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Posts Tagged ‘tranche’

Ambiguïté du témoin (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Jeanie Tomanek scepter

Ambiguïté du témoin

Quelle est cette souffrance qui s’étale,
comme sur une tranche de ce pain doux amer
que l’enfant approche de ses lèvres,
sur l’indolence que l’âme atteint
entre bonheur et douleur?
L’absence ? Non. Entre les pôles qui s’opposent,
magique, une alliance naît,
une tension, en équilibre peut-être.
Ou est-ce la mort lente des illusions,
la risée des sons suggérés
au sein des faux pardons des hypocrites ?
Ou alors est-ce la présence du tiers
qui se reforme, de celui qui assista
plus pressé peut-être que distrait
à notre conversation qui
se perdait entre les silences
jonchés déjà de consensus suspendus
et le sourire des sens déjà en éveil.

Avant de s’éloigner, il mêla
le plus ambigu des sourires à ses regards
qu’allumait le désir. S’il est resté
quelque chose de ce feu, tandis qu’il
s’éloignait, dans une étrange mélancolie,
un tison crépitait dans les cendres.

Tel témoignage est alors une erreur
dans la tendre incohérence de Vénus
si l’espace objectif de ce « lui »
trop vite enfui alors, vide,
se remplit des ombres de ce jeu faussé
de celui qui, entre le « moi » et le « toi » triche sur l’oubli.
Étrange clapotis des ondes amères
ce colloque confond et le toi et le moi
où l’éloquence de l’être est un adieu.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Retouche à l’univers (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    

retouche à l’univers

la nappe le couteau le verre
le sourire et Dieu dans la tranche du pain
et sur un dôme de cuiller
le reflet persan du placard ouvert

dans les détroits du bavardage
la voile blanche du silence
vers des îles

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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Le feu du corps (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Alex Stevenson Diaz
    
le feu du corps autour de l’âme
notre sombre vertige
derviche que rien n’épuise
ni fers aux chevilles
ni trou dans les vertèbres
ô présence
tu exaltes
tu saccages
chair os sang
nous sommes aussi une tranche d’éternité

(Rabah Belamri)

 

Recueil: Corps Seul
Editions: Gallimard

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Couper du pain rond (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017




    
Couper du pain rond, villageois,
pour l’odeur pénétrante
de chaque tranche

aussi couper
dans la langue générale
un poème
pour le profond du corps.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Verticale du Secret
Editions: Obsidiane

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Un petit insecte perdu sur le mont ultime (Santiago Montobbio)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



Un petit insecte perdu sur le mont ultime.
L’homme n’est pas grand-chose de plus dans la vie, obscur.
Obscur et grièvement blessé et dévoré par le temps et l’oubli.
Feuille sèche, branche cassée, ruisseau asséché, insecte infime,
et des êtres déjà gâchés, minuscules, qui vont main dans la main
entremêlant leur destin au pas des jours.
Cette montagne ultime est le néant ou bien peut-être Dieu,
une monnaie qui tombe toujours sur sa tranche
et se fixe ainsi et demeure
sur les rails du temps.
Là nous nous perdons. Là nous vivons.
L’homme est toujours un dernier feu, secret.

***

El insecto pequeño y perdido por el monte último.
No mucho más es en la vida del hombre, oscuro.
Oscuro y malherido y devorado por el tiempo y el olvido.
Hoja seca, rama partida, arroyo también seco, insecto pequeño
y seres ya gastados, diminutos, van dándose en él la mano
y trenzando con el paso de los días su destino.
Ese monte último es la nada o Dios acaso,
una moneda que siempre cae de canto
y fija así se queda
sobre los raíles del tiempo.
Allí nos perdemos. Allí vivimos.
El hombre es siempre un fuego último, secreto.

(Santiago Montobbio)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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ÉTONNEMENT (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016




ÉTONNEMENT

On avait laissé une tranche de pain sur la pierre.
L’oiseau s’arrêta, picora. La vieille revint :
 » ce n’est pas pour toi que je l’ai laissé « , lui dit-elle.
Elle prit le pain,
le lui lança miette par miette.
L’oiseau la regardait dans les yeux. Il ne mangeait pas.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

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Avant ton départ (Vincent O’Sullivan)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016



Si tu me donnais une pomme ça m’irait bien.
Une pomme que tu aurais cueillie toi-même.
Ou l’un de ces abricots
aussi chaud qu’une main
quand on s’en saisit
sur une table de la véranda.
Il dit « l’après-midi »
à toute heure de la nuit ou du jour.
Si tu m’en donnais un
je n’en serais pas fâché.
Parce que c’est février
et cette semaine où je t’ai vue
marcher dans la maison,
pieds nus sur les planches,
semble avoir été
une bonne tranche de vie.
Une pomme fera l’affaire.
Ou un abricot.

Avant que tu me quittes.

(Vincent O’Sullivan)

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Je n’ai pas pu savoir (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2015



Je n’ai pas pu savoir, quand, la tête tranchée,
je gisais à tes pieds, invisible géante,
je n’ai pas pu savoir si la pierre tachée
des sanglots de mon sang devenait transparente?…

(René Daumal)

Illustration: Lucien Lévy Dhurmer

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LE CHOU ROUGE (Gabrielle Marquet)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2015




LE CHOU ROUGE

Je n’ai rien vu de plus beau cet été
qu’un chou rouge.
Tranché par le milieu
net et dur comme un caillou
il prit des teintes veineuses sous la lame.

L’enchantement de ses friselures
les durs méandres de ses entrailles bleues
m’attendrirent plus peut-être
que le dallage calculé du coeur de tournesol.

Chou qui croque et qui pique
et colore l’huile et la langue
essaierais-tu de me mener
d’un saut de puceron vers l’Infini ?

(Gabrielle Marquet)

Illustration

 

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TROIS CYPRES (Daniel Birnbaum)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2015



trois-cypres

TROIS CYPRES

Trois cyprès
à la nuit tombante
on aurait dit trois fantômes
venant prendre le pain de la maison

Trois cyprès
à la nuit tombante
découpant le ciel
en tranches fines.

(Daniel Birnbaum)

 

 

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