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Posts Tagged ‘tressaillir’

BONNE FORTUNE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018


 


 

Alexander Sulimov -   (26)

BONNE FORTUNE
À Théodore de Banville.

Tête penchée,
OEil battu,
Ainsi couchée
Qu’attends-tu ?

Sein qui tressaille,
Pleurs nerveux,
Fauve broussaille
De cheveux,

Frissons de cygnes
Sur tes flancs,
Voilà des signes
Trop parlants.

Tu n’es que folle
De ton corps.
Ton âme vole
Au dehors.

Qu’un autre vienne,
Tu feras
La même chaîne
De tes bras.

Je hais le doute,
Et, plus fier,
Je te veux toute,
Âme et chair.

C’est moi (pas l’autre!)
Qui t’étreins
Et qui me vautre
Sur tes seins.

Connais, panthère,
Ton vainqueur
Ou je fais taire
Ta langueur.

Attache et sangle
Ton esprit,
Ou je t’étrangle
Dans ton lit.

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Sulimov

 

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LE SOMMEIL (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
LE SOMMEIL

Un livre de ses mains tombe
quand le fermier s’endort
couché dans des draps vastes
des femmes dans son rêve décolletées
et jalouses
luttent pour leur bonheur
au milieu d’un jardin
où sur l’eau d’un bassin
l’image d’un mur tressaille
et celle des torses
soulevés par une respiration
qui semble à la mesure
de la silencieuse beauté.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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COUPLE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
COUPLE

L’homme sortit pour voir
la peau de sa compagne tressaillit
près des fleurs jamais nue
sauf ce soir
passèrent les herses flamboyantes ;
retourné dans la pièce à tout faire
il contempla un visage
un torse usés à peine
la robe déposée
un instant lui sembla
comme le drapeau noir
au temps de l’anarchie
et des vieux parents.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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TABLEAU (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration
    
TABLEAU

Une âpre femme arrive
qui jette dans la corbeille
les noix du grand noyer
tout peut bien être remis en cause
pour longtemps, pour toujours
paraît-elle dire à tous les autres.
Sort-elle du tableau
d’un vieux peintre oublié
où la vérité
approche le mystère ?
Les haillons troués
laissent voir un peu d’une gorge
un des hommes tressaille
près d’une hache, d’une chaise
à dossier courbe,
d’une pendule active.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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PAROXYSME (Manuel Maples Arce)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018


 


Claude Monet_train campagne

 

PAROXYSME

En route vers d’autres rêves nous sommes sortis avec la
fin du jour ;
une étrange aventure
nous a effeuillés dans le bonheur de la chair
et le coeur change
entre elle et la désolation du voyage.

Dans l’agglomération des quais
les sanglots ont tout à coup éclaté ;
ensuite, pendant toute la nuit
sous mes rêves,
j’entends ses plaintes
et ses prières.

Le train est une rafale de fer
qui gifle le panorama et émeut tout.

J’épuise son souvenir
jusqu’au fond
de l’extase,
et battent dans le coeur
les couleurs lointaines de ses yeux.

Aujourd’hui, nous passerons tout près de
l’automne
et les prairies seront jaunes.

Je tressaille à cause d’elle !
Horizons inhabités de l’absence !

Demain tout sera
ennuagé de ses larmes,
et la vie qui arrive
est faible comme un souffle.

(Manuel Maples Arce)

Illustration: Claude Monet

 

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PASSERELLES (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018


 


Alla Chakir  7afb

 

PASSERELLES

D’un souffle sur les vitres
qui se ramifie,
se dissipe, la nuit entière,
tu recrées la confiance.

Si tendre, la paume,
les yeux grands ouverts,
aucun mur ne s’oppose
à l’aube, à l’odeur du large.

Ces fleurs qui tressaillent
entre des pierres :
qu’un mot te franchisse,
toi aussi tu es libre.

Plein été, tu dis «neige»,
ce sera «fruit », l’hiver,
le plaisir est le même
d’aller plus loin.

Le front toujours nu,
le vent des falaises,
peu importe où l’on va,
un enfant nous devance.

(Pierre Dhainaut)

Illustration: Alla Chakir

 

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Je suis semblable à la licorne (Thibaut de Champagne)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



Je suis semblable à la licorne
Qui contemple, fascinée,
La vierge que suit son regard.
Heureuse de son tourment,
Elle tombe pâmée en son giron,
Proie offerte au traitre qui la tue.
Ainsi de moi, je suis mis à mort.
Amour et ma dame me tuent.
Ils ont pris mon coeur, je ne peux le reprendre.

Dame, quand je fus pour la première fois
Devant vous, quand je vous vis,
Mon coeur si fort tressaillit
Qu’il est resté auprès de vous quand je partis.
Alors il fut emmené sans rançon
Et enfermé dans la douce prison
Dont les piliers sont de désir,
Les portes, de contemplation,
Et les chaînes, de bon espoir.

Amour a la clef de la prison,
Il la fait garder par trois portiers :
Beau visage a nom le premier,
Beauté exerce ensuite son pouvoir ;
Obstacle est mis devant l’entrée,
un être sale, félon, vulgaire et puant,
Plein de malveillance et de scélératesse.
Ces gardiens rusés et rapides
Ont tôt fait de se saisir d’un homme !

Qui pourrait supporter les brimades
Et les assauts de ces geôliers ?
Jamais Roland ni Olivier
Ne remportèrent de si rudes batailles.
Ils triomphèrent, les armes à la main,
Mais ceux-là, seule Humilité peut les vaincre
Dont Patience est le porte-étendard.
En ce combat dont je vous parle,
Il n’est d’autre recours que la pitié.

Dame, je ne redoute rien tant
Que de manquer à vous aimer.
J’ai tant appris la souffrance
Qu’elle m’est liée tout entier à vous.
Et même, s’il vous déplaisait,
Je ne pourrais renoncer à vous
Sans emporter au moins mes souvenirs.
Mon coeur, lui, restera en prison,
Et peut être moi-même…

(Thibaut de Champagne)

 

 

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La jeune fille et le ramier (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Renata Ratajczyk   Sleeping_Beuty_2-imp_backg

La jeune fille et le ramier

Les rumeurs du jardin disent qu’il va pleuvoir ;
Tout tressaille, averti de la prochaine ondée :
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,
Plains-tu l’absent aimé qui ne pourra te voir ?

Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l’ombrage,
Banni de l’horizon qu’il n’atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux,
Un ramier, comme toi, soupire de l’orage.

Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux !
Sous l’orage qui passe il renaît tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ?
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Renata Ratajczyk

 

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LE SECRET (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Roberto Liang
    
LE SECRET

Dans la foule, Olivier, ne viens plus me surprendre ;
Sois là, mais sans parler, tâche de me l’apprendre :
Ta voix a des accents qui me font tressaillir !
Ne montre pas l’amour que je ne puis te rendre,
D’autres yeux que les tiens me regardent rougir.

Se chercher, s’entrevoir, n’est-ce pas tout se dire ?
Ne me demande plus, par un triste sourire,
Le bouquet qu’en dansant je garde malgré moi :
Il pèse sur mon coeur quand mon coeur le désire,
Et l’on voit dans mes yeux qu’il fut cueilli pour toi.

Lorsque je m’enfuirai, tiens-toi sur mon passage ;
Notre heure pour demain, les fleurs de mon corsage,
Je te donnerai tout avant la fin du jour :
Mais puisqu’on n’aime pas lorsque l’on est bien sage,
Prends garde à mon secret, car j’ai beaucoup d’amour !

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pensées (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



Penser, vivre, mer peu distincte;
Moi – ça – tremble,
Infini incessamment qui tressaille.
Ombres de mondes infimes: ombres d’ombres,
cendres d’ailes.
Pensées à la nage merveilleuse,
qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,
loin de nous éclairer, loin de rien pénétrer;
étrangères en nos maisons,
toujours à colporter,
poussières pour nous distraire
et nous éparpiller la vie.

(Henri Michaux)

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