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NE REFUSE JAMAIS (Francis André)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



 

NE REFUSE JAMAIS

Ne refuse jamais
Les pas, les humbles pas
Que, parfois, font vers toi
Les bêtes qui t’entourent :
Ton cheval, ton chien ou ton chat,
Ou cet oiseau perdu, transi,
Qui vient frapper à ta fenêtre.

Ne refuse jamais
L’humble parfum que tend vers toi
Un brin de fleur sur ton chemin.
Ne refuse jamais
De donner ta main à cet homme
Que tu croises sur ton chemin,

Sur le chemin des terres éternelles.
Songe à cet homme qui vient de loin,
De par-delà mers et montagnes
Quel est cet homme ? on ne sait pas,
Mais il est ton frère ici-bas.

Donne-lui ta main en passant,
Donne-lui ta main et tes yeux,
Et puis va-t’en, et lui s’en va,
Et vous vous perdez l’un et l’autre…
Mais il y a eu quelque chose:

— Un moment humain qui demeure.

(Francis André)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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NOCTURNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



NOCTURNE

Personne… La pluie… une chouette pleure dans le vide,
Sur un toit en pierre, ruisselant, plein d’échos dans la nuit,
A l’heure d’autrefois s’entrecoupent des ombres humides,
Et sous un porche je m’assoupis, tout mouillé, tout transi.

Les gouttières sonnent la folie en le vent automnal…
Et soudain, un tourbillon… une alchimie éclot, rapide…
A l’heure d’autrefois s’entrecoupent des traces humides.
Une ville de pierre dort… et toutes choses font mal.
Personne… La pluie… une chouette pleure dans le vide.

(George Bacovia)

 

 

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CRÉPUSCULE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



CRÉPUSCULE

Vois les corbeaux — ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco —
Ils passent dans la nuit, s’enfuient
Par-dessus la ville transie,

Et tout au loin ils disparaissent…
Cependant que toute d’argent
Dans le crépuscule d’argent
La lune s’allume et caresse

De rayures couleur d’argent
Le vaste et lugubre caveau…
Ah ! ma chérie, ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco…

(George Bacovia)

Illustration

 

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DEHORS (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Claude Monet _ La Pie

DEHORS

Aïe ! l’air transi,
la cloche dans le froid,
les yeux sous le givre !

Dedans, auparavant,
la maison était corps
et le corps était l’âme.

Aïe ! la terre blanche,
le silence, la fumée
élevant le foyer !

En route, maintenant,
l’âme devient le corps,
et la maison est l’âme.

***

FUERA

¡Ay, el aire yerto,
campana en el frio,
ojos en la escarcha!

En lo dentro, antes,
la casa era cuerpo
y el cuerpo era alma.

¡Ay, la blanca tierra,
el silencio, el humo
que al hogar levanta!

Ahora, caminando,
es el alma cuerpo,
la casa es el alma.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration; Claude Manet

 

 

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Nostalgie de toi (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

Steve Cieslawskis (31)

– Nostalgie de toi, monde
présent — hélas, passé ! —
comme de mon enfance
et de ma jeunesse !

— Quel jour
avant-dernier du monde, celui
où les hommes transis
d’un tropique de neige,
sauront encore, par moi,
ce que sont le soleil
et les fleurs d’aujourd’hui — hélas, d’hier ! —

Nostalgie — des derniers hommes —
de toi, monde présent — hélas, passé ! —
comme de mon innocence
et de mon amour !

***

¡Nostaljia de ti, mundo
presente —iay, pasado!—,
como de mi niñez
y de mi juventud!

—¡Qué día
penúltimo del mundo, éste,
en que los hombres yertos
de un trópico de nieve,
sepan aún, por mí, del sol
y las flores de hoy — iay, de ayer! —

¡Nosta jia — de los hombres últimos—
de ti, mundo presente —iay, pasado!—,
como de mi inocencia
y de mi amor!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Steve Cieslawskis

 

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DE TOUS CES TEMPS… (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



DE TOUS CES TEMPS…

Je reste là, transi, songeur…
L’hiver terrible nous assiège,
La misère épanche ses pleurs,
Aux fenêtres brille la neige.

Les nuits déchaînent leur fureur…
De tous ces temps, leurres et pièges,
Qui donc cherche encor la grandeur ?
Aux fenêtres brille la neige.

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos
 

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La terre est nue, et l’âme hurle à l’horizon pâle (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



La terre est nue,
et l’âme hurle à l’horizon pâle
comme une louve famélique.
Que cherches-tu, poète, dans le couchant?

Amère marche, car le chemin
est lourd à mon coeur! Le vent glacé,
et la nuit qui survient, et l’amertume
de la distance!… Sur le chemin blanc

quelques arbres transis font une tache noire;
sur les monts lointains
il y a de l’or et du sang… Le soleil est mort…
Que cherches-tu, poète, dans le couchant?

(Antonio Machado)

Illustration: Jan Balet

 

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Que m’est la musique (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir

    

Que m’est la musique
Des tendres louanges,
Des vagues d’amour
Qui en chants s’effrangent,

Puisque tes deux mains
M’appellent là-bas,
D’où viennent les sons,
D’où viennent les vagues,

Et le lin du soir
Est un corps transi
Dans le halo blanc
Où ton coeur frémit ?

***

 

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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L’AMOUR, AU SOIR, INSPIRE LE РOÈTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



    

L’AMOUR, AU SOIR, INSPIRE LE РOÈTE

Au coeur de la forêt se taisent les corneilles;
Mon âme a délaissé ses plus sombres soucis,
La lune vierge envoie ses baisers indécis,
Ses caresses vermeilles,
Aux branches que couronne un millier de bourgeons.
Sur ce nouvel amour glisse ton blanc visage,
Tout se tait : prés, bois, ciel. Aucun bruit. Nul orage.

Et se taisent aussi les plus fières chansons.
Mais finiront un jour ces exquises merveilles,
Ce miracle éternel. Par de nouveaux soucis
Les coeurs seront transis.
As seront pris d’assaut comme le sont les treilles
Que la corneille coiffe. Et la lune en déclin
Mon rêve entraînera. Le combat sera triste.

Et sur ce point, j’insiste :
Il sera, je le sais, décidément mesquin.
Je suis Dieu, infime clochard. J’attends la brune…
Pour créer de mes mains une nouvelle lune.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Ma chérie (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration: Carolus Duran
    
Ma chérie

C’est vrai que les pétales se rejoignent, le soir.
Je ne voulais même pas t’embrasser,
Juste te sentir ici, près de moi,
Comme le petit enfant aime sentir sa mère.
Le poirier sauvage se mêle à la branche greffée,
Moi aussi, je suis devenu meilleur, depuis que tu m’as greffé tes baisers.
Mon adorée,
Et je suis plus beau, aussi, comme la nuit
Est plus belle grâce à ses astres innombrables.

Tu es la chaleur : un vent printanier qui annonce la pluie,
Qui enseigne aux enfants le jeu du chat perché
Et redresse les herbes embourbées.
Il y a longtemps que l’horizon broussailleux de mon torse t’attendait,
Tantôt affamé, tantôt transi de froid,
La horde des passions donnait des coups de cornes
Maintenant, la voilà
Paissant paisiblement dans le pré
Tes mots de lys, de giroflées.

Car tu es venue, oui,
Tu devais venir, mon Adorée.
Il fait encore sombre
On ne voit même pas notre souffle,
Mais déjà sur notre fenêtre s’épanouissent des fleurs de givre.
L’aube se lève au dehors,
Et mes lèvres parlent encore la langue des baisers.

(Attila Jozsef)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le mendiant de la beauté
Traduction: Francis Combes, Cécile Guichard, Georges Kassai
Editions: Le temps des cerises

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