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Posts Tagged ‘trajet’

On se met la nuit sur le dos… (Bohdan Chlibec)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
On se met la nuit sur le dos…

On se met la nuit sur le dos,
ce manteau de tissu fort pour l’hiver.
On achète le journal du matin.
On dédie une petite réflexion
à ces deux faits
pendant le trajet de métro.
Le soir, on les retire,
la nuit pend à nouveau dans l’entrée.

(Bohdan Chlibec)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Cendres sous la neige
Traduction: Traduit du tchèque par Petr Zavadil & Cédric Demangeot
Editions: Pariah

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LA LUMIÈRE ÉBLOUIT L’INVISIBLE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



Illustration: Giorgio de Chirico
    
LA LUMIÈRE ÉBLOUIT L’INVISIBLE
(Le Philosophe et le Poète)

Un des états extrêmes qu’atteint l’homme
dans les peintures métaphysiques :
un mannequin d’osier
traversé de songes et d’énigmes.

Le ciel est sans oiseaux et les façades ont des fenêtres aveugles.
Dans la pénombre de la pièce, au premier plan,
deux Figures méditantes, de plâtre et de treillis,
contemplent un tableau posé sur un chevalet

Dehors la lumière éblouit l’invisible.

Sur un fond outremer presque vide,
le tableau dessine le trajet d’astres capricieux
ou bien la chute des Esprits élémentaires de la matière.
On peut y voir, si l’on préfère,
les théorèmes de la Nuit.

Dehors la lumière éblouit l’invisible.

Que se disent les deux Figures ?
—jusqu’où s’étend le bleu du doute ?
demande le Philosophe.
—jusqu’au parloir de l’orage,
répond le Poète.

Dehors la lumière éblouit l’invisible.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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LE TRAJET (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021




    
LE TRAJET

D’une branche sur l’autre, la goutte de pluie
tombe et la feuille en dessous ploie ; le jour

se creuse affaibli par les crues du printemps,
comme nos joues et nos épaules et notre joie.

Inadaptés, voilà bien ce que nous sommes,
nous avons beau gémir, plier le genou, caresser

les statues, le temps nous use. Cette goutte
qui tombe, cette autre qui la suit le long

de la branche, comment ne pas y voir
le trajet de toute vie, comment ne pas poser

la seule question qui tremble au fond des yeux
comme une prière : la feuille qui nous recevra,

si elle existe, sera-t-elle douce comme une main
amie, douce assez pour ne rien regretter ?

(Guy Goffette)

 

Recueil: Pain perdu
Traduction:
Editions: Gallimard

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AZRAEL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Illustration: Gustave Doré 
    
AZRAËL

Ailes mortes, ailes mortes en moi,
Tomber, c’est renaître
Hors de la solitude, dans la mer —
La mère des âmes égarées, des voyageurs perdus
Et des exilés du ciel.

Le souvenir de la terre est comme un poids
De vagues et d’îles; dans mon sang et mes os
La pesanteur de mon incarnation,
Plus forte que ma volonté d’être singulier,
Me brise et me détruit, me rappelle en mon lieu.

Prisonnier de ma faute, de ma beauté, de mon vouloir,
Des cellules de la vie transparentes mais murées,
Délivré par la mort innocente, je m’abîme avec joie
Dans la tombe ouverte de la terre, de la mer et de l’air,
Docile comme une pierre, un ange, ou une étoile.

Tomber, c’est renaître,
Attiré au sommet profond d’un baiser;
La mort et la naissance
Ne sont qu’un même sommeil, une grâce unique
Qui infléchit tous les trajets à la courbe de la terre.
Mon désir superbe est inféodé à la paix de l’amour
Qui régit les orages, les guerres, l’essor des ailes.

***

AZRAEL

Dead wings, dead wings in me,
To fall deep is to rise
Out of the solitude, into the sea
Mother of all lost souls, lost travellers
And aliens of the skies.

The memory of earth is like a burden
Of waves and Islands, in my blood and bone
The heavy substance of my incarnation
Stronger than my will to be atone
Breaks me and destroys me, calls me home.

Frisotter of my guilt, my beau*, and my will
The cells of life with windows but no door,
Freed now by harmless death, I gladly fall
Info the open grave of earth and sea and air
Obedient as a stone, an angel, or a star.

To fall deep is to rise
Drawn to the deep summit of a kirs,
And death and birth
Are but the same sleep and the single grace
That bends all courses to the round of earth.

My grandiose Just is subject to love’s peace
That rules all storms, and soaring wings, and vars.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Fourmi (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Fourmi

Une fourmi
Fait un trajet
De cette branche
A cette pierre,
Une fourmi,
Taille ordinaire
Sans aucun si-
Gne distinctif,
Ce matin, juin,
Je crois le sept;
Elle porte un
Brin, un fétu.
Cette fourmi,
taille ordinaire,
Qui n’a pas la
Moindre importance
passe d’un trot
Simple et normal.
Il va pleuvoir,
Cela se sent.
Et je suis seul;
Moi, seul au monde
Ai vu passer
Cette fourmi.

(Norge)

Illustration

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Avant d’entrer dans une ville (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018




    
Avant d’entrer dans une ville,
le train s’est arrêté un instant en plein trajet.
L’espace du monde, aussitôt,
s’est de nouveau répandu alentour.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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FIGURES DE WIDMANSTATTEN (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



FIGURES DE WIDMANSTATTEN

Du plus profond du ciel sur le froid de ton fer,
météore (mémoire du zénith, moire éraflée du
temps)
tu dis ces griffes d’ange, ces paraphes d’espace,
ces trajets d’astres entés sur le tain du zodiaque.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Le lien (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Daniele Guido
    
C’est le trajet du regard au regard,
de la main à la main,
de la parole à la parole
qui est le lien.

Aérien.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

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A l’aube (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
à l’aube
on se lève

on corrige le trajet

la lourde barque-corps
reprend le cap
comme il faut

agenda

faut y aller
on y va

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Nous n’avons rien choisi (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
Nous n’avons rien choisi.
Ni le trajet ni la marche
ni l’horizon qui les devance.

Nous ne choisissons que la parole
qui nous pousse en nous-mêmes
recueille la détresse et la solitude.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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