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Poésie

Posts Tagged ‘tremper’

Pour cueillir la branche (La princesse Issé)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2022



Illustration: Hosui Yamamoto
    
Pour cueillir la branche
Dont l’eau berce la couleur
Sur l’eau je me penche :
Hélas! j’ai trempé ma manche
Et je n’ai pas pris de fleur!

(La princesse Issé)

***

Harou goto ni
Nagarourou Kawa o
Hanato mité
Orarénou mizou ni
Sodé ya Norénamou

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

 

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C’est ainsi (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2022




    
c’est ainsi
il pleut, je suis trempé
je marche

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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La nuit croqueuse de lune (Gilles Simonnet)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021




La nuit croqueuse de lune
trempe son croissant
dans le lait des étoiles.

(Gilles Simonnet)

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Aujourd’hui encore trempé (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2021




    
aujourd’hui encore trempé
marchant
sur un chemin inconnu

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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L’anorexie de l’existence (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’anorexie de l’existence

Je n’ai pas faim, je n’ai pas mal, je ne sens pas mauvais
peut-être que je souffre au fond de moi sans le savoir
je fais semblant de rire
je ne désire pas l’impossible
ni le possible, les corps à moi interdits
ne rassasient pas mon regard.
Vers le ciel quelque fois
je regarde avec envie
à l’heure où le soleil perd son éclat
et où l’amant bleu se livre
à la séduction de la nuit.
Ma seule participation
au tourbillon du monde
est mon souffle bien réglé.
Mais je ressens aussi une autre
participation singulière
l’angoisse m’étreint soudain
à cause de la souffrance humaine.
Elle s’étend sur la terre
comme une nappe rituelle
qui trempée de sang
recouvre mythes et dieux
éternellement elle se régénère
et se confond avec la vie.
Oui, maintenant je voudrais pleurer
mais la source même de mes larmes
s’est tarie.

***

Η ανορεξία της ύπαρξης

Δεν πεινάω, δεν πονάω, δε βρωμάω
ίσως κάπου βαθιά να υποφέρω και να μην το ξέρω
κάνω πως γελάω
δεν επιθυμώ το αδύνατο
ούτε το δυνατό
τα απαγορευμένα για μένα σώματα
δε μου χορταίνουν τη ματιά.
Τον ουρανό καμιά φορά
κοιτάω με λαχτάρα
την ώρα που ο ήλιος σβήνει τη λάμψη του
κι ο γαλανός εραστής παραδίνεται
στη γοητεία της νύχτας.
Η μόνη μου συμμετοχή
στο στροβίλισμα του κόσμου
είναι η ανάσα μου που βγαίνει σταθερή.
Αλλά νιώθω και μια άλλη
παράξενη συμμετοχή∙
αγωνία με πιάνει ξαφνικά
για τον ανθρώπινο πόνο.
Απλώνεται πάνω στη γη
σαν τελετουργικό τραπεζομάντιλο
που μουσκεμένο στο αίμα
σκεπάζει μύθους και θεούς
αιώνια αναγεννιέται
και με τη ζωή ταυτίζεται.
Ναι, τώρα θέλω να κλάψω
αλλά στέρεψε ως και των δακρύων μου η πηγή.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: Traduit du grec par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis.
Editions:

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Le fond de mes chaussures (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021




    
Le fond de mes chaussures
est trempé
Trop marché dans la pluie

***

The bottoms of my shoes
are wet
from walking in the rain

(Jack Kerouac)

 

Recueil: Poèmes
Traduction:
Editions: Seghers

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Dans le chemin toujours trempé (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2021




    
Dans le chemin toujours trempé, tant y est épais
le feuillage visqueux de l’aulne amertumé,
nous nous promènerons. Mais comme elle est plus grande
que moi, c’est elle qui écartera les branches
et elle encore qui mettra sur mon épaule
sa joue et ses yeux bleus qui fixeront le sol.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Femme je t’aime (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



femme je t’aime

oui je connais
le cri
le craquement discret
des céramiques à la chaleur

âme éprise
ô comme prise
hors

et c’est entre nous
le thé
le bol et l’eau

où nous trempons les lèvres
comme si c’était un temple
qu’on ne pénètre
qu’en laissant l’autre
pénétrer

(Werner Lambersy)


Illustration: Ferdinand Hodler

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J’AI TREMPÉ MON DOIGT DANS LA CONFITURE (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



J’AI TREMPÉ MON DOIGT DANS LA CONFITURE

J’ai trempé mon doigt dans la confiture
Turelure.
Ça sentait les abeilles
Ça sentait les groseilles
Ça sentait le soleil.
J’ai trempé mon doigt dans la confiture
Puis je l’ai sucé,
Comme on suce les joues de bonne grand-maman
Qui n’a plus mal aux dents
Et qui parle de fées…
Puis je l’ai sucé
Sucé
Mais tellement sucé
Que je l’ai avalé !

(René de Obaldia)


Illustration

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ET LE MORT RESTE PAUVRE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020



Illustration: Ron Mueck
    

ET LE MORT RESTE PAUVRE

Chaque mort qui part
Laisse aux vivants ses douleurs.
Les uns
En font des habits de deuil,
D’autres de tristes sourires.
Certains les changent
En paroles de circonstance,
D’autres les adoptent
Parmi leurs propres douleurs
Et les laissent grandir.
Quelques-uns les trempent dans le vin
Et n’en font qu’une bouchée,
D’autres les mâchent avec le pain
Et boivent du vin par dessus.
Peu à peu les douleurs du mort
Sont des douleurs d’un autre,
On oublie même celui que les souffrit.
Et le mort reste pauvre,
Il reste comme un serf,
Attaché à la terre.

(Mihai Beniuc)

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