduit par Sa joie et Sa beauté.

Toute musique n’est que le son de Son rire,
toute beauté le sourire de Sa béatitude passionnée ;
nos vies sont les battements de Son coeur, notre extase les noces
de Râdhâ et Krishna, et notre amour leur baiser.

Sa force retentit dans la sonnerie des trompettes,
c’est Lui qui roule dans le char, qui frappe dans le combat ;
Il tue sans compter et Il est plein de compassion ;
Il combat pour le monde jusqu’à la fin des temps.

Dans la ruée des mondes, dans la houle des âges,
ineffable, puissant, majestueux et pur,
par-delà le dernier pinacle atteint par le penseur
Il trône en Ses royaumes qui demeurent à jamais.

Maître de l’homme et son éternel Bien-Aimé,
Il est proche de nos coeurs, si seulement nous savions Le voir ;
mais notre orgueil nous aveugle et le faste de nos passions,
nous sommes prisonniers de nos pensées, et nous nous croyons libres.

C’est Lui dans le Soleil qui est sans âge et sans mort,
et dans la minuit Son ombre est étendue ;
quand les Ténèbres étaient aveugles et englouties par les Ténèbres,
Il se tenait en elles, immense et solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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LA MORT EST DEVANT MOI (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



LA MORT EST DEVANT MOI

La mort est devant moi
comme un morceau de pain d’épice,
la vie m’a tournoyé dans le gosier
comme le vin d’un calice.
L’une par l’autre j’ai cherché à les expliquer.
J’ai trempé le pain dans le vin,
je me suis assis,
j’ai fumé,
j’étais sauvage avec les femmes.
Avec les mains, avec l’esprit
j’ai tâché de travailler à des oeuvres qui respirent.
Maintenant je cherche un parfum
dans la nuit.

(Maurice Chappaz)

 

 

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AUTRE FOIS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

AUTRE FOIS

Fidélité du soir
les yeux clos qui répondent oui
lenteur et mollesse
le soir vole
et des milliers d’ailes
ou une seule plus grande
s’étendent et font un bruit
qui élargit le silence
qui éloigne la nuit
un peu plus loin
encore un peu plus loin
Ce n’est pas le repos
mais la soif des pays froids
qui ne réclame pas
Ce n’est pas l’angoisse
le soir est un bon chien qui attend
Et puis ce vide qui cherche
ce murmure qui tournoie
ce chemin qui monte et qui descend
cet homme qui souffle la lumière
ce feu qui va mourir
tout ce qui n’existe pas
et qui est là
encore une fois
puis une autre fois

(Philippe Soupault)

Illustration: Carry Akroyd

 

 

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L’heure verte (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



 

L’heure verte

Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie,
A cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie.

Et l’absinthe pénètre l’air,
Car cette heure est toute émeraude.
L’appétit aiguise le flair
De plus d’un nez rose qui rôde.

Promenant le regard savant
De ses grands yeux d’aigues-marines,
Circé cherche d’où vient le vent
Qui lui caresse les narines.

Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l’opale
De la brume du soir. Vénus
S’allume dans le ciel vert-pâle.

(Charles Cros)

Illustration: Viktor Oliva

 

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Chanson en Si (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



 

Yoshiro Tachibana -  (4)

Chanson en Si

Si j’étais noble Faucon,
Tournoîrais sur ton balcon…
– Taureau : foncerais ta porte…
– Vampire : te boirais morte…
Te boirais !

– Geôlier : lèverais l’écrou…
– Rat : ferais un petit trou…
Si j’étais brise alizée,
Te mouillerais de rosée…
Roserais !

Si j’étais gros Confesseur,
Te fouaillerais, ô Ma Soeur !
Pour seconde pénitence,
Te dirais ce que je pense…
Te dirais…

Si j’étais un maigre Apôtre,
Dirais :  » Donnez-vous l’un l’autre,
Pour votre faim apaiser :
Le pain-d’amour : Un baiser.  »
Si j’étais !…

Si j’étais Frère-quêteur,
Quêterais ton petit coeur
Pour Dieu le Fils et le Père,
L’Eglise leur Sainte Mère…
Quêterais !

Si j’étais Madone riche,
Jetterais bien, de ma niche,
Un regard, un sou béni
Pour le cantique fini…
Jetterais!

Si j’étais un vieux bedeau,
Mettrais un cierge au rideau…
D’un goupillon d’eau bénite,
L’éteindrais, la vespre dite,
L’éteindrais !

Si j’étais roide pendu,
Au ciel serais tout rendu :
Grimperais après ma corde,
Ancre de miséricorde,
Grimperais !

Si j’étais femme… Eh, la Belle,
Te ferais ma Colombelle…
A la porte les galants
Pourraient se percer des flancs…
Te ferais…

Enfant, si j’étais la duègne
Rossinante qui te peigne,
Senora, si j’étais Toi…
J’ouvrirais au pauvre Moi,
– Ouvrirais ! –

(Tristan Corbière)

Illustration: Yoshiro Tachibana

 

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