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Poésie

Posts Tagged ‘traîne’

L’inconstant (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




L’inconstant

Mes yeux s’en sont allés
derrière une brunette
qui passait.

Était de nacre noire,
était raisin violet.
De sa traîne de feu
elle a fouetté mon sang.

Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Une blonde est passée
telle une plante d’or
en balançant ses charmes.
Et ma bouche s’est faite
vague qui s’en allait
décharger des éclairs
de sang sur sa poitrine.
Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Mais vers toi, sans bouger,
sans te voir, ma lointaine,
mon sang, mes baisers volent,
ma brunette et clairette,
ma grande et ma petite,
ma vaste et ma menue,
ma jolie laideronne,
faite de tout l’argent
et faite de tout l’or,
faite de tout le blé
et de toute la terre,
faite de toute l’eau
des vagues de la mer,
faite pour mes deux bras,
faite pour mes baisers,
faite, oui, pour mon coeur.

(Pablo Neruda)

Illustration: Danielle McManus

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AVARE (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




Illustration: Folon

    
AVARE

M’alléger
me dépouiller

réduire mon bagage à l’essentiel

Abandonnant ma longue traîne de plumes
de plumages
de plumetis et de plumets

devenir oiseau avare
ivre du seul vol de ses ailes

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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M’alléger (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Ettore Aldo Del Vigo 795388

M’alléger
Me dépouiller
Réduire mon langage à l’essentiel,
Abandonnant ma longue traîne de plumes
De plumages
De plumetis et de plumets :
Devenir oiseau avare
Ivre du seul vol de ses ailes…

(Michel Leiris)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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CHANSON DE JOFFROY RUDEL (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



CHANSON DE JOFFROY RUDEL

C’est chose bien commune
De soupirer pour une
Blonde, châtaine ou brune

Maîtresse,
Lorsque brune, châtaine
Ou blonde, on l’a sans peine…
Moi, j’aime la lointaine
Princesse !

C’est chose bien peu belle
D’être longtemps fidèle,
Lorsqu’on peut baiser d’Elle

La traîne,
Lorsque parfois on presse
Une main qui se laisse…
— Moi, j’aime la Princesse
Lointaine.

Car c’est chose suprême
D’aimer sans qu’on vous aime,
D’aimer toujours, quand même,

D’une amour incertaine,
Plus noble d’être vaine…
Et j’aime la lointaine
Princesse.

Car c’est chose divine
D’aimer quand on devine,
Rêve, invente, imagine
A peine…

Le seul rêve intéresse,
Vivre sans rêve, qu’est-ce ?
Et j’aime la Princesse
Lointaine !

(Edmond Rostand)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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IL FAUT À CONFLANS ALLANTS ET VENANTS (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




IL FAUT À CONFLANS
ALLANTS ET VENANTS

Le quai, les arbres et l’Église,
Dans la brume de février,
Prennent des airs d’île promise,
Jette l’amarre, marinier.

Il est loin le temps des cerises,
Saurons-nous encor le goûter,
Et le bois des trousse-chemises
Refleurira-t-il cet été ?

Ne poussez plus, je vois la traîne
Longue des chalands de jadis
Quand l’herbe mangeait le parvis

Des retrouvailles de la Seine,
Avecque l’Oise couronnée
Du Pont Eiffel dans la fumée.

(Jean-Charles Michel)

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Constellation de la Vache (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Constellation de la Vache

Cette traîne d’étoiles est mon linceul
dans le ciel déplié
au-dessus du champ d’oliviers
où pleure la flûte seule

Tu savais mes yeux comme des puits
où tu venais te rafraîchir
mais si tu veux me voir partir
c’est au firmament que je suis

Mes sabots sonnent dans la nuit
ma queue frappe, mon museau brille
ma robe de lait et de suie
forme des lacs et des villes

Ce soir regarde les signes
gravés le long de mon collier
ô chant tremblant et oublié
d’un berger d’une autre colline

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Plaine vaste Ciel bas (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



    

Plaine vaste
Ciel bas

Le désir terrestre
point ne disparaîtra
Tant que jusqu’à l’horizon
Vous lèverez
vos coupes assoiffées

Déjà de plus loin
D’infiniment plus loin
Par longues traînes
ailes étincelantes
âme renouvelée
Arrive la cohorte des nues
prêtes au rite de sacrifice

Un instant encore
Elles retiennent leur souffle
Puis, se donnant entières

Versent

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Le gris du ciel (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Le gris du ciel
dans les vitres

Un grand chagrin
et sa traîne

Le rouge du vin
fleur d’oubli

(Georges Bonnet)

 

 

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POÉSIE – PAROLE SI BELLE SI PURE -… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



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POÉSIE – PAROLE SI BELLE SI PURE -…

Poésie — parole si belle si pure —
Tu as tellement traîné le long des routes
Que tard la nuit je t’ai retrouvée perdue
Au bordel par un mort assassinée.

***

A BELA E PURA PALAVRA POESIA…

A bela e pura palavra Poesia
Tanto pelos caminhos se arrastou
Que alta noite a encontrei perdida
Num bordel onde um morto a assassinou.
(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Penny Hallas

 

 

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Lorsque tu vois un cavalier Surgir (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2016



Lorsque tu vois un cavalier
Surgir
Entre l’armoire et la fenêtre

Avec sa traîne d’ombre
Et le hennissement des routes

Il est temps de ranger ta vie

Et de plier le jour
Sept fois comme il convient

Pour que demain
Renaisse

(Hélène Cadou)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Leonora Carrington

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