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Poésie

Posts Tagged ‘transmuer’

UN INFINI CHAGRIN (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Lawrence Alma-Tadema
    
UN INFINI CHAGRIN sort des passes d’amour
Même riches de coeur, et grandit la méprise
A partir des toisons d’un piédestal sacré
Sur lequel nue on a installé la déesse;

Les charnelles poussées en mourant se déplacent
Et doivent dans le non-charnel avoir accès
Pour finir apaisement tremblant : qu’elles reforment
Dans un beau vers noirci tout l’émoi transmué!

Le vers qui dit le seul Amour sans un objet
La seule effusion dans le sein de mon père
Participant à notre plus triste secret.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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S’unir à la sphère bleue (Margarita Guarderas de Jijon)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



ouvrir la paroi, le battement constant,
lorsque l’orage plane en haut avec la lumière,
rythmer sa voix comme le paysage qui s’étale,
s’unir à la sphère bleue qui le transmue.

(Margarita Guarderas de Jijon)

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L’intelligence entre deux êtres (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Alain DENEFLE
    
L’intelligence entre deux êtres
transmuée en grâce, quand ils se regardent
et échangent en offrande
avec la pureté d’une amande émondée
le sens précis des choses cueilli dans leur aube
et qu’ils chantent l’unisson, l’accord
au-delà du dialogue, au-delà du litige…

***

L’intelligenza tra due
quando tramutata in grazia si guardano
e si scambiano come offerta
con nitore di mandala mondata
il senso preciso delle cose spiccato alla loro alba
e cantano l’unisono, il concorde
di là dal dialogo, di là dal diverbio…

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Parfois un cyprès pousse en toi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2017


vincent vangogh - Route avec cypres et ciel etoile

 

Parfois un cyprès pousse en toi

Consentant
tu porteras fruits
Foudroyé
tu deviendras torche

Si tu plonges en toi
– feuilles branches confondues
Par-delà tout oubli
Tu transmues
En chant

Le vent

(François Cheng)

 

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Un total silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Il y a ce matin
Sur le paysage
Un total silence
Egalant un appel –

Et tu voudrais
Le transmuer en chant.

(Guillevic)

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Fête (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2016



Fête

J’ai déployé mon orphelinage
sur la table, comme une carte.
J’ai dessiné l’itinéraire
vers mon pays au vent.
Ceux qui arrivent ne me trouvent pas.
Ceux que j’attends n’existent pas.

Et j’ai bu des liqueurs furieuses
pour transmuer les visages
en un ange, en verres vides.

(Alejandra Pizarnik)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Jean Béraud

 

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FÊTE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2015




FÊTE

J’ai déplié mon orphelinage
sur la table comme une carte.
J’ai dessiné l’itinéraire
vers mon pays au vent.
Ceux qui viennent ne me trouvent pas.
Ceux que j’attends n’existent pas.
Et j’ai bu des liqueurs furieuses
pour transmuer les visages
en anges, en verres vides.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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Aube intacte (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2015



 

ruines  20090424_144648_ [1280x768]

Aube intacte, tu t’avances
Sur les sables prudents,
Et la violence des fruits ne te menace pas,
S’enracine le soir,
Et son acre senteur
Me remonte le long du dos.
Elle m’est chère, ta ruine
Qui rend avares les fontaines :
Cette étendue désolée
A l’amertume monotone
Des jours détruits.
Je ne sais de quelles veines
Secrètes tu nourris la nuit
En aval, découvrant ton échine
Aride. Ô roche sûre,
Notre douleur ne transmue pas
La boue en genêt.

***

Intatta alba ti avvicini
Sulle sabbie prudenti,
Né ti minaccia la violenza dei frutti
Fa radice la sera
E il suo acre sentore
Mi risale sul dorso.
Mi è cara la rovina
Che fa avare le fond :
Questa brulla distesa
Ha l’eguale amarezza
Dei giorni distrutti.
Non so da quali nascoste
Vene tu nutri la notte
A valle e scopri la schiena
Deserta. Roccia certa
Il nostro dolore non muta
Limo in ginestra.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Le lézard (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



Le lézard, s’il s’élance
sous la grande ardeur
d’entre les chaumes —

la voile, quand elle gonfle
et s’abîme au saut
du rocher —

le canon de midi
plus ténu que ton coeur
et le chronomètre s’il
se déclenche sans bruit —

alors? Lueur d’éclair

vainement vous transmue en chose
riche et singulière. Tout autre était ta marque.

***

Il ramarro, se scocca
sotto la grande fersa
dalle stoppie –

la vela, quando fiotta
e s’inabissa al salto
della rocca –

i1 cannone di mezzodi
più fioco del tuo cuore
e il cronometro se
scatta senza rumore –

e poi? Luce di lampo
invano puô mutarvi in alcunché
di ricco e strano. Altro era il tuo stampo.

(Eugenio Montale)

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