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Poésie

Posts Tagged ‘transparente’

Vue des Anges (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Vue des Anges, les cimes des arbres peut-être
sont des racines, buvant les cieux;
et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre
leur semblent des faîtes silencieux.

Pour eux, la terre, n’est-elle point transparente
en face d’un ciel, plein comme un corps?
Cette terre ardente, où se lamente
auprès des sources l’oubli des morts.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

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La voix des feuilles (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



La voix des feuilles

La voix des feuilles
Une chanson
Plus claire un froissement
De robes plus claires aux plus
transparentes couleurs.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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L’arbre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



L’arbre le voici dans la pierre pure,
dans l’évidence et la dure beauté
bâtie pour cent millions d’années.

Agate, cornaline et luminaire
ont remplacé les sèves et le bois
et un jour le tronc du géant
a rejeté l’humide pourriture
et fondu en lui parallèle une statue:
le feuillage vivant
s’est dispersé
et une fois tombée la verticalité,
et brûlée la forêt, la poussière de feu,
cendre céleste, l’a enveloppé
jusqu’au moment où temps et lave lui ont remis
un prix de pierre transparente.

(Pablo Neruda)


Illustration

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AUTOPORTRAIT SANS MIROIR (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



AUTOPORTRAIT SANS MIROIR

I. Je passe

Je suis la femme transparente
Celle qu’on efface sans bruit
Et qui s’en va comme l’eau fuit
Pâle à trente ans comme à soixante.

Je suis la femme murmurante
Qui propose son faible appui
Et cause juste un brin d’ennui
Aux esprits libres qu’elle hante.

Pour ces êtres auxquels je tiens
Je continue à n’être rien
Qu’une tranquille parenthèse.

Quand j’expose mon coeur blessé
Ils coupent court : « Ça va passer !»
Il est plus doux que je me taise.

II. Je casse

Je suis la femme aux nerfs de verre
Mal installée dans ses tessons
Moitié fakir moitié trouvère
Toujours bancale en ses chansons.

Je suis la femme à l’air sévère
Qui ne comprend rien aux leçons
De l’existence, et persévère
Dans l’entretien de ses frissons.

Je suis l’échappée du naufrage
Qui se hâte vers le rivage
Pour se noyer dans un sanglot.

Je suis la femme de baudruche
Qui fait toujours un peu l’autruche
Sous la plume de son stylo.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration

 

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Petite chanson pour l’eau transparente (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



Un géant cueille l’étoile.
Il a les mains brûlées.

Un nain pêche l’étoile.
Il a les mains glacées.

Ils se tournent le dos
jusqu’au matin;

car l’un allume l’eau
quand l’autre l’éteint.

(Edmond Jabès)

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La baigneuse est innocente (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016



 

La baigneuse est innocente
Elle est blanche elle est dorée
Elle est transparente
Invisible à beaucoup

Et surprise entre l’eau et les feuilles
Fléchit légèrement les seins cachés
Par de longs doigts qui tremblent

Je ne sais d’où cette clarté surgit
Ou de l’irrespirable gouffre
Ou bien d’un espace inconnu
Aux corps impurs

Et seule
Mais ruisselle mais scintille
Seule et mouillée

Embarrassés des basses branches
Qui bougent pour toucher un corps
Nu absolument nu
Engagée sans pudeur à travers les désirs

(Jean Tortel)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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Le poème immergé (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



Transparente écriture
accompagne frêle papier.
L’eau court et s’élance.
Aussitôt s’efface
le poème immergé.

(Jacques Izoard)

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Le Jardin de la Présence (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016




Le Jardin de la Présence

La Présence est lente
Elle a besoin du moment infini
Pour abolir les contours du temps
Les prisons de l’espace.
Elle a besoin de creuser la seconde
Pour entrer dans une action simple:
Arroser la plante assoiffée,
Cirer longuement la table, et la polir
Jusqu’à son ultime étincellement.
La Présence est comme une voleuse
Qui se glisse par effraction
Dans le geste le plus humble,
Dans la vision la plus modeste
D’un regard quotidien.
Elle habite pourtant
Depuis l’aube du monde
Chaque cellule vivante
Et se nourrit à chaque instant
De l’existence ordinaire.
Elle brille secrètement
D’une lumière si intense
Que nul ne pourrait s’en saisir
Et en faire une croyance.
Comme un vol d’oiseau
Qui s’enivre de liberté
Elle échappe à la forme
Et la contient toute entière
Elle dissout les vérités
Lorsqu’elles se figent
Et n’est jamais prisonnière.
Mais si le coeur a fleuri
Au soleil de la Présence
Plus rien ne peut l’atteindre
Si ce n’est la joie
Transparente et nue
Qui jaillit de la source
Et danse pour le rien ou le rire
Ou même pour l’illusion
Qui fait croire à la vie.

(Marianne Dubois)

son site ici

Illustration: Josephine Wall

 

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J’ai rêvé (Radovan Ivsic)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Seul,
tout à fait seul,
je me promène sur un nuage.
Mes jambes sont caressées
par une herbe si transparente
que je ne la vois pas.
Je suis émerveillé
par le silence.
Je prends un peu d’eau noire
et je transforme le nuage
en une jeune fille
que j’aime follement
jusqu’à ma mort,
dans la solitude.

(Radovan Ivsic)

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UNE PLANTE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



UNE PLANTE

Elle pressent que se dissipent les images
et qu’une plante naît dans un vase absent,
sur la joie simple d’une table blanche
où s’étiolent la délicatesse et la fraîcheur.
Avec de minuscules mains elle arrose le petit corps,
simple indice d’un printemps fragile.
Comme elle adore cette paupière de terre!
Elle a ceint le temps d’un arc de silence
et son chant rend la maison transparente.

(António Ramos Rosa)

Illustration

 

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