Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘transparente’

Une goutte de feu (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019


soleil10

Etre la source invariable et transparente
Toujours être au coeur blanc une goutte de sang
Une goutte de feu toujours renouvelée

(Paul Eluard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 2 Comments »

Chanson pour une amoureuse nue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



C’est une femme bleue
appuyée aux cheveux.

C’est une femme rouge
appuyée à l’épaule.

C’est une femme nue.
Tu lui donnes ton nom.

Ma douleur vaillante
prisonnière, debout.

Une femme sur ma route.
Tu lui donnes ton visage.

Je te cherche, elle répond.

C’est une femme
transparente
appuyée
à la lampe.

C’est une femme
étendue
qur qui rêve
le ciel.

C’est une femme
endormie
sur qui tu
marches seule.

C’est une femme
renouvelée
pour qui tourne
la terre.

C’est une femme
inconnue
les mains rongées
de fruits.

(Edmond Jabès)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je vous écris d’un pays pesant (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Aussi belle que la main de l’aimée
sur la mer.
Aussi seule.

J’écris pour vous.
La douleur est un coquillage.
On y écoute perler le cœur.

J’écris pour vous,
au seuil de l’idylle,
pour la plante aux feuilles d’eau,
aux épines de flammes,
pour la rose d’amour.
J’écris pour rien,
pour les mots luisants
que trace ma mort,
pour l’instant de vie
éternellement dû.

Aussi belle que la main de l’aimée
sur le signe.
Aussi seule.

J’écris pour tous.
Je vous écris d’un pays pesant
comme les pas du forçat,
d’une ville pareille aux autres
où les cris camouflés
se tordent dans les vitrines;
d’une chambre où les cils ont détruit,
petit à petit, le silence.
Vous êtes, destinatrice prédestinée,
ma raison d’écrire;
l’inspiratrice joyeuse du jour et de la nuit.

Vous êtes le col du cygne assoiffé d’azur.

Aussi belle que la main de l’aimée
sur les yeux.
Aussi douce.

Je vous écris avec la chair des mots accourus,
haletants et rouge.
C’est bien vous qu’ils entourent.
Je suis tous les mots qui m’habitent
et chacun d’eux vous magnifie avec ma voix.
J’ai besoin de vous pour aimer,
pour être aimé des mots qui m’élisent.
J’ai besoin de souffrir de vos griffes
afin de survivre aux blessures du poème.
Flèche et cible, alternativement.
J’ai besoin d’être à votre merci
pour me libérer de moi-même.
Les mots m’ont appris à me méfier
des objets qu’ils incarnent.
Le visage est le refuge des yeux pourchassés.
J’aspire à devenir aveugle.

Aussi belle que la main de l’aimée
sur le sourire de l’enfant.
Aussi transparente.

(Edmond Jabès)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Retouche à la gentillesse (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

Chelin Sanjuan 51

retouche à la gentillesse

arrêts du souvenir aux gares d’un instant
un visage sans nom nous offre son sourire
des paroles en feu sous nos mains transparentes

et l’on voit s’en aller toutes peines
sur les chevaux du vent montés par les sirènes

(Daniel Boulanger)

Illustration: Chelin Sanjuan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ODE DE MES PEINES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



ODE DE MES PEINES

Peut-être que quelqu’un, que quelques-uns
veulent savoir
quelque chose de moi.

Je m’interdis
de parler de mes peines.
Encore jeune, presque vieux
et suivant mon chemin
je ne puis
sans
épines
couronner
mon coeur
qui a tant
travaillé,
mes yeux
qui ont exploré la tristesse
et sont revenus sans pleurs
des embarcations
et des îles.

Je vais vous raconter comment
quand je suis né
les hommes, mes amis,
aimaient
la solitude, l’air
le plus lointain,
et la vague aux sirènes.

Je suis revenu
des
archipels,
je suis revenu des jasmins,
du désert,
pour être,
être,
être,
avec d’autres êtres,
et quand j’ai été,
non pas ombre ni évadé,
un humain, j’ai reçu les chargements
du coeur humain,
les perfides cailloux
de l’envie,
l’ingratitude servile de chaque jour.

Reviens, Monsieur, susurrent
de plus en plus lointaines les sirènes :
elles fouettent l’écume
et coupent de leur queue
argentée
la transparente
mer
des souvenirs.

Nacre et lumière mouillées
comme des fruits jumeaux
à la clarté de la lune enivrante.

Ah! et je ferme les yeux.

Le murmure du ciel dit adieu.
Je vais à ma porte recevoir des épines.

(Pablo Neruda)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La nuit me parle de toi (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017


femme

La nuit me parle de toi
elle ne me donne pas de rêves
pleins de femmes transparentes
mais elle m’apporte ton image
afin que ton absence
ne m’étrangle pas tout à fait.

Elle voit avec scandale
que je n’ai pas ton corps dans mes bras
et elle allonge près de moi
le fantôme de ta peau.

Elle me dit
qu’à force de t’aimer tu m’aimeras
et qu’ainsi cessera ma longue insomnie
sur ta présence réelle
et sur ton vrai sang.

(Alain Borne)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Vue des Anges (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Vue des Anges, les cimes des arbres peut-être
sont des racines, buvant les cieux;
et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre
leur semblent des faîtes silencieux.

Pour eux, la terre, n’est-elle point transparente
en face d’un ciel, plein comme un corps?
Cette terre ardente, où se lamente
auprès des sources l’oubli des morts.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La voix des feuilles (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



La voix des feuilles

La voix des feuilles
Une chanson
Plus claire un froissement
De robes plus claires aux plus
transparentes couleurs.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’arbre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



L’arbre le voici dans la pierre pure,
dans l’évidence et la dure beauté
bâtie pour cent millions d’années.

Agate, cornaline et luminaire
ont remplacé les sèves et le bois
et un jour le tronc du géant
a rejeté l’humide pourriture
et fondu en lui parallèle une statue:
le feuillage vivant
s’est dispersé
et une fois tombée la verticalité,
et brûlée la forêt, la poussière de feu,
cendre céleste, l’a enveloppé
jusqu’au moment où temps et lave lui ont remis
un prix de pierre transparente.

(Pablo Neruda)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AUTOPORTRAIT SANS MIROIR (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



AUTOPORTRAIT SANS MIROIR

I. Je passe

Je suis la femme transparente
Celle qu’on efface sans bruit
Et qui s’en va comme l’eau fuit
Pâle à trente ans comme à soixante.

Je suis la femme murmurante
Qui propose son faible appui
Et cause juste un brin d’ennui
Aux esprits libres qu’elle hante.

Pour ces êtres auxquels je tiens
Je continue à n’être rien
Qu’une tranquille parenthèse.

Quand j’expose mon coeur blessé
Ils coupent court : « Ça va passer !»
Il est plus doux que je me taise.

II. Je casse

Je suis la femme aux nerfs de verre
Mal installée dans ses tessons
Moitié fakir moitié trouvère
Toujours bancale en ses chansons.

Je suis la femme à l’air sévère
Qui ne comprend rien aux leçons
De l’existence, et persévère
Dans l’entretien de ses frissons.

Je suis l’échappée du naufrage
Qui se hâte vers le rivage
Pour se noyer dans un sanglot.

Je suis la femme de baudruche
Qui fait toujours un peu l’autruche
Sous la plume de son stylo.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :