Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tremblante’

Elle dansait (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



 

Elle dansait – silence enveloppée de lumière
Brume dans une clarté de lune;
Une musique qui charmait la vue
Mais à l’oreille, étrangère.

Un enchantement, une fée vêtue
D’un mouvement – doux comme le sommeil;
Ellipse de toutes les joies
Somme de toutes les larmes.

Sa forme: l’esprit d’un poète,
Toutes-sensations!
Elle – substance du vent,
Profil d’une pensée lyrique;

Un être, parmi les choses terrestres
– Abandonné par le ciel;
A travers le temps, sur des ailes de lumière
Vers l’illimité!

[…]

Tremblante lueur dans l’air rose
Elle semblait refluer et couler
– Péril et beauté des souvenirs –
Ô pâle du temps traversé.

Elle pleurait du souvenir de sa douleur
Et soupirait à la joie incréée.
Ah, beauté – ardente, ardente!
Oh, corps – sage et blanc!

Elle disparut, nuage du soir
Rayon radieux du couchant.
Elle disparut. La vie, un instant, illumina
Les ténèbres à la flamme d’un rêve.

(Dylan Thomas)

Illustration: Alberich Mathews

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La dernière pomme qui la cueillera ? (Marcel Saint-Martin)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



La dernière pomme
qui la cueillera ?
la dernière pomme
qui la mangera ?
à l’heure noire des dernières mouches
quand la terre se couvrira d’ombre
sous la cendre des dernières colères
la dernière pomme
qui la mangera ?….
qui de nous sera
le dernier Adam
et la dernière Ève
la dernière dent
la dernière fève…
qui de nous sera
le dernier serpent
ou le dernier rat…
la dernière pomme
qui la mangera ?
la dernière pomme…
qui la cueillera ?
d’une main tremblante et froide
quand la mer reprendra sa place
ne laissant de terre aucune trace
la dernière pomme
qui la croquera ?
– non, ce n’est pas vous…
– non, ce n’est pas moi…

(Marcel Saint-Martin)

Illustration: Pierre Marcel

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Son image (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



 

Julia Perret   -le-combat

Son image

Elle avait fui de mon âme offensée ;
Bien loin de moi je crus l’avoir chassée :
Toute tremblante, un jour, elle arriva,
Sa douce image, et dans mon coeur rentra :
Point n’eus le temps de me mettre en colère ;
Point ne savais ce qu’elle voulait faire ;
Un peu trop tard mon coeur le devina.

Sans prévenir, elle dit : « Me voilà ?
« Ce coeur m’attend. Par l’Amour, que j’implore,
« Comme autrefois j’y viens régner encore.  »
Au nom d’amour ma raison se troubla :
Je voulus fuir, et tout mon corps trembla.
Je bégayai des plaintes au perfide ;
Pour me toucher il prit un air timide ;
Puis à mes pieds en pleurant, il tomba.
J’oubliai tout dès que l’Amour pleura

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Julia Perret

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA ROSE DES MERS (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Christian Broutin 264

LA ROSE DES MERS

Pour avoir déchiffré les signes que l’orage
Suspendait à ces branches folles de l’éclair,
Nous devons arracher nos corps à cette chair
Et la jeter, muette, aux remous du naufrage.

Dans l’exil absolu de ce double rivage
Qui fige entre nous deux et la vague et la mer,
Notre île a dispersé sa forme, et son désert
N’est plus que flamme éteinte et long souffle sans âge.

Cieux promis à l’amour, frères d’une contrée
Tremblante au fond des yeux qui l’avaient ignorée,
Surprendrez-vous ici l’irréelle parole

Qui révèle aux vivants la sentence des morts ?
Elle tourne, silence, autour de ta corolle
Et cherche avec ta bouche un baiser sans remords.

(Louis Emié)

Illustration: Christian Broutin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je t’aime d’être faible… (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2017



Je t’aime d’être faible…

JE t’aime d’être faible et câline en mes bras
Et de chercher le sûr refuge de mes bras
Ainsi qu’un berceau tiède où tu reposeras.

Je t’aime d’être rousse et pareille à l’automne,
Frêle image de la Déesse de l’automne
Que le soleil couchant illumine et couronne.

Je t’aime d’être lente et de marcher sans bruit
Et de parler très bas et de haïr le bruit,
Comme l’on fait dans la présence de la nuit.

Et je t’aime surtout d’être pâle et mourante,
Et de gémir avec des sanglots de mourante,
Dans le cruel plaisir qui s’acharne et tourmente.

Je t’aime d’être, ô soeur des reines de jadis,
Exilée au milieu des splendeurs de jadis,
Plus blanche qu’un reflet de lune sur un lys…

Je t’aime de ne point t’émouvoir, lorsque blême
Et tremblante je ne puis cacher mon front blême,
O toi qui ne sauras jamais combien je t’aime !

(Renée Vivien)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu viendras (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



Tu viendras lorsque les bruyères au soleil
près des routes qui se fendent ont des abeilles.

Tu viendras en riant avec ta bouche rouge
comme les fleurs des grenadiers et des farouches.

Tu lui diras que tu l’aimes depuis longtemps,
mais en lui refusant ton baiser en riant.

Mais lorsque tu voudras le lui donner, alors
tremblante et suante, tu verras qu’il est mort.

(Francis Jammes)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

TES AMES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016




TES AMES

Laquelle de tes âmes rêves-tu immortelle ?

Est-ce ton âme d’enfant, joueuse et fraîche,
Ton âme naissante, cire vierge ?
Est-ce ton âme amoureuse d’adolescent,
Pleine de rires, de chansons, d’yeux bleus, de boucles blondes ?

Ton âme violente d’homme,
Et tous les univers, et toutes les pensées qu’elle a tenté d’étreindre ?
Ou ton âme tremblante, chevrotante et glacée,
Qui, ce soir, chauffe au coin du feu sa mémoire ridée ?

Pour laquelle de ces âmes, de tes âmes, veux-tu
La vision ineffable,
L’éternelle présence,
Les concerts inouïs ?

(André Spire)

Illustration: Pedro Uhart

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

IL Y A (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



 

IL Y A

Pauvres,
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
Je vous aimais.
Mes livres, mon Dieu, m’avaient parlé de vous.
Je suis parti vers vous pour vous porter ma force.
Mais j’ai vu vos dos ronds, vos genoux arqués,
Vos yeux de chien battu qui guettaient ma main.
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
Il y a votre paume creuse entre nous.

Riches,
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
Je vous aimais.
Mes poètes, mes peintres m’avaient parlé de vous.
Je suis parti pour vous porter mes chants.
J’ai vu vos cols glacés sur vos cous raides,
Et vos yeux qui guettaient ma main,
Ma main trop peu obéissante.
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
II y a vos yeux vides entre nous.

Femmes,
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
Je vous aimais.
Je suis parti pour vous porter mon front.
Vous discutiez avec votre lingère.
Vous avez promené un tube sur vos lèvres,
Et vos yeux n’ont pas vu ma main,
Ma main tremblante.
Femmes,
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
Il y a trop de rouge gras entre nous.

Enfants,
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
Je ne suis pas parti vers vous.
Aucun de vous n’a fatigué mes bras ni mes genoux.
Aucun de vous n’a détourné ma main qui écrivait
Et n’a jeté de l’encre sur ma page.
Enfants, petits enfants,
Qu’est-ce que j’ai à vous dire ?
Il y a trop de baisers, pas donnés, entre nous.

(André Spire)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand je me rends seule, la nuit, à mon rendez-vous d’amour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016



 

Quand je me rends seule, la nuit, à mon rendez-vous d’amour,
on n’entend ni chant d’oiseaux, ni bruissement du vent,
et les maisons, de chaque côté de la rue, sont silencieuses.
Mais, à mes chevilles, les anneaux cliquettent un peu plus à chaque pas et j’ai honte.

Lorsque assise à mon balcon, je guette le bruit des pas de mon bien-aimé,
nulle feuille ne bouge aux arbres et l’eau est calme au fond de la rivière
comme l’épée sur les genoux d’une sentinelle endormie.
Mais mon coeur bat à tout rompre et je ne sais comment le calmer.

Tremblante, paupières lourdes, me voici auprès de mon bien-aimé venu jusqu’à moi;
la nuit s’obscurcit, le vent souffle la lampe, les nuages cachent les étoiles.
Mais mon âme resplendit, joyau lumineux.
Je ne sais comment dissimuler son éclat.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Irène Lussou

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Près du ruisseau (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016



Près du ruisseau

Près du ruisseau veille et plonge une étoile
un rapace a saisi la plaintive lumière
voici le cri des coqs qui met en sang la nuit
la peur découpe un paysage aigu
où l’on entend qui naît la tremblante rosée

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :