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Poésie

Posts Tagged ‘transfiguré’

Le pur amour (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



Pourtant, l’amour, le pur amour est beau
Et digne d’acceptation. Le feu est vif,
Que brûle le temple ou le lin. Un même éclat
Bondit dans la flamme du cèdre ou du foin.
Et l’amour est feu; et lorsque je dis
Je t’aime… note! Je t’aime! … en ton regard
Je me tiens transfigurée, glorifiée,
Consciente des rayons qui irradient
De mon visage vers le tien. Rien n’est bas
Dans l’amour le plus bas: Dieu accepte
L’amour des plus humbles créatures.
Et ce que je sens, parmi les moindres traits
De ce que je suis , brille en soi, et montre
Comme l’œuvre d’Amour parfait la Nature.

(Elizabeth Browning)

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FAÏNA (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Jean Jacques Henner
    
FAÏNA

J’étais confus, j’étais joyeux.
Et ta soie sombre me hantait,
Lorsque ton lourd rideau enfin
S’ouvrit — le théâtre se tut.

D’un feu vivant nous sépara
Le cercle de la rampe clair,
Et la musique a enflammé
Ton visage transfiguré.

De nouveau les chandelles brillent,
Et l’âme est seule, l’âme est aveugle…
Et tes épaules scintillantes,
Et la foule, enivrée de toi…

Tu es l’étoile fuyant le monde,
Au-dessus de la plaine — au loin…
Et la lyre d’argent tressaille
Et frémit dans tes mains tendues…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Alors mon âme s’écria (Zelda)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



Illustration: Ron Mueck
    
Alors mon âme s’écria :
Lèvres calcinées —
Vous êtes d’un côté,
Et l’univers de l’autre,
L’univers entier de l’autre côté.
Car dans cette chambre
inondée de soleil,
Je me tenais si près d’elle
que ma bouche touchait son visage
transfiguré par les affres de la mort.
Elle prononça mon nom
d’une voix
gisant au fond de l’océan,
d’une voix lointaine, assourdie
qui fit voler en éclats
les miroirs d’argent,
lèvres fumantes
qui épelèrent mon nom.

(Zelda)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: L. Schechtman
Editions: Gallimard

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Oui, un mystère, les yeux, les tiens (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017



Oui, un mystère, les yeux, les tiens.

Ils t’ont été donnés pour voir,
Voici qu’eux-mêmes ils donnent à voir !

Faut-il croire qu’ils sont donnés
Pour égaler la beauté qu’ils captent ?

Que la lumière qu’ils reflètent
Doit être par eux transfigurée ?

Que tous les dons qu’ils ont reçus
Doivent devenir don à leur tour ?

Brûlant mystère du Regard premier !

(François Cheng)

 

 

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Tu possèdes tous les noms mais n’as qu’un seul visage (Djamal Amrani)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2016



Tu possèdes tous les noms mais n’as qu’un seul visage
– un visage à emballer à atterrer le ciel. Tu dépeuples mon coeur. –
Rien ne surnage. Il n’y a plus rien derrière aujourd’hui
plus rien que le long bâillement de mon masque. Tout dort.
Tout baigne dans la nuit. Je suis dépouillé et je vois avec des yeux futurs.
Je regarde le peigne glisser dans tes cheveux.
Ta voix donne sur la mer. Je sors de moi et des miens.
Oh! laisse-moi voir le visage transfiguré de mon adolescence.
Oui tout s’éveille à présent.
Tout s’éclaire dans la nuit que la lumière assiège.

Ma présence s’est précipitée dans une autre présence
notre unité immense franchit le temps.

(Djamal Amrani)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

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Oubliant sur mon coeur (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2016



Oubliant sur mon coeur la force de tes formes
Ô que toute une nuit, je voudrais que tu dormes,
Et que rêve de moi, cher corps tout détendu,
Ton âme simple errant dans le temps suspendu.

Heureuse entre mes bras, tu songerais d’y être,
Et croyant me saisir, pourtant tu me tiendrais,
Et tu te presserais à moi sans reconnaître,
Respirant tes soupirs, ma présence aux bras vrais.

Ton aveugle désir te ferait deux fois mienne,
Et je te redirais chaque mot qui te vienne
Par ta lèvre dormante à peine murmuré,
Vivant un tel bonheur calme et transfiguré

Qui semble à l’infini comme une onde s’étendre,
Que mes larmes tombant sur ta paupière tendre
T’éveilleraient peut-être en plein songe d’amour,
Et nous serions un seul, dans l’ombre, jusqu’au jour…

(Paul Valéry)

Illustration: Henri Matisse

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DE LA PRIÈRE (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2015



DE LA PRIÈRE

Tu me demandes comment prier quelqu’un qui n’est pas.
Je sais que la prière construit un pont de velours
En le traversant on voltige comme sur un tremplin
Au-dessus de paysages couleur d’or mûr
Transfigurés par l’arrêt du soleil.
Ce pont conduit vers la rive du Retournement
Où tout est à rebours et la parole « est »
Découvre son sens à peine pressenti.
Tu remarqueras que je dis « on ». Chacun, séparément,
A pitié des autres, prisonniers du corps
Et sait que s’il n’y avait d’autre rivage

Il aurait pris ce pont au-dessus de la terre.

(Czeslaw Milosz)


Illustration: Mejdaben

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