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Poésie

Posts Tagged ‘trancher’

Sans pensée, sans désir (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
Sans pensée, sans désir,
tranchés tous les noeuds

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce n’était pas la peine (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018




    
Ce n’était pas la peine
de trancher le cou du clown
pour montrer que la foire est finie,
le cadavre suffisait et ce gilet de coutil.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je m’endors les mains sur toi (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Illustration
    
Je m’endors les mains sur toi.

Tu m’aimes si profondément qu’en dormant
Il y a ton visage pour le dire.

La nuit n’est pas noire.
Reconnaître ton sexe
À mon bonheur touché,
Fleur de l’infinie sculpture, fleur.

Plus rien de multiple.
La simplicité qui serait violente de te perdre,
qui serait d’un coup.

La vie simple vite tranchée
Serait mon visage dans la sciure.

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Deux gouttes dans un peu d’eau (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Deux gouttes dans un peu d’eau
au-dessus d’un réchaud
expriment un parfum de nature

Achetez mes huiles essentielles
vibrant dans le ciel
des idées pures

Le citron a la grâce d’un voleur
Le musc est un pacha
Le jasmin adoucit les moeurs
et il y a aussi l’herbe à chats

Le cactus surprend les belles
L’oranger apporte la paix
L’ambre est sensuel
et tranche comme l’épée

Ce sont les parfums de jadis
pommes vertes du paradis
qui ouvrent vos grands yeux fendus
aux anciens savoirs perdus

Deux gouttes dans un peu d’eau
feront frémir vos peaux
sous l’étreinte de la Nature

Achetez mes huiles essentielles
vibrant dans le ciel
des idées pures

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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INVOCATION (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
INVOCATION

le ciel s’éteint
les yeux s’éclairent

ne nous pardonne rien

comme le couteau
de l’arc-en-ciel
qui tranche
le grand froid de la nuit

quand la mort
n’en finit pas
de chasser la vie

ne pardonne rien
aux hommes consumés
d’aube et de crépuscule

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Univers parallèles (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Univers parallèles

Quel univers jumeau du nôtre?
Un soir
On ne sait plus ce qui de nous divorce
Quel arbre en nous fut dépouillé d’écorce
L’image fuit par les trous des miroirs.
Que sommes-nous derrière la barrière
De cet état instable du réel ?
Être n’est rien qu’un clivage cruel
Entre deux murs récusant leur arrière.
Où donc est le soleil qui devait poindre
Mais dans tes yeux tout à coup s’est noyé ?
Quel est le sens de vivre ? Dévoyé.
Je suis un pont qui cherche à te rejoindre.
Où est ton corps, ce rivage sans mer
Et l’horizon dont on trancha les ailes ?
Captifs de nos univers parallèles,
Nous sommes expulsés de nos amers.
Nous avançons mais c’est en claudicant
Vers l’au-delà de ce que nous vécûmes
De l’un l’autre ne tient que son écume
En son sommeil la cendre du volcan.

(Charles Dobzynski)

Illustration: Rafal Olbinski

 

 

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LES BAISERS (M. Léonard)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: François Boucher  
    
LES BAISERS

Jouissons, ô ma Bergère,
De la saison des amours !
Ce soleil qui nous éclaire
Demain reprendra son cours.
Mais quand la Parque ennemie
Tranche le fil de nos jours,
A tous les biens de la vie
On dit adieu pour toujours !

Donne à l’amour qui t’adore,
Mille baisers au matin,
Le long du jour mille encore,
Mille encore à son déclin !
La nuit, brouillons-les dans l’ombre;
Il faut tant les répéter
Qu’enfin, trompés par le nombre
Nous ne puissions les compter !

Contre l’amour qui nous lie.
Laissons crier les jaloux !
Il est beau de faire envie.
Le bonheur en est plus doux…
Que le nôtre ait tant de charmes
Qu’il irrite les désirs,
Et puisse en verser des larmes.
Le censeur de nos plaisirs !

(M. Léonard)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Approche (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: ArbreaPhotos
    

Approche

Celui qui glisse vers l’autre rive
se surprend à exister,
léger de corps et de bagages.
Les pierres se font sources
et plus clémente est la neige
qui tranche net avec le ciel.
Ce que l’on peut alors soupçonner
rend crédible le moindre doute.

De ce point reculé du pays,
le regard trouble la lumière.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Cette nuit j’ai rêvé qu’on me tranchait la main (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



su
que
le
corps
pouvait
s’arracher
à
l’amour

Ne plus aimer qu’un
cil que la grâce d’une
aile

Cette nuit j’ai rêvé qu’on me tranchait la main

(Jean Joubert)


Illustration: Odilon Redon

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L’Amour de Jérusalem (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



L’Amour de Jérusalem

Il y a une rue où l’on ne vend que viande rouge
et une rue où l’on ne vend qu’habits et parfums.
Il y a des jours où je ne vois qu’êtres jeunes et beaux,
et des jours où je ne vois qu’infirmes, aveugles,
lépreux, faces convulsées et rictus.

Ici on construit une maison et là on détruit
ici on creuse la terre
et là on creuse le ciel,
ici on s’assoit et là on marche
ici on hait et là on aime.

Mais celui qui aime Jérusalem
dans les guides touristiques ou les livres de prières
ressemble à celui qui aime une femme
selon le Kama sutra.

Parfois Jérusalem est une ville de couteaux :
même les espoirs de paix sont affûtés pour trancher dans
la difficile réalité, ils s’émoussent ou se cassent.

Les cloches des églises font tellement d’efforts de paix
qu’elles deviennent lourdes, comme un pilon qui broie
dans le mortier
des voix lourdes, graves et remuantes.

Et lorsque
le chantre et le muezzin entonnent leur chant
surgit le cri tranchant :
notre seigneur notre Dieu à tous est un Dieu
un et affûté.

(Yehuda Amichai)

 

 

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