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Poésie

Posts Tagged ‘trahir’

Le corps borde l’âme (Carole Darricarrère)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Le corps borde l’âme.
Il est fidèle à ses propres rêves.
Ainsi le souvenir d’une volupté,
est encore une volupté.
Le corps n’oublie jamais.

Oublier, c’est trahir.

(Carole Darricarrère)


Illustration: Arnold Böcklin

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A CORPS PERDU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Nikolay Butkovskiy 053

A CORPS PERDU

A corps perdu
Je me lie
A nos corps perdus

A ce corps
Qui nous annexe
Pour mieux nous perdre
Qui nous escorte
Pour nous trahir

A ce corps
Qui nous flatte
Puis nous brocarde
Qui nous comble
Puis nous détrousse

Je me rallie
A nos squelettes provisoires
A nos cinq sens
Aux accents du coeur
Aux voyages du sang

Je m’allie
A nos corps en perdition
A ces abris de chair
A ces gibiers du temps

Je me relie
A ce corps
Terreau de l’âme
Qui progresse en sourdine
Et furtivement se détruit

Je chemine
Avec ce qui vit
Et se dissipe
Avec ce qui périt
Et se perpétue

Avec ce qui succombe
Puis en d’autres corps
Survit.

(Andrée Chedid)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

 

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Absences (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Audrey Kawasaki 2006

 

Absences

Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
comme en un voyage m’évadant,
je suis là, présent et absent,
hochant la tête de temps en temps.

Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
combien de fois ai-je trahi
quand je semblais, yeux et ouïe,
attentif à mon vis-à-vis ?

(Esther Granek)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



ce n’est pas ce que j’ai voulu dire

toujours les mots échappent à ma pensée
ils tombent
déséquilibrés
exactement
à côté

ce n’est pas ce que j’ai voulu dire

le silence pourtant
n’est pas plus rassurant
il flotte il hésite
trahit
en se taisant

ce n’est pas ce que j’ai voulu dire

(Bernard Friot)


Illustration

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L’ASILE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
L’ASILE

Celui-là que trahit les rages de son ventre
Et que tel pâle éclair de ses nuits a, souvent,
Humilié, s’humilie. Il se soumet, il entre
À l’asile de fous comme on entre au couvent.

Puissé-je rester libre et garder ma raison
Comme un sextant précis à travers les tempêtes,
Lieux d’asile mon coeur, ma tête et ma maison
Et le droit de fixer en face hommes et bêtes.

Vertu tu n’es qu’un mot, mais le seul mot de passe
Qui m’ouvre l’horizon, déchire le décor
Et soumet à mes voeux l’espéré Val-de-Grâce

Où le sage s’éveille, où le héros s’endort.
Que le rêve de l’un et la réalité
De l’autre soient présents bientôt dans la cité.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne sais plus, je ne veux plus (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Alexander Bartashevich  817

Je ne sais plus, je ne veux plus

Je ne sais plus d’où naissait ma colère ;
Il a parlé… ses torts sont disparus ;
Ses yeux priaient, sa bouche voulait plaire :
Où fuyais-tu, ma timide colère ?
Je ne sais plus.

Je ne veux plus regarder ce que j’aime ;
Dès qu’il sourit tous mes pleurs sont perdus ;
En vain, par force ou par douceur suprême,
L’amour et lui veulent encor que j’aime ;
Je ne veux plus.

Je ne sais plus le fuir en son absence,
Tous mes serments alors sont superflus.
Sans me trahir, j’ai bravé sa présence ;
Mais sans mourir supporter son absence,
Je ne sais plus !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexander Bartashevich

 

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Il est des fleurs (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Il est des fleurs

Il est des fleurs que je ne vois qu’en rêve.
Où vous voyez des mots, je vois des ailes.
Le ciel est plein de fabuleux exploits.

Les feux de joie ont fait tant d’étincelles
que l’horizon en est tout embrasé.
Frottez des mots comme on frotte des pierres.
La flamme vive est langage nouveau
pour allumer les forges de la vie.

Si je suppose une rose, elle éclôt.
J’ai des poissons dans la tête qui nagent,
un arbre en moi, tous les fleuves du monde.
Si je dis fête, il tourne des manèges.
Je suis cheval de bois pour une ronde
où des enfants construisent l’univers.

Mon chant d’été force l’invraisemblable.
On me trahit ? Je suis fidèle aux fables.
Suis-je une fleur dans un livre séchée ?
Je ne sais plus si je ris, si je pleure.
Simple passant, je vous offre mon ombre
pour vous prouver que vous êtes soleils.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Une autoprésentation (Kamala Das)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Illustration: Kamala Das
    
Une autoprésentation

Je ne connais rien à la politique, seulement les mots
Ceux du pouvoir, de l’ère de Nehru, et peux les répéter
Comme ceux des jours de la semaine, ou des mois.
Je suis indienne, très brune, née à Malabar,
je parle trois langues, j’écris dans
Deux, rêve avec une.
N’écris pas en anglais, disaient-ils, l’anglais n’est pas Ta langue maternelle.
Pourquoi ne me laissez vous pas
Seule, critiques, amis, cousins de passage,
Tous autant que vous êtes ? Pourquoi ne pas me laisser parler
Dans n’importe quelle langue que j’aime ? La langue que je arle
Devient mienne, avec ses déformations, ses étrangetés
Toutes miennes, et à moi seulement.
C’est moitié de l’anglais, moitié de l’Indien, drôle peut-être, mais c’est honnête
C’est humain, parce que je suis humaine,
Ne le voyez-vous pas ? Elle exprime mes joies, mes désirs ardents,
Mes espoirs, elle est aussi utile pour moi que les coassements
Le sont aux corneilles, les hurlements aux lions, c’est
Un langage humain, le langage d’un esprit qui est
Ici et pas là-bas, un esprit qui voit et qui entend, qui est conscient.
Pas le discours aveugle, sourd
Des arbres dans la tempête ou celui des nuages de la mousson, de la pluie
Ou bien encore les murmures incohérents du
Bucher funèbre. J’étais enfant, et plus tard ils
M’ont dit que je grandissais, puisque mes membres
Se gonflaient et qu’ici ou là mes cheveux poussaient.
Quand j’ai demandé l’amour, ne sachant pas quoi demander d’autre,
Il a traîné une jeunesse de 16 ans dans
La chambre et a fermé la porte, Il ne m’a pas battu
Mais mon triste corps de femme s’est senti si battu
Le poids de mes seins et de mon utérus m’ont écrasée.
Je me suis rétrécie pitoyablement
Puis… J’ai enfilé une chemise et des
Pantalons de mes frères, coupé mes cheveux et ignoré
Ma féminité. Porte des saris, sois une fille
Sois une femme, disaient-ils. Sois une brodeuse, sois une cuisinière,
Sois dure avec les domestiques. Coule toi là dedans. Oh,
Appartiens aux tiennes, criaient les normopathes. Ne t’assoies pas
Sur les murs où parviens le piaulement à travers nos fenêtres drapées de dentelles.
Sois Amy, ou sois Kamala. Et surtout
Reste une Madhavitutty. Le temps est venu de
Choisir un nom, un rôle. Ne joue pas la prétentieuse.
Ne joue pas la à la schizophrène ou à la
Nymphomane. Ne pleure pas trop fort quand
L’amour te quittera… J’ai rencontré un homme, l’ai aimé. Ne
L’appelle pas de n’importe quel nom, il est tous les hommes
Qui veut une femme, juste comme je suis toutes
Les femmes qui recherche l’amour. En lui… la rapidité affamée
Des rivières, en moi… l’océan infatigable
Attendant. Qui es-tu, je demande à chacun et à tous,
La réponse est, je suis moi. N’importe où et
Pourtant, je vois celui qui se présente comme Je
Dans le monde, il est étroitement empaqueté
Comme une épée dans son fourreau. C’est moi qui bois seule
Des boissons à 12 h, minuit, dans les hôtels de villes étranges,
C’est moi qui ris, c’est moi qui fais l’amour
Puis, qui se sent honteuse, c’est moi qui meurs
Avec un hochet dans la gorge. Je suis une pécheresse,
Je suis une sainte. Je suis l’aimée et
La trahie. Je ne ressens aucune joie qui ne soit la vôtre,
Aucune douleur qui ne soit la vôtre.
Et pourtant je me désigne comme je.

(Kamala Das)

Pas trouvé les poèmes en français 😦
mais en anglais:
https://www.poemhunter.com/kamala-das/poems/

 

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Tu as trahi ta faim (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



ceux qui sont sourds
élèvent autour d’eux
des remparts
dans le seul but
d’échapper
à cette voix
qui sans fin
leur murmure

tu as trahi
ta faim

(Charles Juliet)


Illustration: Edvard Munch

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En revenant du puits (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
En revenant du puits
vois ce que j’ai cueilli
un joli brin
de romarin

Ne dis pas que je t’ai trahi
À chaque jour sa peine suffit
Et mets ta main
sur mon blanc sein

Sur ta joue la larme essuie
Nos jours ne sont pas de suie
Mange le pain
cuit à dessein

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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