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Poésie

Posts Tagged ‘treille’

Toi qui as peur (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration: Annie Predal
    
Toi qui as peur

Ma faible ma si faible
toi qui as peur de ta faiblesse
ma vigne folle au vent tremblant
c’est moi la treille sous tes mains

mon lierre noir toi qui t’écroules
je suis le mur dessous ta peau
mon eau sans forme qui s’enfuit
c’est moi le verre et ton barrage

ne tremble plus je suis l’appui
nuit après jour de tes naufrages
la couverture où l’on t’enroule
ma frissonnante ton radeau

ma naufragée je suis la mer
je te conduis je t’engloutis
je suis la paix sous tes paupières
où tous nos pas ont abouti.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Où vont les soleils (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



Illustration: Joseph Galante
    
Où vont les soleils
sous les cieux coupés
par les branches basses

l’enfant sous la treille
l’avenir loupé
l’amour qui tabasse

enfant qui s’efface
sous les couperoses
le pas chaloupé

où c’est les qui-sait
où c’est les jamais
où c’est les temps roses

où c’est ?

Où c’est

(Jean Pérol)

 

Recueil: À part et passager
Traduction:
Editions: De la Différence

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Souvenir (Jean Biès)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



 

Souvenir

Une treille, un banc, le cyprès,
le passé aux mains de poussière,
un sourire qui descend…

Mémoire traversière.

Par un chemin absent,
je suis cet enfant qui me court après.

(Jean Biès)

 

 

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Mon enfance (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



Eugène Carrière   f5a9a963

Mon enfance ô douceur de maman la merveille
alors que je n’avais pas d’ombre autour de moi
Chaque dimanche était Robinson sous la treille
et les oiseaux chantaient dans le gâteau des rois…

(Paul Gilson)

Illustration: Eugène Carrière

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CHRYSANTHEME (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



chrysantheme

CHRYSANTHEME

Sous les amandiers, au pied noir des treilles,
Au coeur des corbeilles,
Au sein des massifs, au long des allées,
Sont tombées fanées,
De toutes senteurs, de toutes couleurs,
Des fleurs et des fleurs.

Elles ont péri, les fleurs lascives,
D’amours excessives

Avec le soleil en rut sur leur coeur
Lubrifié d’odeurs.

Il en est tombé, il en est tombé
Sur la terre dure,
Pendant tout l’été,
Séchées de baisers, mûres de luxure ;
Acres chairs d’oeillets, sexes noirs d’iris,
Et même des lys,
Et surtout des lys.

Et de ce charnier par l’eau fécondé,
Et de ce charnier,
A peine frôlé par des rayons blêmes,
Marqué d’anathème,
Voici naître le pathétique chrysanthème

(Charles Vildrac)

Illustration

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Les balcons sont déserts (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Ana Cruz _exile to a silent dance

Les balcons sont déserts. Il y a de grandes fenêtres
ouvertes sur la mer et l’on a pris soin de suspendre les
treilles de la nuit sur la ville sommeillante.
Est-ce un bruit de pas ? et qui, ici, respire ? Que
croyez-vous entendre ? Le vent se moque de l’éclat des
couteaux et se rit du baiser des filles… Personne ne se
promène qu’un beau manteau d’argent gris, un manteau
de feuilles d’olivier aux reflets d’épée nue, qui se rit des
couteaux et des filles…
Qui croyez-vous entendre ? si ce n’est la nuit qui
tourne au clocher. Les balcons sont déserts ; ils mordent
les murs de lune de leurs durs barreaux noirs. Partout la
clé du vent passe, qui rit aux éclats ; et le viol continue…

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Ana Cruz

 

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INTÉRIEUR (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: Josh Fancher
    

INTÉRIEUR

De ma chambre
j’entends le jet d’eau.
Un doigt de la treille
et un rai de soleil
désignent le lieu
où est mon coeur.

Sur la brise d’août
s’en vont les nuées. Moi,
je rêve que je veille
au coeur du jet d’eau.

(Federico Garcia Lorca)

 

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LE RENARD ET LES RAISINS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE RENARD ET LES RAISINS

Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des Raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galand en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »

Fit-il pas mieux que de se plaindre ?

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Le banc (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration
    
Le banc

Viens avec moi, asseyons-nous sur ce vieux banc
Dans le verger paisible où pend du linge blanc
Près des flots inclinés qu’effleurent les abeilles,
Au soleil d’octobre qui doucement sommeille.

Tout repose, blessé, comme infiniment las,
Nul souffle ne palpite aux branches dégarnies;
Silencieusement sous les feuilles jaunies
Disparaît le vieux banc que le temps descella.

Surtout ne parlons pas, que seulement s’émanent
Mélangés à l’odeur des roses qui se fanent,
Nos vains soupirs: les mots nous ont toujours meurtris,
Quand on s’aime ardemment, s’est-on jamais compris?

Un inerte parfum sort des treilles rougies;
Comme sur les tombeaux les calmes effigies
Croisant mes bras muets, fatigués de gémir
Et puisque tout se meurt puissé-je aussi dormir!

(Marie Dauguet)

 

 

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CHANSON DE L’AMOUR (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




CHANSON DE L’AMOUR

Je chante : « Je t’aime, je t’aime »,
et commence la déraison.

Je t’aime, je t’aime, ô mon souffle!
Je t’aime, je t’aime, ô ma treille!
Et si l’amour au vin ressemble,
tu es, toi, ma prédilection,
des mains à la plante des pieds :
tu es la coupe de l’après
et la bouteille du destin.

Je t’aime à l’endroit, à l’envers,
et je n’ai ni ton ni mesure
pour te susurrer ma chanson,
ma chanson qui n’a pas de fin.

Sur mon violon qui extravague
mon violon, lui, te le déclare :
je t’aime et t’aime, ma violone,

mon petit jupon sombre et clair,
mon coeur, les dents de mes gencives,
ma clarté et ma loucherette,
le sel de ma semaine obscure,
ma lune de fenêtre,claire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Eugène Blaas

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