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Poésie

Posts Tagged ‘transmigration’

Cher coeur, reine du céleri et de la huche (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Cher coeur, reine du céleri et de la huche,
petite panthère du fil et de l’oignon,
que j’aime voir briller ton minuscule empire,
les armes de la cire et de l’huile et du vin,
de l’ail, et de ce sol que tes mains ont ouvert,
de la substance bleue qu’elles ont allumée,
de la transmigration du songe à la salade,
du serpent enroulé du tuyau d’arrosage.
De ta faucille tu soulèves les senteurs,
je te vois présider au savon dans la mousse,
tu gravis mes échelles et mes escaliers fous,
et tu découvres dans le sable du cahier,
fouillant les symptômes de ma calligraphie
les lettres égarées qui ont cherché ta bouche.

***

Corazón mío, reina del apio y de la artesa :
pequeña leoparda del hilo y la cebolla :
me gusta ver brillar tu imperio diminuto,
las armas de la cera, del vino, del aceite,
del ajo, de la tierra por tus manos abierta,
de la substancia azul encendida en tus manos,
de la transmigración del sueño a la ensalada,
del reptil enrollado en la manguera.
Tú, con tu podadora levantando el perfume,
tú, con la dirección del jabón en la espuma,
tú, subiendo mis locas escalas y escaleras,
tú, manejando el síntoma de mi caligrafía
y encontrando en la arena del cuaderno
las letras extraviadas que buscaban tu boca.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Je suis en tout (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2016



Je suis en tout, tout est en moi,
Hors de moi, il n’y a rien.

Je me suis dilaté à la mesure des trois mondes,
Et la transmigration est le jeu que je joue…

Les six systèmes ne décrivent que mon vêtement :
Je suis transcendant, sans formes ni division.

Je me suis donné à moi-même le nom de Kabîr,
Moi-même, j’ai donné cette manifestation de moi-même.

(Kabîr)


Illustration

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UN ADMIRABLE SECRET (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



 

Stéphane Quoniam 5373_1

UN ADMIRABLE SECRET
(sur des aquarelles de Stéphane Quoniam)

Mille étoiles
Naissent de nulle part
Tout ce qui a existé
Se retrouve ici
Regardez
Personne ne regarde assez
Personne
Ne regarde jamais assez
Cette douceur dans l’emportement
Voilà la grande métamorphose
La transfiguration du labyrinthe
Un lieu de passage
De tous les passages
Pour émerger
Des eaux boueuses
Pour que la pluie
Retourne dans le ciel
Pour hâter l’apparition
De tout ce qu’on porte en soi
Pour brûler les étapes
Pour redevenir
Incarnation incantation
Pour muer mutant
De transmigration
En transmutation
Pour un vrai bouleversement
Un abandon à tout
N’être plus
Qu’aléa
Anicroche
Aria
Détente éclaircie
Élévation embellie
Avec la craie de la vie
Descendre vers l’été
Tourbillonner
Les yeux fermés
Désordre et détachement
En exode de tout

(Zéno Bianu)

Illustration: Stéphane Quoniam

 

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