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Poésie

Posts Tagged ‘tout à coup’

Qui aime qui? (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration: Edward Hopper
    
Ainsi dans la pièce
au soleil à Paris le matin
attente
bonheur d’attente ensoleillée
silence par la fenêtre dans la cour

et tout à coup : secousse
secousse de bonheur dans l’attente
pas vif et léger

Surprise : on peut aimer un pas ?
le pas de ce toi qui s’approche vite
— doucement

qui aime?

Qui aime qui? »

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Cire ou miel ou eau (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Marie-Hélène Stokkink
    
Cire ou miel ou eau
très douce mais ferme
quand la source qui dort,
brusquement caressée,
jette en avant semence
à l’air libre, et le corps
s’assoupit tout à coup.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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Un jour, il faut partir (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Un jour, il faut partir et l’on ne sait
plus rien de ce qui fut à l’origine
du feu, ni comment ni pourquoi
les choses tout à coup

se sont mises à tourner de travers
et le feu s’est éteint, le rosier changé
en épines, l’amour en terre brûlée,
et ce qui reste avec

le bruit de nos pas à la place du coeur
est peu de choses : des mots sur du papier
qui ne disent plus rien sinon qu’ils furent
écrits, lus et relus

par un aveugle dansant dans l’incendie.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les gerbes en chantant (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018




    
Les gerbes en chantant comme des filles
Marchent ou plutôt sont un rêve debout.
L’automne et la forêt vont en visite
Sans savoir si pleurer ou rire tout à coup.
Et le ciel aussi pur qu’une rivière,
La montagne le hisse puis le lâche sans bruit.
Alors ouvrant sa bouche moutonnière
La brebis fait mine d’avoir compris.

***

Снопы как девки в поле c песней
Идут и нет, стоят и снятся.
И осень c лесом в гости вместе
Не знают плакать иль смеяться.
И неба чистого как речка
Подняв, гора вот вот уронит.
A вот раскрыв свой рот овечий
Глядит овца как будто ей понять.

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Soleil couchant (Atsuko Ishida)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Soleil couchant —
Tout à coup la neige
tombe d’une branche

(Atsuko Ishida)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Innocente et toute proche (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Innocente et toute proche
une voix sonne tout à coup
glaciale
Elle dit les choses pour de vrai
les choses qui ferment
les vérités d’en face
celles de l’autre monde
Un couperet siffle
Quelqu’un vous barre la route
à jamais

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Tout à coup (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

Kristoffer Zetterstrand interference_80x70cm(2012) [1280x768]

Tout à coup
plus de poussière
sur la vision

(Zéno Bianu)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Tout à coup cela frappe au visage (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



Jean Charles Nicaise Perrin  -tete-de-jeune-femme-morte-n-7230539-0

 

— tout à coup cela frappe au visage : il y avait pourtant une autre main

blanche — sur la rambarde rouge du balcon
près des azalées

/ elle a tressailli tout à coup et disparu
et le monde
s’est fait — point vrillant sur le front :

oh : cela est
la première concentration de la peur… —

et cependant il ne fut pas crié « maman » / … —

[…]

comme un Dieu qui s’est arrêté
/ plus jamais
il n’y aura rien d’autre — d’autre
que Son Arrêt / —

(Aïgui)

Illustration: Jean Charles Nicaise Perrin

 

 

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J’ÉCRIVAIS (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



 

J’ÉCRIVAIS,
Une rose s’est écroulée.

Le mystère, j’en ris!
L’âme de mes grand-mères
Ne vient plus visiter mes antiques armoires!
Je n’ai pas peur, quand je suis seul, même à minuit.
Mais, sur ma page, pourquoi ces feuilles rouges;
Pourquoi ce parfum lourd, cette chute…, ce trouble,
Et pourquoi mon poème est-il mort tout à coup ?

(André Spire)

 

 

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La lumière que je sens inonder mon cœur quand je te vois (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016



 

La lumière que je sens
inonder mon cœur quand je te vois,
ne serait-elle une goutte de la lumière
procréée au tout premier jour
par cette autre lumière si profondément assoiffée de vie ?

Le néant gisait à l’agonie,
errant au gré des ténèbres, lorsque, tout à coup,
l’Inconnaissable fit signe :
« Que la lumière soit ! »

Un océan
et un grand tourbillon de lumière
prirent corps au même moment :
il sévissait une soif de péchés, de désirs, d’élans et de passions,
toute une soif de vie et de soleil.

Mais qu’est devenue cette aveuglante
lumière de l’époque – qui peut savoir ?

La lumière que je sens inonder
mon cœur quand je te vois – ô, sublime,
n’est peut-être que la dernière goutte
de la lumière procréée au tout premier jour.

(Lucian Blaga)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

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