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Poésie

Posts Tagged ‘tremper’

La maison de la rivière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



La maison de la rivière

L’eau dort dans un grand lit
De mousse et d’herbes flottantes
Je bois l’aube
La rivière monte
Et la maison de mes désirs s’ouvre

La maison trempe ses pieds dans la rivière
Si un poisson glisse entre ses orteils
Elle se trémousse jusqu’au toit
Et la fumée danse

La maison s’assoupit
Et se réveille en sursaut
Avec un bâillement de porte

J’aperçois le jour à travers les volets
Éteins le feu
Il n’en est plus besoin
Trop de flammes nous entourent
Pour que nous ayons froid.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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La nuit me rêve (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Patricia Blondel
    
La nuit me rêve

La nuit me rêve. Une goutte d’or pur
sous le lilas s’écrase comme un pleur.
J’offre à l’obscur un éclair de ma vie,
le souvenir d’avoir été soleil.

Dans quel espoir as-tu trempé ta plume,
dans quel voyage as-tu trouvé le lieu
où l’univers se moulait dans ta cire ?

Le vent me parle. Au coeur de ces vallées,
ce sont les voix qui montent du passé.
Pour quel message ? Une ronde s’arrête
et chaque enfant c’est une heure figée.

Je tourne et tourne, aiguille solitaire
car m’arrêter serait fusiller l’heure
inscrite au front de ces enfants précaires.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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J’admets que l’intuition (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Isabelle Plante
    
J’admets que l’intuition raisonne et dicte des ordres
dès l’instant que, porteuse de clefs,
elle n’oublie pas de faire vibrer le trousseau des formes embryonnaires de la poésie
en traversant les hautes cages où dorment les échos,
les avant-prodiges élus qui, au passage, les trempent et les fécondent.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une souris verte qui courait dans l’herbe (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)

Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)
Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit : Il fait trop chaud (bis)

Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)
Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit : Il fait trop chaud (bis)
Je la mets dans l’creux d’ma main
Elle me dit : Oui là c’est bien !

(Anonyme)

 

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Vois l’aurore… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Vois l’aurore…

Vois l’aurore tremper les feuilles des mélisses,
La libellule errer au bord frais des calices,
Mêlant aux iris d’or son vol phosphorescent.
La grive a retrouvé ses pipeaux idylliques,
L’écho confusément lui donne la réplique,
Le jour s’effeuille ainsi qu’un églantier naissant.

Comme il est éphémère et suave de vivre!
Est-ce ta bouche encor dont la langueur m’ennivre,
Est-ce ton regard vert aux moires de l’étang?
Mais rien ne peut mourir des baisers que l’on donne
Et quand le temps cruel et faux nous abandonne,
Ils fleurissent en nous comme un divin printemps.

(Marie Dauguet)

 

 

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Sonnet (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

C’est le temps de la ville. – Oh ! lorsque l’an dernier,
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J’entends encore au vent les postillons crier),

Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. – Et toi, ma vie, et toi !

Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme
Je saluais tes murs. – Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre coeur sitôt avait changé pour moi ?

(Alfred de Musset)


Illustration: Robert Doisneau

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Cependant, à cette heure (Émile Zola)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration
    
Cependant, à cette heure, le parc entier était à eux.
Ils en avaient pris possession, souverainement.
Pas un coin de terre qui ne leur appartint.

C’était pour eux que le bois de roses fleurissait,
que le parterre avait des odeurs douces, alanguies,
dont les bouffées les endormaient, la nuit,
par leurs fenêtres ouvertes.

Le verger les nourrissait,
emplissait de fruits les jupes d’Albine,
les rafraîchissait de l’ombre musquée de ses branches,
sous lesquelles il faisait si bon déjeuner,
après le lever du soleil.

Dans les prairies, ils avaient les herbes et les eaux:
les herbes qui élargissaient indéfiniment leur royaume,
en déroulant sans cesse devant eux des tapis de soie;

les eaux qui étaient la meilleure de leurs joies,
leur grande pureté, leur grande innocence,
le ruissellement de fraîcheur
où ils aimaient à tremper leur jeunesse.

(Émile Zola)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Au fond des souterrains (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Pascal Renoux
    
Au fond des souterrains où je te rencontre,
que ce soit dans une rue barrée par la nuit,
que ce soit dans une chambre coupée par quatre murs,
ton corps a le poids exact du vent
qui bouge dans un matin de soleil et de rosée.

Dans le feuillage des baisers que tu me donnes,
je découvre peu à peu ton visage
et quand je trempe mes lèvres dans ta bouche,
c’est comme si ta chair s’ouvrait sur son noyau.

De ma vie à la tienne tout regard est inutile
puisque tu t’étends sur le lit
comme un peu de ciel arraché à l’espace,
puisque nos deux peaux se baignent l’une dans l’autre
avec le frisson dont s’éveille à l’aube une plaine.

De la même façon qu’on entend dans le soir
le pas de l’océan monter vers la terre,
on n’entend plus dans la chambre
que le bruit des vagues qui portent mon corps vers le tien.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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UN POÈTE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Illustration: Filippo di Tomaso
    
UN POÈTE

Dans l’appartement où ne vient plus de femme,
sa main fiévreuse cherche
une main plus fraîche
à effleurer sur le bois de la table.
Ce soir, en tâtonnant,
il croit sentir une rivière
couler autour des nœuds du bois :
la Sorgue verte et brillante en avril,
quand la bourre des peupliers
vole devant les yeux comme de la neige
ou les mots d’un poème.
Sa main qui n’écrit plus
trempe dans le courant.
Une main fluide
lui caresse les doigts,
l’emmène au pays de Pétrarque et de Laure.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Le Pays derrière les larmes
Editions: Gallimard

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LA SOURCE (Sire de Chambley)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration
    
LA SOURCE

Source vénérienne où vont boire les mâles !
Fissure de porphyre où frise un brun gazon,
Qui, fin comme un duvet, chaud comme une toison,
Moutonne dans un bain de senteurs animales.
Quand un homme a trempé dans tes eaux baptismales
Les désirs turgescents qui troublaient sa raison,
Il en garde à jamais la soif du cher poison
Dont s’imprègne sa peau dans tes lèvres thermales.
Jouvence des cœurs ! Fontaine des plaisirs !
Abreuvoir où descend le troupeau des désirs
Pour s’y gorger d’amour, de parfums et d’extases !
Il coule de tes flancs, le nectar enchanté,
Elixir de langueur, crème de volupté…
Et pour le recueillir, nos baisers sont des vases !

(Sire de Chambley)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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