Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tranchée’

Pour une fleurette (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2019



Illustration: Pierre Vergez

    

Pour une fleurette
Un bras hors de la tranchée
La mort printanière

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

DANS LE DEMI-SOMMEIL (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



 Illustration
    
DANS LE DEMI-SOMMEIL

Je veille la nuit violentée

L’air est criblé
comme une dentelle
par les coups de fusil
des hommes
renfoncés
dans les tranchées
comme les escargots dans leur coquille

Il me semble
qu’une ahanante
tourbe de cantonniers
pilonne le pavé
de pierre de lave
de mes routes
et je l’écoute
sans voir
dans le demi-sommeil

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce noir qui remonte (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Illustration
    
Ce noir qui remonte

Les trous d’obus les fosses
les tranchées et les tombes
sont les lieux de naissance privilégiés
du coquelicot
de même que les blessures les non-dits
les plaies et les silences
sont les nurseries habituelles
du poème
voilà le véritable mouvement
de la lumière
ce noir qui remonte
de tout au fond du monde
et fait pousser les fleurs

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ils étaient jeunes ils étaient beaux (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




    
Ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de bleu vêtus
Ils sont partis
fleur au fusil

Il verrait bien de quel bois
on se chauffe
l’ennemi
On le repousserait chez lui
Et puis
on rentrerait chez soi
C’était l’affaire de quelques mois

Dans les tranchées d’en face
ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de gris vêtus
Un peu plus blonds peut-être

D’un côté comme de l’autre
tous avaient laissé
leur mère, leur sœur, leur fiancée
leur femme, leurs enfants
et les enfants à naître

Ils leur avaient bourré la tête
les bons apôtres :
ils se battraient pour la Nation

Mais ils n’étaient rien que les pions
d’un échiquier géant
dont les joueurs étaient seuls maîtres

Chair à canon
ils ont été déchiquetés
les bruns, les blonds
les bleus, les gris
Leur sang était le même

Dans leur âme et dans leur corps
à tout jamais meurtris
tous ceux qui ne sont pas tombés
au champ d’horreur
en criant : « Maman ! »

Il y a toujours une guerre quelque part
Quand comprendrons-nous ?
Quand comprendrons-nous ?

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Histoire de la Nonne (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



Histoire de la Nonne

Rebroussée par un vent brutal,
sa chevelure lui tomba
sur le visage,

l’aveugla, l’enivra.

C’était avril,
le temps des rages,
des errances.

La nuit soufflait des spectres,
de grandes mains mouvaient
des ombres de caresses.

Les yeux fermés,
dans le désir,
elle embrassa le vent,

vacante, s’égara,
connut la griffe,
la morsure,

enfin vit se lever
au plus obscur
un oeil géant.

Alors la chevelure fut tranchée,
le front voilé,
le corps serré dans un fourreau de glace.

(Jean Joubert)


Illustration:
Paul Hoecker

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Dans la tranchée de chaque jour (Gilbert Langevin)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2016



Dans la tranchée de chaque jour
Quelqu’un prépare
Une fraude ou un poème
Quelque part
On triche le fisc
ou l’âme humaine

(Gilbert Langevin)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Victor Brauner 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Les enfants du chemin de fer (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2015



Une fois grimpées les pentes de la tranchée
Nous fûmes à la hauteur des coupes blanches
Des poteaux télégraphiques et des fils grésillants.
Comme de beaux déliés, ils ondulaient à perte de vue
A l’est et à l’ouest, s’incurvant
Sous leur fardeau d’hirondelles.
Nous étions petits et pensions ne rien savoir
D’intéressant. Nous pensions que les mots parcouraient les fils
Dans les poches scintillantes des gouttes de pluie,
Chacune ensemencée de la lumière
Du ciel, du miroitement des lignes, et de nous-mêmes
A une échelle si infinitésimale
Que nous aurions pu passer par le chat d’une aiguille

(Seamus Heaney)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :