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Poésie

Posts Tagged ‘transparence’

Transparence obscure (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020


La table reste boiteuse
souffle le vent d’est
un papier vole
couvert d’écriture illisible.
La femme gantée de laine
poitrine comprimée invisible
reste toute vêtue sauf le visage.
La transparence obscure du temps
pour aujourd’hui
garde l’espérance sur les îles
à fleurs maigres.

(Jean Follain)

Illustration

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Qui était et n’est plus derrière les mains qui font signe ? (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Qui était et n’est plus derrière les mains qui font signe ?
Un coup de vent fit hésiter le paysage
dont la caresse plaisait aux vitres,
et dans la transparence il n’y eut plus rien.

Maintenant, le vide devient une question qui s’étend
et mange les réponses jusque dans notre bouche.
Demain le reste du corps sera repris et bougé douleur par douleur,
aussi faible qu’une fumée en plein ciel dénouée de sa source de feu.

(Jean-François Mathé)

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REGENERATION (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Nicholas Roerich  0

REGENERATION

Je dois être seul, seul, seul,
Refondre chaque corps opaque dans la transparence
Et les sons ne seront
A mes yeux peut-être que des étoiles hivernales.

Je dois être seul, seul, seul,
Pour oublier la pensée, la parole
Et ne plus ressentir en moi que le seul faste
De l’univers muet : la Croissance.

Je dois être seul, seul, seul,
Ce qui était caché, il me faut le trouver,
Non par la pensée — par le silence,
Comme avec la prière dans la quête du sacré.

Je dois être seul, seul, seul,
Me connaître en l’éternité et l’éternité en moi-même,
Déployer dans l’infini mes ailes transparentes,
Capter en moi la paix de l’au-delà.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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LA GRANDE MIGRATION (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020




    
LA GRANDE MIGRATION

À perte de nuit la nuit froide et claire
On entend caqueter très haut un long vol d’oies sauvages
en figure de proue (la tribu navigue en forme de V
et les vieux jars expérimentés se relaient

pour ouvrir la route du vol en éperon)
Malgré la transparence obscure de l’espace
on ne voit pas la flottille bruissante d’ailes
qui tient son cap patient vers le lointain sud

mais seulement les feux de position
des autres grandes migratrices au-dessus de nous
les silencieuses les très froides les étoiles de la Galaxie
qui dérivent inexorablement dans l’Univers en expansion

Et toi et moi nous deux ensemble
à cet instant où nous nous croyons immobiles
nous faisons pourtant route nous aussi nous migrons
Vers quelle saison ? Vers quel rivage ? Vers quel silence ?

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Nues (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


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Aux imminentes nues
l’été se révèle transparence
De la chair fragrance
plus que le toucher aérienne

Par les brèches des ruines
arrivent les senteurs d’orage
Soif devenant don
hors-ciel dahlias du jour …

Aux imminentes nues
la terre soudain s’ouvre aux larmes
Proche du corps du coeur
pluie de pétales, extase d’étoiles

(François Cheng)

Illustration

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J’aime toute la vie (Philippe Garnier)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019


groseilles

J’aime toute la vie
la vie
la vie
sa beauté de groseille
éclatée
de sang perlé
à ton oreille
ses reflets d’or ensanglantés
la transparence
des jupes
qui est complice du soleil
J’aime les mots
qui pétillent
les mots très hauts
comme les étoiles écarquillées
les mots qu’on boit
lentement comme de la limonade
les yeux fermés tu sais
avec une paille
le style
le style
d’huile bouillante
et d’eau troublée
le style de perle nue
de coquillage
le style qu’on voit dans l’oeil des billes
celui qu’on boit tout cru
dans la bouche
des filles

 

(Philippe Garnier)

 

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Dans la transparence de mon coeur (Hanazono)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Dans la transparence de mon coeur s’en est allée la nuit
Tournée vers elle pourtant j’en oubliais la lune

(Hanazono)


Illustration

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MON FILS, AIME ET COUPE-TOI LA LANGUE (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Hu Jun Di   0

MON FILS, AIME ET COUPE-TOI LA LANGUE

Mon désir d’elle
la fait ressembler à une carafe d’eau glacée
qui circule en plein midi
à la terrasse d’un café.

Mon désir d’elle la pose sur la table
telle une cathédrale claire et fragile,
le litre et le verre.

Mais mes lèvres balbutient de soif
et cette transparence est pour mon esprit
une nuit au milieu du jour.

*

Le soleil est fou de la fraîcheur des carafes.
Elles s’environnent d’une écorce de buée.
Ainsi ta pudeur,
ainsi mon regard.

(Maurice Chappaz)

Illustration: Hu Jun Di

 

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LE BASSIN NOIR (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



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LE BASSIN NOIR

Laisse le Printemps rire en sa gaîne de pierre
Et l’Hiver qui sanglote au socle où il est pris
Jusqu’au torse, et l’Été, grave en ses noeuds fleuris,
Près de l’Automne nu qui s’empampre et s’enlierre;

Laisse la rose double et la rose trémière
Et l’allée à dessins de sable jaune et gris
Et l’écho qui répond au rire que tu ris,
Et viens te regarder dans une eau singulière.

Elle occupe un bassin ovale et circonspecte;
Nulle plume d’oiseau et nulle aile d’insecte
Ne raie en le frôlant l’ébène du miroir,

Et, de sa transparence où sommeillent des ors,
Tu verrais émerger d’entre son cristal noir
Le Silence à mi-voix et l’Amour à mi-corps!

(Henri De Régnier)

Illustration

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Ode à la jeune lumière (Eliséo Diego)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Ode à la jeune lumière

En mon pays la lumière
est beaucoup plus que le temps, elle s’attarde
avec une étrange délectation sur les contours
militaires de toute chose, sur les vestiges épurés du déluge

La lumière dans mon pays résiste à la mémoire
comme l’or à la sueur de la cupidité,
elle se perpétue en elle-même, nous ignore
depuis la différence de son être, sa transparence.

Quiconque courtise la lumière avec rubans et tambours
en s’inclinant de-ci de-là selon la ruse
d’une sensualité archaïque, immémoriale,
perd son temps, jette ses arguties aux flots
tandis que la lumière, tout à elle-même, dort.

Car dans mon pays la lumière ne regarde pas
les modestes victoires du sens,
ni les désastres raffinés du sort,
elle s’amuse de feuilles, de petits oiseaux,
de coquillages, de reflets, de verts profonds.

Aveugle, la lumière, dans mon pays,
illumine son propre coeur inviolable
sans se soucier de gains ni de pertes.
Pure comme le sel, intacte, fièrement dressée,
la chaste, démente lumière effeuille le temps.

(Eliséo Diego)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos

 

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