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Poésie

Posts Tagged ‘trempé’

Vie petite vie (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



Vie petite vie

La vieille fille et son pied de bégonia
la vieille fille et son chat tout gris
la vieille fille et son gâteau aux amandes
la vieille fille et son tricot à dentelle
la vieille fille et sa revue de mode
la vieille fille et son missel
la vieille fille et son armoire fermée
la vieille fille et sa fenêtre
la vieille fille et son regard vide
la vieille fille et ses bandeaux grisaille
la vieille fille et sa mandoline
la vieille fille et le portrait de son fiancé
la vieille fille et son temps infini
la vieille fille et son oreiller
ardent, trempé
de larmes.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Litanies de mon triste cœur (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2018



Litanies de mon triste cœur

Mon coeur repu de tout est un vieux corbillard
Que traînent au néant des chevaux de brouillard.

Prométhée et vautour, châtiment et blasphème,
Mon coeur est un cancer qui se ronge lui-même.

Mon coeur est un bourdon qui tinte chaque jour
Le glas d’un dernier rêve en allé sans retour.

Mon coeur est un gourmet blasé par l’espérance
Qui trouve tout hélas! plus fade qu’un lait rance.

Mon coeur est un noyé vidé d’âme et d’espoirs
Qu’étreint la pieuvre Spleen en ses mille suçoirs.

Mon coeur est une horloge oubliée à demeure
Qui bien que je sois mort s’obstine à sonner l’heure.

Mon coeur est un ivrogne altéré bien que saoûl
De ce vin noir qu’on nomme universel dégoût.

Mon coeur est un terreau tiède, gras, et fétide
Où poussent des fleurs d’or malsaines et splendides!

Mon coeur est un cercueil où j’ai couché mes morts…
Taisez-vous, airs jadis chantés, lointains accords!

Mon cœur est un tyran morne et puissant d’Asie,
Qui de rêves sanglants en vain se rassasie.

Mon coeur est un infâme et louche lupanar
Que hantent nuit et jour d’obscènes cauchemars.

C’est un feu d’artifice enfin qu’avant la fête
Ont à jamais trempé l’averse et la tempête.

Mon coeur…. Ah! pourquoi donc ai-je un coeur? Ah! pourquoi
Ma vie et l’Univers? la Nature et la Loi ?

(Jules Laforgue)


Illustration: Pierre Paul Rubens

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Les pâturages… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Les pâturages…

Les pâturages, au bord des eaux, sont épais.
La pluie lourde a couché les blés trempés,
et les feuilles des berges sont très vertes,
excepté que les saules sont en cendre légère.
Les foins, comme des ruches, sont dressés.
Les coteaux sont si doux qu’ils semblent caressés.
Poète ami, tout serait doux sans la douleur
qui nous enlève tous les plaisirs du coeur.
Je crois qu’il est inutile d’essayer de fa fuir,
car la guêре ne quitte guère les prairies.
Laissons donc la Vie aller, et les vaches noires
paître près des endroits où elles ont à boire.
Plaignons tous ceux qui souffrent lentement,
tous ceux qui sont comme nous, et tous le sont vraiment,
excepté qu’ils n’ont pas tous du talent.
C’est la seule différence, mais c’est important.
Une bonne consolation est un amour charmant,
comme une jeune fraise au bord d’un vieux torrent.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Amazone (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Amazone

Elle portait des lunes noires
et des émois,
et des dessous trempés
dans sa tenue d’amazone
légère
en peine de monture.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le rossignol (Issa)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



rossignol_du _japon_12

 

Le rossignol!
son chant du matin
trempé par la pluie

(Issa)

 

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La campagne est mouillée de sevrage (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

La campagne est mouillée de sevrage
La voix nuptiale empruntée aux pierres

Heure boisée qu’excède l’amour
Tu innocentes ta trouvaille d’enfant

Tu gis sur le chemin trempé
Et de pluie tu défailles

Maintenant brillent d’obscures larmes
Tu acceptes la peur immaculée de vivre

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La pluie (François David)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



La pluie

C’est une matinée triste
Une matinée où la pluie tombe
Tombe à verse sans s’arrêter.
Les enfants de l’école
Pour s’abriter de la pluie
Vont se mettre sous le préau.
Victor qui a couru sous la pluie
Est trempé de la tête aux pieds.
L’eau coule sur ses cheveux
Et sur son front
Et sur ses joues.
L’eau coule même dans son cou.
Isabelle le regarde.
Elle le voit tout trempé,
Elle le regarde et lui sourit.
Alors Victor tout à coup
Trouve qu’elle est jolie
Jolie jolie
Si jolie
Cette pluie.

(François David)


Illustration

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Jean-Jacques Henner
    
SONNET

J’ai peur de la femme qui dort
Sur le canapé, sous la lampe.
On dirait un serpent qui mord,
Un serpent bien luisant qui rampe.

Je ne suis pas un homme fort,
Mais ce soir le sang bat ma tempe.
L’amour va bien avec la mort;
Mon poignard, essayons ta trempe.

Arrêtons son rêve menteur.
Nulle langueur, nulle senteur,
Acier, n’empêchera ton oeuvre.

Ô lâcheté! le lendemain
J’aspirais l’odeur de jasmin
De ma triomphante couleuvre!

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE PETIT GARÇON PERDU (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017




    
LE PETIT GARÇON PERDU

Père, père, où vas-tu ?
Pas si vite, pas si vite.
Parle, père, à ton petit garçon,
Ou bien je me perdrai.

La nuit était noire et le père absent
Le petit garçon était trempé de rosée
La lune était épaisse et l’enfant pleurait.
Alors le brouillard s’en alla.

***

THE LITTLE BOY LOST

`Father, father, where are you going?
O do not walk so fast.
Speak, father, speak to your little boy,
Or else I shall be lost.’

The night was dark, no father was there;
The ohild was wet with dew;
The mire was deep, & the child did weep,
And away the vapour flew.

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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La buse trempée (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2017



 

La buse trempée
Sur les magnolias qui gouttent
Au soleil couchant.

***

A rain-wet buzzard
Amid dripping magnolias
In the setting sun.

(Richard Wright)

 

 

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