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Posts Tagged ‘traversée’

VISÉE DU POÈME (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

VISÉE DU POÈME

Inguérissable blessure de l’être
s’entassent les jours de passage
aux éclairs à peine entrevus
déjà distancés en désordre
seules quelques lueurs palpitent
dans la clignotante conscience
de cette irréversible traversée

Ainsi le maître du navire
en cabine de pilotage
veille à poursuivre l’avancée
quand les déferlantes submergent
par intermittence le gaillard
prélude au possible naufrage
au moins sait-il tenir le cap

Vivre seulement vivre et dire
à fleur de lumière et le ciel
les mots en saccades respirent
d’un rythme sensible à l’écoute
de l’informulable exigence
sans ordonnance ni consigne
pour accueillir l’instant présent

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: Odilon Redon

 

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LIGNES DE FUITE (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

LIGNES DE FUITE

Là où nous porte le désir
sans bagage l’esprit dérive
que brûle la soif de connaître

Après emboîtage du corps
nulle nouvelle n’est transmise
du long voyage à l’étranger

Il doit se poursuivre — dit-on —
en insolite dimension
et traversée d’infini

Enfant nostalgique à jamais
du halo d’un verbe à venir
nef perdue au fil d’un ruisseau

Danseur d’équilibre précaire
toujours menacé le bonheur
se risque au vertige du vide

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration

 

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Le muguet rougit (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020




Le muguet rougit — le
sang tire à soi
les blancs, nous
sommes suspendus
au-dessus du chagrin,

désarticulés, gauches,
paroles défleuries,
mémoire au rebut,

nous bourlinguons
dans nos noirceurs,
nos bouches s’unissent,
ténèbres — traversée
des étoiles mortes.

(Richard Rognet)

Illustration

 

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Notre Pain (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Notre Pain
Pour Alejandro Gamboa

On prend le petit-déjeuner… Humide terre
de cimetière à l’odeur de sang aimé.
Ville d’hiver… La cuisante traversée
d’une charrette qui semble traîner
une émotion de jeûne enchaînée!

On voudrait toquer à toutes les portes
et demander je ne sais qui; et puis
voir les pauvres et, en pleurant tout bas,
donner des petits bouts de pain frais à tous.
Et saccager les vignes des riches
avec les deux mains saintes
qui dans une échappée de lumière
s’envolèrent déclouées de la Croix!

Cils du matin, ne vous levez pas!
Notre pain de chaque jour, donne-le-nous,
Seigneur… !

Mes os ne sont pas à moi;
peut-être les ai-je volés!
Je suis venu m’arroger ce qui sans doute
était assigné à un autre;
et je pense que, si je n’étais pas né,
un autre pauvre aurait pris ce café!
Je suis un mauvais larron… Où irai-je!

Et en cette heure froide, où la terre
est si triste et fleure la poussière humaine,
je voudrais toquer à toutes les portes,
et supplier je ne sais qui, pardon,
et lui faire des petits bouts de pain frais
ici, dans le four de mon coeur !

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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La Traversée (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019





La Traversée

Lac noir, barque noire, deux silhouettes de papier découpé, noires.
Jusqu’où s’étendent les arbres noirs qui s’abreuvent ici ?
Leurs ombres doivent couvrir le Canada.

Une petite lumière filtre des fleurs aquatiques.
Leurs feuilles ne souhaitent pas que nous nous dépêchions :
Elles sont rondes et plates et pleines d’obscurs conseils.

Des mondes glacés tremblent sous la rame.
L’esprit de noirceur est en nous, il est dans les poissons.
Une souche lève en signe d’adieu une main blême ;

Des étoiles s’ouvrent parmi les lys.
N’es-tu pas aveuglé par de telles sirènes sans regard ?
C’est le silence des âmes interdites.

(Sylvia Plath)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

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Une traversée de tendresse (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019




    
Une traversée de tendresse
près d’un autre corps

une amitié secrète
pour la phrase d’un inconnu

un sourire.

Coups de bonheur.

Marques heureuses

sur la peau de la vie.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Corps, que sais-tu de moi (José Ángel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Corps, que sais-tu de moi
pour ainsi me fixer
dans la mélancolie du soir,
tu me scrutes, tu penses, bouges
la tête où perdure l’insolite
l’air
de ce qui fut notre jeunesse.

Et maintenant
que la traversée s’annonce longue et qu’il n’est
rien, semblerait-il, à quoi nous ne fussions morts,
corps nu, dis-moi,
que sais-tu de moi pour ainsi me fixer
au bord obscur et effacé de cette mer.

***

Qué sabes, cuerpo, tú de mí
que así me miras
en esta tarde melancólica,
me escrutas, piensas, mueves
la cabeza donde insólito dura
el aire
de aquella nuestra juventud.

Y ahora
que la navegación se anuncia larga y nada
parecería haber que no hubiéramos muerto,
desnudo cuerpo, dime,
qué sabes tú de mí que así me miras
en la borrada orilla oscura de este mar.

***

What do you know, body, of me
that you look at me so
on this melancholy afternoon,
scrutinize me, think, move
your head where strangely remains
the air
of that our youth.

And now
that the navigation promises to be a long one and nothing
would seem as if we had not died,
naked body, tell me,
what do you know of me that you look at me so
on the erased dark shore of this sea.

(José Ángel)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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L’éclair de traversée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
L’éclair de traversée

Parce que mourir
Creusait le geste aux voisinages du jour
Tu aimas qu’une lampe
Sur le revers des tables
Informe ta solitude et sustente ta voix

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La traversée sera longue (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018




    
La traversée sera longue disait l’ange
dans l’épaisseur de la pierre

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE GRAND SILLAGE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE GRAND SILLAGE

Pendant la traversée
nous restons accoudés
sans beaucoup parler.

Nous regardons derrière
l’écume impressionnante
et les vagues qui s’écartent
sous nos pieds.

Nous voyons loin le grand sillage.
Il semblait droit il ne l’est pas.
Il remuait il devient plat.
Il était fort il s’évanouit.

La large trace
la mer ouverte en deux
notre chemin
c’était le beau sillage.

Où étions-nous vraiment
pendant la traversée ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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