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Poésie

Posts Tagged ‘transparence’

VAGABONDAGE (Pascale Finck)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

David Hockney -lg

VAGABONDAGE

Pur est le moment d’un vagabondage
Glisser sur un sentier sans savoir où aller
Les pas comme points de suspension
Tous ces éclats de liberté, jaillissent, pétillent…

Cueillir le chant d’un coucou, susurrer l’odeur du sous-bois
Admirer l’oraison des arbres, goûter l’air frais sur sa peau
Enfouir ses mains au fond d’une poche et serrer très fort
Tous ces trésors…

Voyager entre sens et absence…
Réveiller l’essence de son être

Vivre en transparence dans la clarté du jour.

(Pascale Finck)

Illustration: David Hockney

 

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MIROIR (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Christiane Rabasse
    
MIROIR

L’évidence du blanc est aussi obscène
que l’été littoral de l’adolescence.
La chaux coagulée dans les bassins attire
les mouches que le soir n’effraie pas.
Avec un manche à balai, je les repousse
vers le fond, encore vivantes, et je les vois
disparaître dans la matière immaculée. Parfois,
lors de ces fins de journée, le vent se lève,
agite les branches des amandiers où
les fruits commencent à sécher; ici et là, les
feuilles voltigent. L’eau de la chaux acquiert
une transparence inattendue, et
un visage surgit dans son miroir : toi,
que le temps a emportée il y a longtemps, tu me regardes,
de nouveau, comme si tu n’avais jamais
cessé de le faire.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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PHOTOGRAPHIE (extérieur) (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
PHOTOGRAPHIE (extérieur)

Auparavant la vérité
descendait la colline sur les paroles du berger ;
et les brebis n’étaient pas seules à les saisir. Je me
souviens
de ces collines vertes
sous les pluies du printemps, glaciales par vent
d’avril et lumineuses comme le soleil du nord. C’était
un matin. Les femmes préparaient encore le
four à pain — et déjà un rythme obscur annonçait
la naissance des fruits, c’est-à-dire,
l’équivoque de la faux au moment
de la récolte.
C’étaient bien ses paroles. Un
mouvement qui parcourait la surface
des rizières, qui ridait l’échine
des dunes, qui repoussait les mouettes vers
l’estuaire. Cependant, les vieux
le comprenaient; et quelques innocents, dont
l’esprit se confondait à la transparence
de l’eau, répétaient ce qu’il disait en un murmure
de ruisseau. Mais ce n’était pas à eux qu’il
s’adressait.
Il évita l’ambiguïté, les sens complexes
de la philosophie, le fond noir
du poème. De fait, il n’allait jamais jusqu’au bout
de ses histoires — comme s’il ne pouvait pas
les terminer.. ou qu’il ne savait plus rien, au-delà
de ce que nous savons, maintenant que nous sommes peu
à se souvenir de lui. Moi, pourtant, je l’ai revu —
assis sur ce banc de gare, feuilletant un vieux
journal et suçant un vieux mégot —
avec le souffle avide d’un apprenti
en hésitations.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Dans la barque oubliée (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021



Illustration: James Jacques Joseph Tissot
    
Dans la barque oubliée,
le fil des reflets
nous emporte le
long des rives
aux verts contrastés.

Jaillissent des boutons rosés,
curieux, par milliers,
tendus vers le bleu du ciel.
Avec urgence
ils froissent leurs pétales de soleil.
Les friselis des arbres fleurissent
retiennent leur rire
devant le vert franc
des nuages de canopée bien taillés.

bambous
bambous noirs
bambous
bambous droits
pulse le vert tendre

A travers les entrelacs des branches
la transparence s’apprivoise.
Elle verdit
au plus près des nervures,
le grand écart de la sève
qui n’attend plus.

Lumière à ne plus savoir
à voguer sur l’instant
à fermer nos paupières chlorophylles.

Les pierres ont guidé nos errances.
Le pont moussu n’a pas arrêté notre barque
et sans cesser
la lumière douce du couchant
nous berce encore dans son sillage.

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Au pays d’avant-naître (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



 

M. Alberich Mathews  sg0sw

au pays d’avant-naître
l’écho
de la transparence
oscille entre deux éternités

nous errons
la mort ouverte
de l’autre côté du temps
dans la lumière craintive
d’une genèse renversée

(Zéno Bianu)

Illustration: M. Alberich Mathews

 

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Les images (Marie Le Franc)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



 

Construction site. 228x200cm. Oil and mixed media on canvas. (2009)

Les images

Je vis en un monde d’images:
Dans le domaine de l’abstrait,
Chaque idée à mes yeux paraît
Aussi concrète qu’un visage.

Au fond de sa cloche en cristal
A la transparence irisée,
Visible à peine, ma pensée
Possède un battant de métal.

Et mes sens sont une palette
Aux tons étrangement mêlés
que mes doigts chauds font ruisseler
Sur le gris de l’idée abstraite.

Des symboles mystérieux
Comme d’un arbre se détachent,
Et de l’or mouvant de leurs taches,
Tourbillonnent devant mes yeux.

Dans le chemin de la pensée,
Entre les lances des ajoncs,
J’entends éclater les bourgeons
De mes métaphores osées.

(Marie Le Franc)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Sous quel arbre êtes-vous arrêtée (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



sous quel arbre êtes-vous arrêtée
regardant une feuille en transparence
et songeant à vos veines

en silence vos gants vos bagues
vous ont quittée
pour que le froid
vous soit nouvelle douceur et bijou

maintenant la promenade vous brise
à tous les coins de rue

(Jean-François Mathé)

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Apporte-moi (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



 

Apporte-moi la plante qui nous mène
là où surgissent de blondes transparences
et s’évapore la vie telle une essence ;
apporte-moi le tournesol affolé de lumière

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Victor Wang

 

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La métaphysique du corps (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



La métaphysique du corps

La métaphysique du corps s’entr’aperçoit
dans les images. L’âme du corps
module en chaque fragment sa musique
de sphères et d’essences
au-delà de la simple chair et de simples ongles.

Dans chaque silence du corps on identifie
la ligne du sens universel
qui à la forme brève et transitive imprime
la solennelle marque des dieux
et du rêve.

Parmi les feuilles, on surprend
dans la dernière nymphe
ce qui dans la femme est encore branche et rosée;
et, plus que nature, pensée
de l’unité initiale du monde:
femme plante brise mer,
son être tellurique, spontané,
comme si elle était un rameau de l’arbre
infini qui condense
le miel, le soleil, le sel, le souffle âcre de la vie.

Dans l’extase et le tremblement plonge le regard
devant la lumineuse fesse opalescente,
la cuisse, le ventre sacré, assigné
à l’office d’exister, et puis tout ce que le corps
résume de l’autre vie, plus florissante,
dans laquelle nous avons tous été terre, sève et amour.

Voici ce que révèle l’être, dans la transparence
de l’enveloppe parfaite.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Théodore Chassériau

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Pour transformer l’absence (Isabelle Courteau)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020


absencejpg

Comment échapper au somnambulisme
D’une souffrance qui, sans répit, nous tance
Nous tient à un voir sans voir
Faux cristal à fendre telle une eau
Pour retrouver le sans éclat
Seule, la contrainte, de l’intérieur
Qui s’allume, s’éteint, puis
S’allume pour s’éteindre.

Le deuil ne finit pas
Nos constructions d’images profondes chancellent
Au-dessus des douleurs profondes
Pas de froid qui morde, ni de vent du nord
Que la difficile joie d’une lumière
Qu’une transparence secrète
Pour être ici autant que là
Mélange.

N’être que fidèle au fond obscur
Malgré mon attention toujours insuffisante
A ce qui sourd et se compose dans l’épaisseur
Centre qui se présente
Comme à la périphérie oculaire
Le regard orgueilleux de sa prise
Défait sans cesse.

La peine de l’exil est si vraie
Mais les larmes sont d’un grotesque théâtre
Ce qui est prison, est éclatement
Ce qui est danger, est liberté
Tu trouveras rien,
Ce rien qui aura épuisé.
Ta soif ne sera que grondement sourd.

A ce silence, tu auras donné ton silence qui,
Dans ton absence, est encore ce que tu m’as laissé
Dans une approche d’une abrupte douceur
Quelque chose qui dit oui.

(Isabelle Courteau)

Illustration

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