Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘transparent’

IL Y AVAIT DES FEMMES… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



Il y avait des femmes, grandes et maternelles.
Mystère de leurs jupes douces sur mes bras nus.
Et le soleil ! Les guêpes, prisonnières du couchant,
Glissaient parmi les peines anciennes de la vitre,
Traversaient le losange que chaque été reforme,
Immerge dans la crête transparente des bois.
Un fleuve qui éclate sans troubler mon sommeil
Et s’allonge sans bruit sur le plâtre. Des surprises
Dans les lauriers mouillés. Et puis de ferroviaires
Aventures, au petit jour, tandis que brûlent
Le dernier visage, la dernière porte.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon coeur (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



D’un claquement j’ai étiré la chemise
et tandis qu’elle sèche mon coeur au soleil
devient transparent de blancheur

(Tawara Machi)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Jade (Bian Shoumin)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019



Jade lisse au toucher
Soumis aux mille caresses

A toi-même transparent
Tu caresses un seul rêve…

(Bian Shoumin)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Astrolarme (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Astrolarme

Larme
en suspens
rosée
des yeux
goutte de
lait
nectar
du sein
oeil
d’OEdipe
lavé
du sang
galet
transparent
roulé
dans la mer

***

Astrolâgrima

Lagrima
suspensa
orvalho
dos olhos
gota de
leite
néctar do
peito
olho de
Édipo
lavado
do sangue
seixo
transparente
rolado
no mar

(Teresa Rita Lopes)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Neige de mai (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Neige de mai

Une couche transparente se pose
Sur l’herbe neuve, et fond.
Cruel printemps de glace,
Toi qui tues les bourgeons pleins de sève.
Si atroce, la vue de la mort jeune,
Je n’arrive plus à regarder le monde.
J’ai en moi la tristesse que le roi David
En un geste royal offrit aux millénaires.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Henri Matisse (La tristesse du Roi David)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

LE POEME (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



 

LE POEME

Je parle pour boucher les trous de ton étoffe
amour
je continue mon sommeil animant
Si tu ne viens pas
que sera ma strophe
un rail de plainte interminable
hache de sanglots contre mes lecteurs
Le centre du temps est un arbre atroce un arbre de sable
où germent les clous le cœur est torture véloce un mot nous broie les genoux
Si tu ne viens pas je parle et j’existe
quel feu donnera
ce bois d’orgue triste
j’écris pour appeler un temps plus beau que nous
Et pour les transparents qui souffleront l’argile.

(Jean Sénac)

Illustration: Rafal Olbinski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Tu vas par la montagne ainsi que vient la brise (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Tu vas par la montagne ainsi que vient la brise
ou le brusque courant qui descend de la neige
et ta palpitante chevelure confirme
les ornements altiers du soleil dans les feuilles.

Tout l’éclat du Caucase est tombé sur ton corps
comme dans un interminable petit vase
où l’eau changerait de chant et de vêtement
à chaque mouvement du fleuve transparent.

Par les montagnes le vieux chemin des guerriers
et en bas furieuse brille comme une épée
l’eau, entre des murailles de mains minérales,

jusqu’à ce que tu reçoives soudain des bois
le bouquet ou l’éclair de quelques fleurs d’azur
et l’insolite flèche d’un parfum sauvage.

***

Por las montañas vas como viene la brisa
o la corriente brusca que baja de la nieve
o bien tu cabellera palpitante confirma
los altos ornamentos del sol en la espesura.

Toda la luz del Cáucaso cae sobre tu cuerpo
como en una pequeña vasija interminable
en que el agua se cambia de vestido y de canto
a cada movimiento transparente del río.

Por los montes el viejo camino de guerreros
y abajo enfurecida brilla como una espada
el agua entre murallas de manos minerales,

hasta que tú recibes de los bosques de pronto
el ramo o el relámpago de unas flores azules
y la insólita flecha de un aroma salvaje.

(Pablo Neruda)

Illustration: Fabienne Contat

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Eau transparente (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019



Illustration: Josh Fancher
    
Eau transparente
vie intense écumant
eau transparente.

***

Transparant water
hevig opschuimend leven
transparant water

***

Agua transparente
ajetreada vida burbujeando
agua transparente

***

Transparent water
fiercely foaming up of life
transparent water

***

Acqua trasparente
fa schiuma di vita
acqua trasparente

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

CELUI QUI FUT RÉVEILLÉ PAR LES CHANTS AU-DESSUS DES TOITS (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



CELUI QUI FUT RÉVEILLÉ PAR LES CHANTS AU-DESSUS DES TOITS

Matin, pluie de mai. La ville est encore silencieuse
comme un chalet de montagne. Les rues le sont aussi.
Et dans
le ciel un moteur d’avion qui gronde en bleu et gris. –
La fenêtre est ouverte.

Le rêve où repose le dormeur
est alors transparent. L’homme s’agite, cherche
à tâtons les outils de l’attention – presque dans l’espace.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Mitty Desques

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AU VENT SUR LA PIERRE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



AU VENT SUR LA PIERRE

Sur le rocher nu
et dans les cheveux
un vent
de pierre et de vague.
Tout a mué au fil des heures.
Le sel a été lumière salée,
la mer a épanoui
ses nuages,
le ciel
a déversé de tout son haut l’écume verte:
comme une fleur
clouée à quelque
lance d’or
le jour flamboie :
tout
est
cloche, coupe,
vide qui monte,
coeur transparent,
pierre
et
eau.

(Pablo Neruda)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :