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Poésie

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Je marchais dans la nuit (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration: Evaristo
    
Je marchais dans la nuit pluvieuse,
Et, à la fenêtre d’une vieille maison,
Je reconnus les yeux songeurs
De ma douleur. — En larmes, solitaire,
Elle fixait les horizons humides…
Je restais là, à l’admirer,
Comme si j’avais, sous ses traits,
Reconnu ma jeunesse enfuie.
Un regard. Et mon coeur se serre,
La lumière s’éteint — c’est l’aube.
Et le matin humide toque
À sa fenêtre abandonnée.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Jalousie (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Jalousie

Jeunes femmes, parfois, quand je vais me mêler
A vos jeux… si je sens mon âme se troubler,
Si soudain sur mon front une ride se creuse,
Si ma pensée empreint sa trace douloureuse
Sur mes traits, que l’on voit se couvrir de pâleur,
Ce n’est point jalousie, ô femmes ! c’est douleur !

Du bonheur passager de la nouvelle épouse,
De ses illusions je ne suis pas jalouse.
Quand elle apparaît, j’aime à l’entendre applaudir,
A voir sous l’oranger son front pur resplendir,
Sa parure éblouir la foule qui l’entoure,
J’aime à la croire heureuse alors qu’elle savoure
Cet encens que le monde aux femmes jette un jour,
Encens de vanité parfumé par l’amour !…

Mais ce qui me torture et fait fléchir mon âme,
C’est de voir auprès d’elle assise une autre femme,
Jeune de son bonheur dont elle prend sa part,
Fière de ses succès, l’adorant du regard,
Et la nommant tout haut sa fille, ô peine amère !
Je suis jalouse alors, car je n’ai plus de mère !

(Louise Colet)

 

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La nuit n’a qu’à prendre ses traits (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2016



Lire mon corps
Me vêtir de son corps
Chaque fois que je vais à la nuit
Je parcours son amour et m’éblouis:
La nuit n’a qu’à prendre ses traits
Ses mystères et qu’être
son nom

(Adonis)

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Il fait beau dans mon cœur (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



Il fait beau dans mon cœur, il fait clair dans ma vie ;
L’air est plein de parfums, l’azur est glorieux ;
La lumière du ciel se reflète en vos yeux
Et votre bouche semble une rose fleurie.

Vous êtes le bois sombre et la fraîche prairie,
La fontaine secrète au flot mélodieux
Et le sentier obscur marqué du pas des Dieux,
La grotte où l’on repose et l’autel où l’on prie.

Vous êtes le rayon et vous êtes la flamme,
Vous êtes à la fois le philtre et le dictame,
Car l’amour éblouit et consume à la fois ;

Et, dans mon cœur soumis qui devant lui s’incline,
S’il a pris vos regards, vos traits et votre voix,
C’est pour que sa beauté m’en parût plus divine.

(Henri de Régnier)

Illustration: James Sant

 

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Je retrouve ta façon (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2015



Je retrouve ta façon
ton geste
ton goût
ta tristesse acide
ton âpreté de moût
ta ferveur
nocturne
tes cafards subits
visage mon vieil ami
Je reconnais tes traits
ton silence
je palpe
les lèvres lasses
de ton angoisse
Je retrouve le goût
salé des noires crinières de ton
cheval trottant solitaire
je sèche
rien que feu
Ah ! je te retiens
tes pleurs sans larmes
rien qu’écume en feu
enfin
les yeux dans les yeux les lèvres dans les lèvres
mon visage ancien mon ami
mon vieux visage à moi
tu n’es pas fait
pour bâiller de bonheur
Comme ça
tu es plus toi
plus moi
plus à moi

***

Reencontro o teu jeito
teu gesto
teu gosto
tua acida tristeza
teu suave travo a mosto
teu fervor
nocturno
teus sûbitos desânimos
meu velho amigo rosto
Reconheço teus traços
palpo
teu silêncio
os labios lassos
da tua ânsia
Recupero o gosto
salgado das negras crinas do teu
cavalo em solitârio trote
enxugo
teu choro sem lagrimas
sô fogo
so espuma em fogo
Ah! retenho-te
enfim
olhos nos olhos labios nos lâbios
meu rosto antigo meu amigo
meu velho rosto meu
nâo fosse feito
para os bocejos da felicidade
Assim
és mais tu
mais eu
mais de mim

(Teresa Rita Lopes)


Illustration: Odilon Redon

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