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Poésie

Posts Tagged ‘tragédie’

Écoute au-dessus de ta tête (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019




    
Écoute au-dessus de ta tête
passer les mots silencieux ! et tous ces bruits
muets des intimes désastres,

Ces guerres qui n’en sont pas, ces cris
que nul ne peut entendre, ces tragédies

Étouffées dans le sable du désert,
ces prières à la mesure des dieux morts,
ce grand spectacle des paroles mortes !

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Oh mon amour (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



Illustration: Tamara Lunginovic
    
Oh mon amour,
appelle-moi d’un nom uni à une tendresse très ancienne et oubliée.

Je vais reconstituer la trame d’une tragédie seulement intérieure.
Tout est un intérieur.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




CONTEMPLATION

Les formes épouvantées moururent et il n’y eut plus
ni au-dehors ni au-dedans. Nul n’écoutait l’endroit
car cet endroit n’existait plus.
A seule fin d’écouter les voici qui écoutent l’endroit.
A l’intérieur de ton masque la nuit lance des éclairs.
On te transperce de croassements.
On te martèle avec des oiseaux noirs.
Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Caspar David Friedrich

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Mille hectares (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Désiré François Laugée
    
Mille hectares de crise de nerfs.
C’est un gros travail d’avoir,renoncé à la tragédie.
Dans l’état où on est, à genoux dans les choux.

Lessives de ma mère d’autrefois, blanc éclatant,
gouttes qui filent : on s’y frappe la figure en courant le long du fil.
Elles endossent des formes légères,
prenent vie sous les doigts.
J’ai été là, c’est sûr.

(Paol Keineg)

 

Recueil: Là, et pas là
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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La grande comédie du monde (Leopoldo María Panero)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



La grande comédie du monde
La grande tragédie de l’homme
Qui meurt à chaque heure, silencieux comme le vent
Qui se cherche dans les chats qui miaulent contre la fleur
Qui s’égare dans les fleurs obscures du mal
Qui se découvre dans la glace obscure du silence
Et s’égare dans le rêve fatal de chaque nuit.

***

La gran comedia del mundo.
La gran tragedia del hombre.
Que muere cada hora, silencioso como el viento.
Que se busca en los gatos que maúllan contra la flor.
Que se pierde en las flores oscuras del mal
Que se descubre en el espejo oscuro del silencio
Y se pierde en el sueño fatal de cada noche.

(Leopoldo María Panero)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Odilon Redon

 

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Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous (André Mage de Fiefmelin)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,
Où la guerre, la paix, l’amour, la haine, l’ire,
La liesse, l’ennui, le plaisir, le martyre
Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

Ce Monde est un théâtre où nous nous jouons tous
Sous habits déguisés à malfaire et médire.
L’un commande en tyran, l’autre, humble, au joug soupire ;
L’un est bas, l’autre haut, l’un jugé, l’autre absous.

Qui s’éplore, qui vit, qui joue, qui se peine,
Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gêne
Voyant le riche soûl et le pauvre jeûnant.

Bref, ce n’est qu’une farce, ou simple comédie
Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant,
Change la catastrophe en triste tragédie.

(André Mage de Fiefmelin)

 

 

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Au retour de ces voyages (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Au retour de ces voyages
que certaines pensées font dans l’infini,
dans ces espaces habités seulement par l’Idée,
c’est pour elles une incompréhensible vision,
que celle de ce monde réel.

Les maladies du corps et de l’âme,
les laideurs, les monstruosités, les crimes, les prostitutions,
toutes les lâchetés et toutes les folies terrestres,
toutes ces tragédies terribles ou ces comédies ridicules,
qu’éclairent tranquillement tour à tour le soleil d’or ou la lune pâle,
tout ce spectacle enfin, cette danse macabre, cette comédie plus infernale que divine,

font qu’elles se demandent,
ne pouvant croire que tant d’horreurs soient vraies,
si elles ne sont pas sous l’empire d’une hallucination bizarre,
d’un rêve sans doute maladif,
qui les torture,
mais qui leur ment.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Le « to kalon » (Voltaire)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



Demandez à un crapaud ce que c’est que la Beauté, le grand beau, le « to kalon » !
Il vous répondra que c’est sa femelle avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête,
une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun.

Interrogez un nègre de Guinée ; le beau est pour lui une peau noire, huileuse, des yeux enfoncés, un nez épaté.

Interrogez le diable ; il vous dira que le beau est une paire de cornes, quatre griffes, et une queue.

Consultez enfin les philosophes, ils vous répondront par du galimatias ;
il leur faut quelque chose de conforme à l’archétype du beau en essence3, au « to kalon ».

J’assistais un jour à une tragédie auprès d’un philosophe. « Que cela est beau ! disait-il.
— Que trouvez-vous là de beau ? lui dis-je.
— C’est, dit-il, que l’auteur a atteint son but ».
Le lendemain il prit une médecine qui lui fit du bien.
« Elle a atteint son but, lui dis-je ; voilà une belle médecine » !
Il comprit qu’on ne peut dire qu’une médecine est belle, et que pour donner à quelque chose le nom de beauté,
il faut qu’elle vous cause de l’admiration et du plaisir.
Il convint que cette tragédie lui avait inspiré ces deux sentiments, et que c’était là le « to kalon », le beau.

Nous fîmes un voyage en Angleterre : on y joua la même pièce parfaitement traduite ;
elle fit bâiller tous les spectateurs.
« Oh ! oh, dit-il, le « to kalon » n’est pas le même pour les Anglais et pour les Français.
» Il conclut, après bien des réflexions, que le beau est très relatif,
comme ce qui est décent au Japon est indécent à Rome,
et ce qui est de mode à Paris ne l’est pas à Pékin ;
et il s’épargna la peine de composer un long traité sur le beau.

(Voltaire)

 

 

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MON POITRAIL S’ALIMENTE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Mon poitrail s’alimente
Et mon coeur est un bélier
Sais-tu que je suis un portail
Qu’une main douce a commandé
Il finirait notre passage
Et sur nous se refermerait

Et dans la cour de mon château
Par ses jardins ses airs ses eaux
Ses fossés ombres et ses pierres
Tu peux tout faire ce que tu veux
Je te verrai toujours tentée
Même endormie et amusée
Ton coeur ressent tout le domaine
Mais tes pas sont bien plus glissés
A l’entour de certaines chambres

Avec la tragédie il ne faut de manières
Le coeur blessé nous a laissé
une prairie entière
Où nous pouvons nous caresser
Dans la bonté de la lumière.

(Pierre Morhange)


Illustration

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Sans pensée, sans énigme, aucun art n’est art (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Salvador Dali

    
— Sans pensée, sans énigme, aucun art n’est art
sans pensée, sans énigme
le beau n’est que joli
le spectacle, divertissement
la tragédie, mélodrame,
la comédie, farce,
la peinture, image,
la musique, sonorité,
le roman, fiction,
le poème, chanson,
le silence, mutisme,
la solitude, isolement ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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