Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘travers’

Message troublant (Georges Sédir)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016


Message troublant

Sur un mur de métro, sur un bout de journal
déchiré, sur un vieux programme
quelques lignes. Lues de travers, hâtivement.

La phrase est mutilée, ces mots n’ont pas de sens
ou en ont trop. Leur voisinage
surprend. Naît une image étrange.

Parmi les je-sais-tout et les trop sûrs d’eux-mêmes
certains, qui lurent au hasard, ont éprouvé
un bref malaise, un dégoût vague
un choc troublant leur inconscience
– galet lancé dans leur eau tiède.

D’autres qui pensaient n’être rien
respirent mieux, vivent plus haut
et redressent la tête, épurés, délivrés
comme si remontaient de l’abîme un pardon,
un réconfort, un évangile, une promesse.
Pour eux les mots réconciliés sont harmonie
et signe.

Tous avaient sans la reconnaître
touché la poésie. Tous en furent brûlés.

(Georges Sédir)

Illustration: Henri Matisse

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De travers (Céline Escouteloup)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016



De travers

Je suis tombée en pleine rue
Sous le poids d’un moineau
Tombée en pleine rue
Sous le poids
D’une fleur cassée

De la lumière a giclé
Et puis du sang
Et puis : effondrement de confettis

Personne ne l’avait prédit.

Cette seconde où la musique est de travers.
Tout l’univers a trébuché.
Basculé.

On sent la mort et le rire aller
Main dans la main d’un seul mouvement

Et voilà une robe qui se met à tourner
À l’envers

(Céline Escouteloup)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Jean-Luc Ollivier

 

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D’où êtes-vous ? (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



D’où êtes-vous
D’où êtes-vous ?

D’un paysage vert
avec un arbre roux

Printemps Été Hiver
Que l’automne fut doux
Arbre vert
Arbre roux
Que mon âme est amère
Arbre roux
Arbre vert
Et mon coeur aigre-doux

D’où êtes-vous ?

D’un temps tout de travers
D’un vent qui en découd

Et vous ?

(Louis Calaferte)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

 

 

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Je l’aimais (Xavier Bordes)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2016



Lazo de Valdez Elisa femme vitre embuée

Je l’aimais comme à travers
Une vitre embuée
qu’éclaire seulement le sillage des larmes

(Xavier Bordes)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Lazo de Valdez Elisa

 

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Le socle de lumière (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2016



Le socle de lumière,
à travers le fugitif.

(Pierre-Albert Jourdan)

Illustration

 

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Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



Charles Amable Lenoir  _-_A_la_Recherche_du_Temps_Perdu [800x600]

Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame,
Viens ! ne te lasse pas de mêler à ton âme
La campagne, les bois, les ombrages charmants,
Les larges clairs de lune au bord des flots dormants,
Le sentier qui finit où le chemin commence,
Et l’air et le printemps et l’horizon immense,
L’horizon que ce monde attache humble et joyeux
Comme une lèvre au bas de la robe des cieux !
Viens ! et que le regard des pudiques étoiles
Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles,
Que l’arbre pénétré de parfums et de chants,
Que le souffle embrasé de midi dans les champs,
Et l’ombre et le soleil et l’onde et la verdure,
Et le rayonnement de toute la nature
Fassent épanouir, comme une double fleur,
La beauté sur ton front et l’amour dans ton coeur !

(Victor Hugo)

Illustration: Charles Amable Lenoir

 

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TEL SOIT LE DIT (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



 

Mark Kostabi 1122

TEL SOIT LE DIT

Ils te niquent, tes père et mère.
Ils le cherchent pas, mais c’est comme ça.
Ils te remplissent de leurs travers
Et rajoutent même un p’tit chouïa – rien que pour toi.
Mais ils furent niqués en leur temps
Par des fous en chapeaux claques,
Tantôt sérieux et larmoyants
Et tantôt à s’traiter d’macaques.
L’homme refile la misère à l’homme.
Ça devient très vite abyssal.
Tire-toi de là, mets la gomme,
Et n’essaie pas d’avoir des mômes.

***

THIS BE THE VERSE

They fuck you up, your mum and dad.
They may not mean to, but they do.
They fill you with the faults they had
And add some extra, just for you.
But they were fucked up in their turn
By fools in old-style hats and coats,
Who half the time were soppy-stern
And half at one another’s throats.
Man hands on misery to man.
It deepens like a coastal shelf.
Get out as early as you can,
And don’t have any kids yourself

(Philip Larkin)

Illustration: Mark Kostabi

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

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