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Posts Tagged ‘trahison’

Mais oui, je suis sincère (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



 

Don Juan

Mais oui, je suis sincère,
je ne feins pas l’affection,
mais qu’est-ce que je peux y faire
si en moins de deux
elle devient trahison?

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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Impérissable créature (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Impérissable créature,
D’où te vient, non ta valeur,
Mais ce qu’en notre âme tu es,
Cette force que trahison,
Désillusion jamais n’épuisent,
Qui, toujours vive, à vous nous condamne ? Invincibles
Vous rôdez dans l’obscure trame
De nos cités, vous maintenez en vie
Une race détruite, vous les ultimes
Ministres de l’espérance, fût-elle vaine
En fin de compte !

Faut-il adoucir des souffrances :
Une femme le pourra ; un homme désespère
De son destin : c’est encore une femme
Qui le soutiendra le long du rocailleux chemin ;
Un homme brise son épée :
La femme aimée la lui remet,
Pure et brillante, en main.
Et pourtant nous savons
Combien cruelle, vile, traîtresse
Elle est.

Siècles et millénaires
S’étaient entassés l’un sur l’autre
Et désormais elle languissait, se défaisait
La race humaine, jadis glorieuse…
Sur la pourriture, sur le purin
Quelque chose flottait et c’était une femme.

***

Inesauribile creatura,
Donde ti viene, non già il tuo valore,
Ma quello che nel nostro anima sei,
Quella virtù che tradimento,
Che delusione non sgomenta,
Che sempre viva a voi ci sforza ? Invitte
Voi vi aggirate per l’oscura trama
Delle nostre città, serbate in vita
Una razza distrutta, voi ministre
Ultime di speranza, e sia pur vana
Infne !

Un male è da lenire
Una donna potrà ; dispera un uomo
Del suo destino : ed una donna ancora
Lo sosterrà lungo la via ronchiosa ;
Un uomo spezza la sua spada
Schietta e lucente nella mano
A lui la riporrà la donna amata.
E tuttavia sappiamo pure
Quanto feroce, vile, traditrice,
Ella.

S’erano i secoli, i millenni
L’uno sull’altro accatastati
Ed oramai languiva e si sfaceva
La stirpe umana, un di gloriosa…
Sul putridume, sul liquame
Qualcosa galleggiava : era una donna.

(Tommaso Landolfi)


Illustration: William Bouguereau

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RESPIRE ENCORE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
RESPIRE ENCORE

La trahison sait emmurer le coeur
mais les prés et les bois là-bas sont libres.
Les soirs sont les barreaux de ta cellule
mais l’air t’apporte encor l’odeur des roses.

Respire encore, ô coeur, comme un feuillage
qui se balance à peine avant l’orage
ou qui s’égoutte après l’assaut des pluies.

Ou laisse au moins s’effeuiller ce langage
longtemps dans l’ombre ainsi qu’au loin les roses.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ne reviens pas si tard (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Andrey Bobir
    
Ne reviens pas si tard
Romance

1
Viendras-tu? Viendras-tu? Il est tard!
Et dans la nuit
L’heure s’enfuit
Je revis ainsi qu’un cauchemar,
Tout notre amour et tes trahisons
Et tes yeux clairs et ton beau sourire
Mon coeur se déchire
Tout seul dans la maison.

Refrain 1
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute,
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard quand tu sais que j’attends
Que tu sais que j’attends seul avec mes pensées.
Ne rentre pas si tard après la nuit tombée.

2
Pourquoi souffrir tout ce cauchemar
La vie passe
Et s’efface
Un jour tu reviendras, mais trop tard
J’aurai fui enfin tes trahisons
Et tes beaux yeux et ton sourire
Que pourras-tu dire
Seule dans la maison.

Refrain 2
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Car tu pourrais ne retrouver que le silence
Ne rentre pas si tard.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Le temps,une grâce princière (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018




    
le temps,une grâce princière que ses pondérations
d’une générosité au-delà du croyable
(bien que chair et sang l’accusent de coercition
qu’esprit et âme de trahison le croient coupable)

ses actes aussi peu raisonnés qu’irraisonnés
sa sagesse annulant l’accord ou le conflit
– les saharas comptent par siècle;huit ou dix milliers
auprès d’un seul instant de rose paraissent petits

il est un temps pour les larmes et un temps pour rire
pour l’espoir la détresse la paix ou les passions
— et un temps pour grandir et un temps pour mourir
un nuit pour le silence:un jour pour les chansons

étais plus que tout(comme viennent tes bien plus que prunelles
me le dire)il est un temps pour l’intemporel

***

in time’s a noble mercy of proportion
with generosities beyond believing
(though flesh and blood accuse him of coercion
or mind and soul convict him of deceiving)

whose ways are neither reasoned nor unreasoned
his wisdom cancels conflict and agreement
– saharas have their centuries; ten thousand
of which are smaller than a rose’s moment

there’s time for laughing and there’s time for crying –
for hoping for despair for peace for longing
– a time for growing and a time for dying:
a night for silence and a day for singing

but more than all (as all your more than eyes
tell me) there is a time for timelessness

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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MERE, PRENDS-MOI SUR TES GENOUX… (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




MERE, PRENDS-MOI SUR TES GENOUX…

Mère, prends-moi sur tes genoux.
Mon coeur est las ! Mon âme est lasse !
Comme autrefois, à voix très basse,
Berce-les d’un air de chez nous !

Redis-moi de ta voix faiblie
Nos ciels, nos fleuves, nos prés verts ;
Et que les maux que j’ai soufferts,
Ma mémoire tôt les oublie !

J’ai vu qu’il n’est de vrais bonheurs
Qu’aux lieux bénis de nos enfances
Et que c’est courir à souffrances
Que de porter son rêve ailleurs.

J’ai su que pour fuir les détresses
Et se guérir des trahisons,
I1 n’est qu’aux natals horizons
De refuges et de tendresses.

J’ai sondé le néant des rois,
Compris la vanité des gloires.
Je sais qu’il n’est d’autres victoires
Que celles qu’on obtient sur soi.

Et me voici, ma mère ! Penche
Sur mes yeux ton beau front cendré.
Comme autrefois, je baiserai
Les rubans de ta coiffe blanche.

Et comme alors, sur tes genoux,
— Mon coeur est las ! Mon âme est lasse ! —
Tu m’endormiras à voix basse
De quelque vieil air de chez nous.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Louis Toffoli

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Carmen (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Alexey Slusar 1961- Ukrainian painter - Flamenco dancers - Tutt'Art@ (4) [800x600]

Parmi les amoureux de Carmen,
Qui se hâtent, foule bigarrée,
Voulant l’entraîner derrière eux,
Un seul…

Silencieux et morose
N’attend rien, ne demande rien ;
Mais lorsque le tambourin résonne,
Et sourdement, tintent les bracelets,

Il se souvient des jours de printemps,
Et dans le tumulte des accords
Il regarde sa taille chantante
Et voit des rêves créateurs…

Tu es telle l’écho d’un hymne oublié
Dans mon noir et sauvage destin.
0 Carmen, il m’est triste et étrange
D’avoir pu rêver de toi…

Tu es ta propre loi, tu voles, tu voles outre,
Vers d’autres constellations, ne connaissant pas d’orbites,
Et ce monde-ci n’est pour toi qu’un rouge nuage de fumée
Où quelque chose consume, chante, tourmente et brille.

Et dans cet incendie est folle ta jeunesse.
Tout est musique et lumière : il n’y a ni bonheur, ni trahisons,
D’une même mélodie résonnent joie et tristesse.
Mais je t’aime : je suis pareil à toi, Carmen !

(Alexandre Blok)

Illustration: Alexey Slusar

 

 

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Chair des Choses (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Chair des Choses

JE possède, en mes doigts subtils, le sens du monde,
Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix.
L’harmonie et le songe et la douleur profonde
Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.

Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles,
Je partage leur vie intense en les touchant.
C’est alors que je sais ce qu’elles ont en elles
De noble, de très doux et de pareil au chant.

Car mes doigts ont connu la chair des poteries,
La chair lisse du marbre aux féminins contours
Que la main qui les sait modeler a meurtris
Et celle de la perle et celle du velours.

Ils ont connu la vie intime des fourrures,
Toison chaude et superbe où l’on plonge les mains,
Et l’odorant secret des belles chevelures
Où la brise du soir effeuilla des jasmins.

Semblables à ceux-là qui viennent des voyages,
Mes doigts ont parcouru d’infinis horizons,
Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages
Et m’ont prophétisé d’obscures trahisons.

Ils ont connu la peau subtile de la femme,
Et ses frissons cruels et ses parfums sournois…
Chair des choses ! j’ai cru parfois étreindre une âme
Avec le frôlement prolongé de mes doigts…

(Renée Vivien)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Pavot noir (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Pavot noir

Fleur des mauvais jardins au vénéneux sommeil,
Les servantes de l’Ombre et les Magiciennes,
Dont les nocturnes yeux redoutent le soleil,
Respirent âprement tes langueurs léthéennes.

Fleur des mauvais jardins au vénéneux sommeil.

Tu te fanes parmi les âcres chevelures,
Et tu connais le rêve ardent des fronts maudits
Que jamais n’effleura, dans un bruit de ramures,
Le souffle des matins et des simples midis :

Tu te fanes parmi les âcres chevelures.

Tu t’effeuilles auprès des femmes sans désir
Dont les prunelles sont froidement endormies,
Dont le coeur ennuyé dédaigne de choisir,
Et dont l’âme est pareille à l’âme des momies :

Tu t’effeuilles auprès des femmes sans désir.

Ennui de l’aconit et de la belladone
Dans le soir où la voix des vieilles trahisons
Fait traîner, à l’égal d’un refrain monotone,
La fadeur et la fragilité des poisons !

Ennui de l’aconit et de la belladone !

(Renée Vivien)

 

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Verse, verse, tes baisers à mes sens inapaisés (Maurice Boukay)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Illustration: Constantin Brancusi
    
Verse, verse, tes baisers
A mes sens inapaisés,
Jusqu’à la dernière goutte…

J’aime ton coeur inhumain;
Ta me trahiras demain,
Mais ce soir je t’aurai toute !

Qu’importent les trahisons
Des lèvres que nous baisons.
Si les lèvres sont jolies !

(Maurice Boukay)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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