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Posts Tagged ‘trèfle’

LE TREFLE A QUATRE FEUILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LE TREFLE A QUATRE FEUILLES

Il faut abattre la moisson
Et la serrer en gerbes grosses;
Tous les gens solides se sont
Loués chez les fermiers de Beauce.
Au départ des gâs s’en allant
Prendre leur place aux tâches blondes
Les garçailles, à leurs galants,
Ont dit à la ronde

Refrain
Faucheur, mon beau faucheur,
Si vous trouvez un trèfle à quatre feuilles
Gardez-le pour que je le cueille.
Faucheur, mon beau faucheur,
Ça porte bonheur !

Mais au travers des chaumes roux
Le trèfle à bonheur est bien rare
Depuis qu’il pend à tous les cous
Des belles dames qui s’en parent ;
Et tous les gâs, des champs aux prés,
N’ont pu trouver, sous leurs faucilles,
Qu’un brin du trèfle désiré
Par toutes les filles.

Un seul brin ! Et tous les galants
L’ont voulu pour sa bonne amie;
Le fer des faux soudain sanglant
S’est dressé dans les mains roidies.
Et dans la Beauce aux longs champs plats
Quand la moisson s’écarte et bouge
Le brin de trèfle est encore là
Tout rouge, tout rouge !

(Gaston Couté)

 

 

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Du temps de nos rois (Gilbert Saint-Pré)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



Du temps de nos rois

Le roi de trèfle,
Le roi des nèfles,
S’offrit
A la dame de carreau.
Voyant cela
La dame de coeur, jalouse,
Donna une gifle
Au roi de pique
Qui la menait en bateau,
Et le château de cartes
S’écroula.

(Gilbert Saint-Pré)

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Le choc d’un mot (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Le choc d’un mot suffit pour que ton cerveau chante :
Choc frais ou dur. Mais quel alphabet te tourmente ?

Est-il une frontière entre l’âme et l’oreille
Que tu doives franchir quant bourdonne l’abeille

Des tes veines, ô toi dont l’avancée extrême
Veut aboutir au trèfle incarnat du poème ?

Receleur des trésors de ta mélancolie,
Mais en proie au bûcher prometteur d’embellie,

En vain camoufles-tu ta faim sous des voyelles :
Ton invincible mal a pris couleur en elle.

(Jules Tordjman)

Illustration: René Baumer

 

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CONSCIENCE (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Illustration: Hokusaï
    
CONSCIENCE

Quand le coq a crié
La chair et le soleil,

Quand la basse-cour entière
A crié pour le sol
Par ses gorges d’insulte,

C’est la loi que la nuit
S’annonce et prend contact
Par ses mains de terreur,

Où les terriers connaissent
Des corps tremblants et doux,
frêles comme du trèfle.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON DU LOUP ET DE LA BERGÈRE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
CHANSON DU LOUP ET DE LA BERGÈRE

Les guitares, les cithares
Les tambours et le printemps,
Les vielles, les violes…
Mais la reine d’un sourire
Brise ces vergers chantants :

« Ta chèvre est dans le trèfle, Maria,
Ta chèvre est dans le trèfle
Dans le trèfle du roi, Maria,
Dans le trèfle du roi. »

« Va la chercher, ma chèvre,
Mon beau chien de berger.
Tu auras du pain d’orge
Et des os à ronger. »

Quand il fut à la chèvre
Les loups l’avaient mangée.
Ma bergère, bergeronnette,
Ma bergère en a pleuré.

Ma bergère, bergeronnette,
Ma bergère en a pleuré.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHORAL (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

CHORAL

Henni par le silex,
au train de rêve qui te faisait galoper
sur le champ
envahi de trèfle :

le peu de
terre qui remonte péniblement
vers nous brisé
par l’aigre stridence du fifre
qui te fouaille, des millions de fois,
dans ton ultime
parole hérétique.

Lentement,
tu enfonces ton doigt dans la plaie
d’où ma voix
s’échappe.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Pourquoi me donnes-tu la main timidement (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Pourquoi me donnes-tu la main
Timidement et comme en secret ?
Viens-tu d’un pays si lointain,
Que tu ne connais pas notre vin ?

Ne connais-tu pas notre plus beau brasier
— Serait-ce que tu vis si seul ? —
N’être qu’un en l’autre
Avec le coeur, avec le sang ?

Ne sais-tu pas, plaisirs du jour,
Marcher avec l’être le plus cher,
Ne sais-tu pas, la séparation du soir venue,
Marcher tout seul le coeur lourd ?

Viens avec moi et aime-moi,
Ne pense pas à tes effrois,
Ne peux-tu donc te confier à personne,
Viens, prends et donne.

Puis traversons les blés mûrs
– Coquelicot et trèfle de nature —
Plus tard dans le vaste monde,
Nous aurons bien de la peine,

Quand nous sentirons le souvenir
Flotter avec force dans le vent.
Quand dans le doux souffle du rêve
Notre âme sera prise de frissons.

***

Warum gibst Du mir die Hand
Scheu und wie geheim?
Kommst Du aus so fernem Land,
Kennst nicht unsern Wein?

Kennst nicht unsere schönste Glut
— Lebst Du so allein? —
Mit dem Herzen, mit dem Blut
Eins im andern sein?

Weißt Du nicht des Tages Freuden,
Mit dem Liebsten gehen ?
Weißt Du nicht des Abends Scheiden,
Ganz in Schwermut gehen?

Komm mit mir und hab mich lieb,
Denk nicht an Dein Graun,
Kannst Du Dich denn nicht vertraun,
Komm und nimm und gib.

Gehen dann durchs reife Feld
— Mohn und wilder Klee —
Später in der weiten Welt
Tut es uns wohl weh,

Wenn wir spüren, wie im Wind
Stark Erinnerung weht.
Wenn im Schauder traumhaft lind
Unsere Seele weht.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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A TRAVERS LES BRANCHES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018



Illustration: Françoise Arbelot    
    
A TRAVERS LES BRANCHES

Quand je suis là
Quand je ne pense plus à refermer les bras
Quand l’âme trop longtemps polit sa feuille blanche
Quand je sens des oiseaux s’éveiller de mes hanches
Tu peux tout effacer
Si tu laisses les branches

Mais je vous porte en moi libres cités du feu
Trèfles couleur de sang
Vertus des gerbes chaudes
Chanvres liés à la nuque épaisse du dormeur

O végétal
O main fragile sur le coeur
Cri du coquelicot qui tourne dans l’étable
Espace traversé de strideurs
O ma table
Boiteuse dont le pied est un môle berceur
Le vent rumine au bord des marbres et des fleurs.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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J’ai le souvenir pâle (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration 
    

À Maryam, Ibrahim, Karim et Keegan

J’ai le souvenir pâle comme l’oued
d’une cigogne sur un minaret
à côté d’un petit jardin
où circule un filet d’eau pure

Un enfant court après un chat
Le trèfle pousse entre les pierres
La lumière lentement décline
Un saint dort dans son tombeau

Dans mon souvenir pâle comme l’oued
les cigognes claquettent au couchant
et frôlent de leurs ailes noires
les remparts sur la colline

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Post-Scriptum (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Post-Scriptum

Écartez-vous de moi qui patiente sans bouche;
A vos pieds je suis né, mais vous m’avez perdu
Mes feux ont trop précisé leur royaume;
Mon trésor a coulé contre votre billot.

Le désert comme asile au seul tison suave
Jamais ne m’a nommé, jamais ne m’a rendu.

Écartez-vous de moi qui patiente sans bouche :
Le trèfle de la passion est de fer dans ma main.

Dans la stupeur de l’air où s’ouvrent mes allées,
Le temps émondera peu à peu mon visage,
Comme un cheval sans fin dans un labour aigri.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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