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Poésie

Posts Tagged ‘traces’

Seules les traces font rêver (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Un poète doit laisser des traces de son passage,
non des preuves.
Seules les traces font rêver.

(René Char)

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Mal (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



mal
je tends les bras
j’ouvre les mains
et je vois les traces
du mal
et ça fait
mal

noir sale
en dedans de moi
je mets les poings
sur mes yeux
fermés
et je vois la lumière
noire
du mal

rien pour effacer
c’est gravé imprimé
en moi
et ça fait
mal
le mal

(Bernard Friot)

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J’écoute le vent (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



J’écoute le vent, il efface mes traces.
Le vent qui ne se souvient de rien
et ne comprend ce qu’il fait ni ne s’en inquiète,
mais qui est si beau à écouter.
Le vent doux,
doux comme l’oubli.

Lorsque poindra l’aube nouvelle
je poursuivrai ma route.
Dans l’aube sans vent j’entamerai la marche à nouveau

posant mon tout premier pas
dans le sable merveilleusement intact.

***

Jag lyssnar till vinden som sopar igen mina spår.
Vinden som ingenting minns
och som inte alls förstår eller bryr sig om vad den gör,
men som är så vacker att lyssna ti ll .
Den mjuka vinden,
mjuk som glömskan.

När den nya morgonen gryr
skall jag vandra vidare.
I den vindstilla gryningen skall jag börja vandringen på nytt

med det allra första steget
i den underbart orörda sanden.

(Pär Lagerkvist)

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Chaque fois (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



 

Chaque fois que j’ouvre les paupières
je trouve d’autres paupières fermées
qui les recouvrent
Ne vous étonnez donc pas si je vous demande
quelle est la couleur du soleil
et quand la nuit prendra fin

Chaque fois que j’étends le bras
des barbelés m’écorchent
Ne vous étonnez donc pas
si vous voyez mes mains
remplir mes poches
de peur et de sang

Chaque fois que je lève le front
vers un papillon lumineux
je trouve le canon d’un revolver
Ne vous étonnez donc pas
si je remplace le papillon par de la résine

Chaque fois que je tends l’oreille dans la nuit
je ne capte que le sifflement des balles
sur les trottoirs
et le hurlement de celui qui est jeté
dans un bain d’acide
Ne vous étonnez donc pas
si vous retrouvez mes oreilles
comme deux chauves-souris sur une épaule

Chaque fois que j’essaie de chanter ou de crier
je sens que ma langue est aseptisée
enroulée dans des papiers officiels
Ne vous étonnez donc pas
si vous la trouvez un jour en vente
au marché de gros de la boucherie

Chaque fois qu’un jardin pousse dans ma tête
les sauterelles l’envahissent
les bulldozers arrivent
Ils creusent des tunnels
et comme d’habitude y coulent du ciment

Ne vous étonnez donc pas
si d’aucuns ont le monopole du ciment
Chaque fois que mes poumons s’ouvrent
l’odeur de la pourriture envahit mes narines
Ne vous étonnez donc pas
si vous ouvrez ma poitrine
d’y trouver deux pépinières d’algues

Ne me restent
que mes pieds
Eux seuls sont encore capables
de parcourir ce chemin sanglant
vers le cratère du volcan secret
où mon coeur bat
Mais ne vous étonnez pas non plus
si vous y trouvez des traces de pas
qui ne sont pas arrivés

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Frida Kahlo

 

 

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Pas même rien (Zoé Valdés)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Pas même rien

Ecoute il ne nous reste rien
Pas même ces bruits
Effrayants d’antan
Toi l’assassin de l’audace
Tu aurais dû explorer mon visage
Bien que j’aie tout effacé
Les traces de la soif
L’excès des vérités
Ecoute il ne reste rien
Pas même ce silence
De début de siècle
J’ai même effacé la nuit
Remplacée par une nuit plus durable
Par la douleur et le sang
C’est devenu une habitude
Même si personne ne pense à la douleur
Même si personne n’a l’audace de saigner
Ou presque de réfléchir à la mort
Ecoute il ne reste rien
Et rien de nous.

(Zoé Valdés)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

 

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Délivrons l’autre de sa pesanteur (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017


Cette façon de résumer l’espace au toucher,
à l’effleurement de l’invisible.

Nos traces viennent ainsi nourrir l’enfer de la platitude,
tandis qu’erre, en elles, l’ombre du banal…
d’un noyé.

Présence qui manque, prise dans les parois:
nos mots épousent le silence,
et là, étrangement,
y prennent leur épaisseur.

Délivrons l’autre de sa pesanteur,
par l’Amour,
afin que tout désir devienne
l’inconsciente pureté.

(Raphaële George)

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Les traces (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



 

Ettore Aldo Del Vigo - 47)

Les traces, par définition, ne sont jamais visibles en tant que traces.
Elles ne sont visibles que si elles sont cherchées
comme des marques de ce qui n’est plus là.
[…]
Seule leur attente les découvre.
[…]
le visible ne suffit pas pour comprendre ce qui est vu
[…]
le visible ne s’interprète qu’en référant à l’invisible.

(Pascal Quignard)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Petit Tondo (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



Petit Tondo

quelles traces émergent donc
dans le regard en flammes?

tout danse
tangue
et pense

aux multiples brumes du réel
rien d’uni
tout unique

(Bernard Pozier)


Illustration: Michel-Ange

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Feuilles tombées ferments d’un printemps autre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016


Traces que laisse tout destin aimant, nullement
En ligne droite mais en cercles concentriques
Cercles rejoignant d’autres cercles mus par l’amour
Jusqu’à rejoindre l’immense cercle initial
Qui depuis toujours aimante toute, mêlant
Destins brisés et rêves primordiaux

Feuilles tombées ferments d’un printemps autre

(François Cheng)

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Traces (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



Où j’aime tomber
mais dans
l’odeur des roses
les lis de mer
la lumière et le piercing
des martinets
ou encore dans
nos traces de silence
après le bruit
où aurais-je aimé vivre
mais dans
l’air la canopée
au milieu des poissons colorés
finalement où juste un vivre
de lumière j’aurais aimé.

(Annie Salager)

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