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Poésie

Posts Tagged ‘transporté’

LA ROSE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



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LA ROSE

Je dirai la rose aux plis-gracieux.
La rose est le souffle embaumé des Dieux,
Le plus cher souci des Muses divines.
Je dirai ta gloire, ô charme des yeux,
O fleur de Kypris, reine des collines !
Tu t’épanouis entre les beaux doigts
De l’Aube écartant les ombres moroses;
L’air bleu devient rose, et roses les bois;
La bouche et le sein des Nymphes sont roses!
Heureuse la vierge aux bras arrondis
Qui dans les halliers humides te cueille!
Heureux le front jeune où tu resplendis!
Heureuse la coupe où nage ta feuille !
Ruisselante encor du flot paternel,
Quand de la mer bleue Aphrodite éclose
Étincela nue aux clartés du ciel.
La Terre jalouse enfanta la rose;
Et l’Olympe entier, d’amour transporté,
Salua la fleur avec la Beauté !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Xing Jianjian 

 

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Petit colis de chair (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



transportée par le vent
sud sud-ouest
petit colis de chair
petit paquet tremblant
transitant sur la terre

(Katell Antoine)

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Passion et poésie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Emma Nubel   
    
Passion et poésie aspirent à la notion énigmatique de beauté.
Elle n’est point définie.
À peine murmurée.
Rarement nommée, mise en évidence.

Ceux qui en parlent sont ceux qui ne la vivent pas
mais la voient sur le visage
ou dans le souffle des êtres pris de passion.

Vincent Van Gogh, Arthur Rimbaud, Antonin Artaud,
Francisco Goya ou même Francis Bacon ont été des témoins actifs, hallucinés;
ils ont transporté dans leur création la beauté brute,
cette poésie impossible dont l’une des portes donne sur l’enfer, la folie.

Né d’une turbulence, un torrent ou un éclair foudroyant,
le poème ne s’installe jamais tout à fait dans la vie.
Il est une vérité qui sommeille dans l’enfance.
L’enfance du monde, la douleur des hommes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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A la pleine lune qui se lève (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017


Vas-tu sitôt m’abandonner?
A l’instant tu étais si proche!
De lourdes nues t’entourent d’ombre,
Et maintenant tu n’es plus là.

Mais tu sens quelle est ma tristesse,
Ton bord surgit comme une étoile!
Tu viens me témoigner qu’on m’aime,
Si loin de moi que soit l’aimée.

Monte donc! Epands ta clarté
Au ciel pur, dans tout son éclat!
Si mon coeur bat plus vite et souffre,
La nuit est transportée de joie.

(Goethe)


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La première tasse (Lu Tung)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2016



thé 17 [800x600]

La première tasse humecte mes lèvres et ma gorge.
La deuxième bannit ma solitude.
La troisième dissipe la lourdeur de mon esprit, rendu confus par tant de lecture.
La quatrième exhale une légère transpiration, dispersant par mes pores toutes afflictions de la vie.
La cinquième me purifie.
La sixième m’ouvre le royaume des immortels.
La septième, ah que ne puis je en boire davantage !
Je ne perçois plus le souffle du vent qui enfle mes manches.
Transporté par cette douce brise, je gagne les cieux.

(Lu Tung)

 

 

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