Arbrealettres

Poésie

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inventaire de l’amour (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018


Kaleidoscope

désir de pluie apaisante
quand ta robe repoussée
délivre un feu qui sommeille.

je suis devant ton corps
comme l’enfant émerveillé par le kaléidoscope;
rêve de fruits opulents,
rêve d’oiseaux multicolores,
rêve de paysages enchanteurs,
rêve d’arbres voyageurs.

je suis devant ton corps
comme l’enfant abasourdi par les manèges:
je me souviens — tu étais à mes côtés —
de ce silence des rues pourtant trépidantes,

je me souviens des murs
dont les jointures craquaient de ne pouvoir contenir mon bonheur,
je me souviens de ce désir trop lourd pour ma poitrine,
de ce désir que nous portions à deux
comme un poids d’eau salutaire.

je suis devant ton absence
comme l’enfant pleurant de solitude:
tu viens à moi et la rue répudie son visage des jours brumeux,
tu viens à moi et la lumière née soudain te multiplie,
les choses prennent les contours que tes mains leur attribuent.

comme deux planètes confondues:
ton corps jumeau du mien,
mon désir au tien ligoté.

je suis entre tes bras
comme l’argile frémissante et aveugle:
tes mains inventent mon corps
et tracent un chemin pour mes lèvres.

je suis devant tes paysages offerts
un inlassable déchiffreur:
la rosée des lèvres concédées,
les lianes subtiles de tes bras,
les pirogues de tes cuisses,
la plaine du ventre qui chavire,
le miel de la fleur harponnée,
la combustion d’insectes
dans l’arc des aisselles dévoilées.

je suis devant ton corps
comme l’enfant taraudé d’aventures.

je suis devant ton amour
comme une luciole inextinguible.

(Tahar Djaout)

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A la mer (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



A la mer

Mer! ô miracle trépidant!
De la mélancolie
Où se complaît ton chant
Enveloppe mon âme! Elle aspire à la vie.
Bannis de mon cœur endurci, de son tréfonds,
Tout cet univers d’ombre et d’obtuses chansons.
Trop lâche est l’humaine nature.
Rare celui qui se mesure
A ton secret pouvoir!
Et si l’obscurité m’entoure et me fait choir,
Elle m’imposera ma sépulture,
Me fera dépérir,
Mourir à petit feu, patiente et tenace.
Cette fin qui menace
Tarde à venir.

(Attila Jozsef)


Illustration: Alexandre Séon

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La voie est vide (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2016



La voie est vide ;
Bruit d’un train dans les collines,
Rails trépidant de vie.

***

Empty railroad tracks:
A train sounds in the spring hills
And the rails leap with life.

(Richard Wright)

Illustration

 

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