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MUR (Toyoichirô Miyoshi)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

Edouard Vuillard 1891 The Green Interior or Figure in front of a Window with Drawn Curtains oil on cardboard

MUR
KABE

Mur Compagnon de mes nuits solitaires
À toi je confie tous mes rêves passés
Sur toi s’étirent se ramassent des ombres étranges changeantes et tristes

Mon mur souvent se couvre ou s’éclaircit
Et un jour gris dans un coin du désert
Une petite ombre s’est détachée en traînant

S’est agrandie
Ne dirait-on pas une bouche ne dirait-on pas des yeux?
Je me lève lui prends la main une main froide

L’ombre me dit d’une voix faible : je suis fatiguée
Changeant de place
Je rentre dans le mur

(Toyoichirô Miyoshi)

Illustration: Edouard Vuillard

 

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NOTRE CHANSON DES NUITS DE MAI (Toyoichirô Miyoshi)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016


 


 

NOTRE CHANSON DES NUITS DE MAI
WARERA NO GOGATSU NO YORU NO UTA

Ce qui soutient la terre mille mains mille douleurs
Ce qui saisit la terre dix mille mains dix mille angoisses
Ce qui enferme la terre cent millions de mains cent millions de peur
Ce sur quoi flotte la terre c’est la lutte entre la pauvreté la stérilité la destruction

Nos oreilles dorment dans la boue
Nos yeux s’éveillent dans la nuit
Nos cheveux s’emmêlent dans le vent
Et le vent souffle sur les pierres où nous dormons
Eldorado des pierres
Oliviers des ruines
Ongles jaunes des fossoyeurs –
Et elle, dans le miroir,
Dans les feuilles mortes éternelles, amas au fond de l’eau, elle dort
Le désir est un poisson inquiet qui nage dans l’espace de rêves prisonniers

Les arbres poussent leurs sanglots
Elle m’appelle au loin
Je lui réponds de près
Et le vent hurle en emportant nos voix
Elle cache en son sein une petite salière
J’ai dans une grande coupe un alcool amer
Dans sa salière j’en verse une goutte

Cristal de l’extase bracelet de l’amour
Qui devient fleur mignonne et répand son riche parfum dans lanuit noire
Enlacés nous dormons dans le sexe gris et creux de la terre
Quand l’horizon de l’été brûle son rouge écarlate
C’est la saison de la faim de la soif de l’ennui de la pourriture
Où revenir?
Ici, c’est l’Orient des sacrifices, on y cherche l’ombre dans la mer du désert
Armures usées Et deux amants
Pour un ami perdu
Joyeux oiseaux de la montagne poursuivis au-dessus d’un gouffre sans pitié
Cous pâles avancés vers l’avenir et qu’ajouter?
Croix immortelle où sont tatouées les rayures d’un destin aveugle
Si quelque chose a pu être oublié
C’est la foi en la destruction
C’est la croyance en la résurrection

Nos gorges cherchent une source pure
Nos mains caressent le ciel nocturne et frais du mois de mai
Et nous dormons en serrant dans nos bras chacun de nos deux mondes
Nos deux avenirs pleins de promesses
Le vent balaie nos rêves
Balaie l’arc-en-ciel de souffrances suspendu dans le vide
Ailes lourdes des oiseaux du soir qui dominent la terre qui dominent le soleil qui dominent nos espoirs
La mort est plus grande que nos chimères
Le silence est plus profond que la mer…

(Toyoichirô Miyoshi)

 

 

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