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Poésie

Posts Tagged ‘trahir’

Les sanglots d’or (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
Les sanglots d’or

Quel chagrin somptueux, cris rouges, sanglots d’or,
Flamboyante harmonie où le regard se blesse!
Le tragique soleil en de brûlant accords
Sur la lande déserte étale sa détresse.

Et voici que, tenant ses lévriers en laisse,
Se profile soudain parmi les beaux retors,
Plus svelte que n’était l’antique chasseresse
Et n’ayant pour péplos qu’un linceul noir, la Mort!

Mais pourquoi ces cris fous, ces plaintes fastueuses?
Les soleils ont-ils comme les hommes un coeur,
Un coeur qu’on peut trahir, des maîtresses menteuses,

Etoiles s’éclipsant dont la fausse lueur
Se glace en s’éloignant, puis un soir brumeux cesse
De s’unir à la leur? Est-ce qu’on les délaisse

Les soleils, pour qu’ils aient de tels cris de douleur!

(Marie Dauguet)

 

 

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PRÉMICES DU DESERT (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Leon Levinstein
    
PRÉMICES DU DESERT

Elle s’engage entre les murs, elle est proie de la lumière…
peut-être était-ce toi, à présent c’est une apparition
ou peut-être tout ce qui n’a ni repos
ni mouvement ni lieu et n’est ni vrai
ni privé de substance, vacuité que seuls
de purs miroirs trahissent en frémissant.

C’est une figure errante, sans répit…
elle est nôtre, je la croyais une chimère
si quelqu’une par miracle apparaissait
sous des pentes arides, inconsolée,
dans des rues sombres où rien ne vit plus,
rien sinon l’espoir du tonnerre.

***

PRIMIZIE DEL DESERTO

S’AVVIA TRA I M URI, È PREDA DELLA LUCE

S’avvia tra i muri, è preda della luce…
forse eri tu, ora è un’apparizione
o forse è tuno ció che non ha pace
o sede o movimento e non è vero
né insostanziale, vanità che solo
puni specchi tradiscono fremendo.

È una vaga figura, non ha requie…
è nostra, la credevo una chimera
se alcuna ne appariva per miracolo
sono aride pendici inconsolata
per vie cupe ove mente vive più,
riente se non la speranza del tuono.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Je célèbre la chair éclatante et pulpeuse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Je célèbre la chair
Eclatante et pulpeuse
Que le temps trahira
Puis sèmera à tous vents.

(Andrée Chedid)

Illustration: Hans Baldung

 

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La blanchisserie (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



La blanchisserie

Les inquisiteurs sont parmi nous.
Ils vivent dans les sous-sols des grands immeubles.
Et seule l’inscription BLANCHISSERIE trahit leur présence.
Des tables aux muscles marron bandés,
de puissants rouleaux qui écrasent lentement mais précisément,
une impitoyable courroie d’entraînement nous y attendent.
Les draps qu’on emporte de la blanchisserie
sont comme les corps exsangues des sorcières et des hérétiques.

(Zbigniew Herbert)

 

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Prends-moi sous tes ailes (Chaïm Nachman Bialik)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



    

Prends-moi sous tes ailes

Prends-moi, oh ! prends-moi sous tes ailes
Et sois pour moi mère et soeur !
Ton giron pour ma tête un refuge,
Un nid pour mes prières.

À l’heure de grâce, au crépuscule,
Je te dirai le fond de ma tristesse.
On dit que la jeunesse existe,
Où donc est-elle, ma jeunesse?

Et encore un secret, je te dévoilerai :
Dans la flamme mon âme s’est consumée.
On dit que l’amour existe.
Qu’appelle-t-on aimer?

Les étoiles m’ont trahi
J’avais un rêve : il s’est enfui.
Et maintenant, je n’ai plus rien,
Je n’ai plus rien au monde.

Prends-moi, oh ! prends-moi sous tes ailes
Et sois pour moi mère et soeur.
Ton giron pour ma tête un refuge,
Un nid pour mes prières.

(Chaïm Nachman Bialik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: J. Milbauer
Editions: Gallimard

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Éteindre en nous ce feu qui mord, qui dévore? (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017



   Illustration: Edgar Mélik
    
Éteindre en nous ce feu
Qui mord, qui dévore?
Mais que faire d’autre
Sinon rallumer
Un feu autrement
Plus puissant, plus libre,
Charnel-aérien,
À l’image de
La flamme initiale,
Ne trahissant rien,
Ne réduisant rien,
Mais transformant tout
En veillée
nuptiale.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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La douce Amie (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017



Illustration: Josephine Wall
    
La douce Amie

Voilà ma douce amie : une grande Nature !
Souvent elle s’oppose à toute créature.
On peut donner son cœur : elle ne trahit pas.
Sur ces sentiers fleuris acheminez vos pas

Et sans vous retourner tendez les bras vers elle ;
Elle est toute splendeur — elle est toujours nouvelle.
Elle vit plus que vous. Les changeantes saisons
Étendent à vos yeux d’éternels horizons.

Si vous savez l’aimer même dans sa folie,
L’hiver, en la poudrant, vous la rendra jolie,
Mettra dans ses cheveux un blanc bouquet de fleurs.
Vous l’aimerez toujours… et même dans ses pleurs !

Soit que ses yeux profonds de bleus deviennent glauques,
Soit que des vents, soudain, passent en souffles rauques
Ou, qu’en murmure, un aquilon, un doux zéphyr
Viennent rider les eaux dormantes, de saphir…

(Bernard de Louvencourt)

 

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Verse, verse, tes baisers à mes sens inapaisés (Maurice Boukay)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Illustration: Constantin Brancusi
    
Verse, verse, tes baisers
A mes sens inapaisés,
Jusqu’à la dernière goutte…

J’aime ton coeur inhumain;
Ta me trahiras demain,
Mais ce soir je t’aurai toute !

Qu’importent les trahisons
Des lèvres que nous baisons.
Si les lèvres sont jolies !

(Maurice Boukay)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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LA BOUCHE (François de Rosset)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Edward Burne-Jones

    

LA BOUCHE

Belle bouche de pourpre et d’œillets entourée.
Qui respirez sans cesse un baume précieux,
L’amour quitte pour vous sa maison Cythérée,
Dont il brûle la terre et consume les dieux.

Beaux corail qui rendez une si douce haleine,
Un printemps émaillé si doux et si flairant,
Oui n’endure pour vous de l’amoureuse peine
Une âme de rocher son cœur va respirant.

Avettes qui volez sur cette belle plaine
Pour fleureter le suc des roses et des lys.
Si vous voulez piller une plus douce haleine,
Mignonnes, posez-vous aux lèvres de Phyllis.

Vermillon merveilleux, petits bords d’écarlate,
Qui dérobez les yeux qui n’adorent que vous,
Dont l’espoir me trahit quand la beauté me flatte,
Après tant de rigueurs me serez-vous pas doux !

(François de Rosset)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Sur ta bouche (Armand Silvestre)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




    
Sur ta bouche

Les étoiles effarouchées
Viennent de s’envoler des cieux :
J’en sais deux qui se sont cachées,
Mignonne, dans vos jolis yeux,

A l’ombre de vos cils soyeux
Et sous vos paupières penchées.
Attendez ! — mes baisers joyeux
Les auront bientôt dénichées !

Vous feignez de dormir encor :
Eveillez- vous, mon doux trésor !
L’aube pleure sous les feuillées,

Le ciel désert est plein d’ennui.
Ouvrez les yeux et rendez-lui
Les deux étoiles envolées !

Sur ta bouche, avec le désir
Je bois ta dernière caresse;
Car je ne veux plus de maîtresse
Que celle qui ne sait trahir.

Sur ta bouche, avec le désir
Je veux boire l’oubli des roses;
Car je n’aimerai plus des choses
Que celles qu’on ne peut flétrir.

Sur ta bouche, avec le désir
J’ai bu ma dernière espérance;
Car je ne veux plus de souffrance
Que celle, dont je dois mourir!

(Armand Silvestre)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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