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Poésie

Posts Tagged ‘trésor’

Femme au livre (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022


lecture au jardin

Femme au livre

Des murmures descendent
sur ton livre ouvert
par une odeur de pomme.

Des lumières changeantes
cherchent dans l’arbre
son trésor de fruits,
de noms, et d’oiseaux.

Le jardin respire.
Le vent caresse
tes feuilles, ta robe.

L’oiseau mûr
s’élève dans l’air.
Les saisons préparent
l’automne des mots.

***

Woman reading

Murmurs fall
on your open book
through smells of apple.

Moving lights
search the tree
for its hoard of fruit,
and names, and birds.

The garden breathes.
The wind fingers
your leaves, your dress.

The birds when ripe
rise into the air.
The seasons prepare
the automn of the words.

(Michael Edwards)

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Première neige (Issa)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022




    

Première neige
Un sacré trésor
Le vieux pot de chambre

(Issa)

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Un assoiffé… un indigent (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2022



Illustration: Andrew Murray
    
Un assoiffé
Endormi près du ruisseau
Un indigent
Endormi sur un trésor

***

Un indigent
Éveillé près du ruisseau
Un assoiffé éveillé
Sur un trésor

(Abbas Kiarostami)

Recueil: Un loup aux aguets
Traduction: Nahal Tajadod & Jean-Claude Carrière
Editions: La table ronde

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Devenir poète (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2022




    
Devenir poète,
c’est tomber amoureux
du monde entier :
les hommes et les femmes
des cinq continents, mais aussi
les nuages, le vent, les étoiles,
les animaux, les arbres,
le désert, et même les cailloux
qui, quand on les contemple
de près, deviennent
de véritables trésors.
Oui, soyons amoureux, encore
et encore, et faisons bien
attention que notre coeur
ne se transforme jamais
en coffre-fort !

(Thierry Cazals)

Recueil: Pff! ça sert à quoi la poésie ?!
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Le Trésor dans l’Abîme (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2022


abime

Tu me demandes où
je vais chercher mes rimes:
j’ai en moi un abîme
dans quoi je puise tout.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Envoyé à un bonze (Fachang Yiyu)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2022




    
Envoyé à un bonze

Les chrysanthèmes embaument quand les plantes se fanent,
Au bord de la forêt, je prends congé de vous.
Je le sais comme vous, les monts sont sans trésor;
Seul, je ferme ma porte au soleil qui se couche.

(Fachang Yiyu)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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FRAÎCHEUR NOCTURNE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



FRAÎCHEUR NOCTURNE

Limbe de paix céleste descendue
— heure humide, refermée déjà
sur la nuit blanche qui se hâte :
dix heures en mon pauvre village ! — ;
puits blanc et fatal,
où vous devrez être tous enfouis
— songeant à moi peut-être —, parmi le lourd trésor
de ce ciel, automnal déjà, de septembre
— vendange, lit froid —, effondré
sous le poids de ses étoiles uniques.

***

RELENTE

¡Limbo de descendida paz celeste
—hora húmeda, cerrada
ya en su temprana trasnochez:
filas diez del pobre pueblo mío!—;
pozo blanco y fatal,
donde estaréis todos hundidos
—soñando en mí quizás—, entre el tesoro bajo
de este cielo, otoñal ya, de setiembre
—vendimia, cama fría—, con el peso
de sus estrellas únicas caído!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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ÉROTIQUE (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2022




    
ÉROTIQUE

Toi le frelon et moi la rose,
Toi l’écume et moi le rocher;
Dans l’étrange métamorphose,
Toi le Phénix, moi le bûcher.

Toi, le Narcisse, et moi la source;
Mes yeux reflétant ton émoi;
Toi le trésor et moi la bourse;
Moi l’onde et le nageur en moi.

Et toi, la lèvre sur la lèvre,
Toi la langueur berçant la fièvre,
La vague aux vagues se mêlant.

Mais quel que soit le tendre jeu,
Toujours l’âme en feu s’envolant,
Bel oiseau d’or, en plein ciel bleu.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un jour, il y eut un enfant (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022



    
Un jour, il y eut un enfant

Un jour, il y eut un enfant.
Il vint jouer dans mon jardin;
Il était tout à fait pâle et silencieux.
Seulement quand il sourit je sus tout de lui,
Je sus ce qu’il avait dans les poches,
Je connus la sensation de ses mains dans les miennes
Et les plus intimes accents de sa voix.
Je le menais vers chacun de mes sentiers secrets
Lui montrant la cachette de tous mes trésors.
Je le laissais jouer avec eux, chacun d’entre eux,
J’ai déposé mes pensées chantantes dans une petite cage d’argent
Et lui les donnais afîn qu’il les garde…
Il faisait très sombre dans le jardin
Mais jamais assez sombre pour nous. Sur la pointe des pieds
Nous marchions parmi les ombres les plus profondes;
Nous nous baignâmes dans les étangs d’ombres sous les arbres
Prétendant que nous étions sous la mer.
Une fois — près de la limite du jardin —
Nous entendîmes des pas passant le long de la route du Monde;
O combien nous fûmes effrayés!
Je murmurai: « As-tu déjà marché le long de cette route? »
Il hocha la tête et nous chassâmes les larmes de nos yeux…
Un jour, il y eut un enfant.
Il vint — tout à fait seul — pour jouer dans mon jardin;
Il était pâle et silencieux.
Quand nous nous rencontrâmes nous nous embrassâmes,
Mais quand il est parti, nous ne nous fîmes pas même un signe.

***

There was a child once

He came to play in my garden;
He was quite pale and silent.
Only when he smiled I knew everything about him,
I knew what he had in his pockets,
And I knew the feel of his hands in my hands
And the most intimate tones of his voice.
I led him down each secret path,
Showing him the hiding-place of all my treasures.
I let him play with them, every one,
I put my singing thoughts in a little silver cage
And gave them to him to keep…
It was very dark in the garden
But never dark enough for us. On tiptoe we walked
among the deepest shades;
We bathed in the shadow pools beneath the trees,
Pretending we were under the sea.
Once—near the boundary of the garden—
We heard steps passing along the World-road;
O how frightened we were!
I whispered `Haveyou ever walked along that road? »
He nodded, and we shook the tears from our eyes…
There was a child once.
He came—quite alone—to play in my garden;
He was pale and silent.
When we met we kissed each other,
But when he went away, we did not even wave

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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La guerre est en nous (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



 

La guerre est en nous
avec ce feu qui nous hante
ces lueurs qui mordent
ces cris ces mots
à travers nos dents serrées
et toute cette colère qui flamboie
la guerre est en nous
puisque la mort
comme un trésor caché
repose attend se tait et pourrit…

(Philippe Soupault)

 

 

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