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ANNEAUX DE CENDRE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




ANNEAUX DE CENDRE

Ce sont mes voix qui chantent
pour qu’ils ne chantent pas,
les bâillonnés à l’aube grise,
les déguisés en oiseau éploré sous la pluie.

Il y a, dans l’attente,
une rumeur de lilas qui se déchire.
Il y a, lorsque vient le jour,
un partage du soleil en petits soleils noirs.
Et lorsque c’est la nuit, toujours,
une tribu de mots mutilés
cherche asile dans ma gorge
pour qu’ils ne chantent pas,
les funestes, les maîtres du silence.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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SILENCE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Ettore Aldo Del Vigo _n

SILENCE

Bouche ô blessure ouverte sur ma voix,
Caverne où passe une tribu sauvage.
Un mot par siècle y retient l’avenir
Lorsque les dieux retrouvent leur chemin.

Telle une image aux yeux se dérobant,
Un sombre appel se sépare de nous
Et nous mordons la terre à pleines dents.
Ayez pitié des fauves que nous sommes.

Il suffirait de grâce persistante,
D’un regard tendre et d’un rien de parole
Pour adorer le monde comme une île,
Être le sable où se posent ses pas.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

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CABALETTE DU SORCIER BIENVEILLANT (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Frederick McCubbin
    
CABALETTE DU SORCIER BIENVEILLANT

Ne quémande plus.
Ici ne reste rien pour toi.
Tu n’es pas de la tribu.
Tu t’es trompé de forêt.

***

CABALETTA DELLO STREGONE BENEVOLO

Non chieder più.
Nulla per te qui resta.
Non sei della tribù.
Hai sbagliato foresta.

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

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Image (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Zinaïda Serebriakova
    

Image

Le père distribue la soupe à la tribu rongée d’amour
La mère signe le pain d’une croix salvatrice
où les enfants broiront l’ardeur de leurs baisers
le foin de leurs pensées s’incendie d’avenir.

Dans la tiédeur des mets languissent de belles lèvres
et le vin sent le sang, le sang frère et caché
le sang si doux dans la chair de verre :
« Que les enfants ont soif ! que les enfants ont faim ! »

Tous les désirs vivants semblent dormir ici
chiens muselés gardés la laisse au poing
et tous les tièdes yeux regardent dans la nuit
l’essaim des mouches blanches farder la terre.

C’est le silence et l’harmonie des coeurs
le père songe à la vache qui vèle
la mère songe au froid de cette neige
sur le froid du tombeau de l’enfant mort.

Jean-Paul songe à des chairs sans ombre
aux seins de la servante entrevus dans la grange
et Jeanne songe au berger de la sente :
ah ! neige née sur le feu de mon sang.

Les parents rient, des liserons de neige regardent la famille,
un Christ de poussière se meurt sur le mur
un Dieu laid comme un homme montre son coeur à nu,
l’horloge bat, ô mon coeur ! ô mon coeur ! si lente…

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Les porteurs d’eau (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



Didier Boisgard  le_porteur_d_eau_30x30cm_2008_bdnnw3v

Les porteurs d’eau

Connaissez-vous ce poids dur aux épaules
Ce vieux regret d’une mer à porter
Le monde oscille et bouge à chaque pôle
Et ces bidons, nous rêvons d’y plonger
Nos corps brûlés du grand vent des paroles.

Il tourne ici des souvenirs d’écume
Des poissons bleus tracent des ciels ici
Les écureuils ont perdu leurs coutumes
Des monstres d’eau baignent leur incendie
Et la forêt se perd dans son déluge.

Il suffisait d’une douceur extrême
D’aimer la mer pour revivre dans l’eau.
Nous retrouvons les chevaux du poème
Chacun se cabre et repart aussitôt
Dans la tribu des hippocampes blêmes.

Le cri de guerre est ici jeu de billes
Et l’agonie un mouvement berceur
Chacun revit poisson s’il veut la lune
Arbre marin s’il aime les couleurs
Les porteurs d’au portent des algues brunes
Et les oiseaux s’endorment dans leurs coeurs.

(Robert Sabatier)

Illustration: Didier Boisgard  

 

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L’autre (Michel Baglin)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



Gurbuz Dogan Eksioglu (12)

L’autre, c’est lui, là-bas. Toujours là-bas.
Parce qu’ici, c’est moi, c’est toi, c’est nous – c’est du pareil au même.

L’autre, c’est la peur remontée du fond des âges qui fabrique un étranger.
Qui fait serrer les fesses, et puis les poings, et puis les rangs.

C’est quelqu’un que l’on attendait pas, quelqu’un qui vient de loin,
quelque autre qui s’est invité dans nos jeux de miroirs et s’y réfracte.

Il diffère, on le compare. Il se distingue, on s’en méfie.
Et parce qu’il nous ressemble trop, les différences s’exaspèrent.

L’autre se tient là-bas, au delà d’une frontière.
Il est le nom d’une peur commune aux êtres dissemblables,
qui porte les peuples depuis toujours aux solidarités de clan, de tribu, de meute.

(Michel Baglin)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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La chanson des grenouilles (Steve Waring)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



La chanson des grenouilles

ll était une fois un petit garçon qui aimait se promener dans la campagne
Un bel après-midi, il allait vers les marécages,
où le saule pleure sur la terre et l’air est tout mouillé

et la mousse qui descend des cyprès ressemble à un monstre à l’oeil maussade

Juste a l’endroit où vivent les grenouilles !

Eh bien, ce petit garçon s’assoit sur un tronc d’arbre et il écoute les grenouilles.
D’abord, elles ne parlent que le langage des grenouilles.
Quelques unes disent …
Et les autres…
Les plus grosses faisaient…
Et même quelquefois on entend…

bientôt, il ferme les yeux pour mieux entendre.
Il écoute encore les grenouilles et il découvre
qu’elles ne parlent plus le langage des grenouilles, no sir, elles parlent le langage des gens.

Il y en avait une qui disait : « Où es-tu? Où es-tu? Où es-tu? »
Et une autre qui lui répond « Suis’ici, suis’ici, suis’ici, suis’ici! … »
Et une autre qui demandait « Où ça? Où ça? Où ça »
Et un vieux crapaud qui disait « Dans la boue, dans la boue, dans la boue…
Et un très vieux grand-père qui chantait presque « Enlève’le, Enlève’le, Enlève’le… »
Et une toute petite grenouille qui disait « J’peux pas, J’peux pas, j’peux pas! … »
Et puis le chef de la tribu, avec ses yeux gros et verts, il sort la tête de l’eau et dit : « Boooooo! »

Et toutes les grenouilles sautent dans l’eau et elles nagent au loin en faisant …

(Steve Waring)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

 

 

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Être des frères (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2016



… Puisqu’autour de ce feu voici nos coeurs tout nus
Sans honte et simplement tenant assemblée
Comme il sied à ceux-là d’une tribu
Qui ont fait un bouquet de leurs destinées,
O nous, si réchauffés autour de ce coeur chaud,
Étranglons, étouffons en nous les chiens voraces
Que l’ancêtre Caïn a laissés dans la race,
Ces chiens de toute humanité, griffes et crocs!
Ah! étranglons-les pendant qu’ils dorment!
Et que nous appliquions notre vouloir d’hommes
Au bonheur légendaire
Dont s’est éprise, au long des temps, cette race :
Être des frères, ô vous mes frères!
Et des frères qui s’embrassent.

(Charles Vildrac)

Illustration; Peter Paul Rubens

 

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J’ai chaud de vos coeurs (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



… j’ai chaud de vos coeurs
qui brûlent ensemble
à l’entour de moi,
et ma piété les contient tous
comme une église.
Vous êtes là et je vous vois, vos yeux sont bons.
Tout est tranquille et je repose;
j’allonge ma quiétude,
ainsi qu’un grand chien noir,
aux pieds de votre vigilance

(Charles Vildrac)

Illustration: Eloi Flore

 

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ODE A RANAVALONA III (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




ODE A RANAVALONA III
(extraits)

[…]

Quel chérubin obscur a pu compter les gouttes
De larmes dont tes yeux ont inondé tes jours!
Peut-être que témoin insensible de tes doutes
Ton ange a-t-il prévu de si brillants retours.

Lorsque la mort, plus tard, vint délivrer ton âme,
Le souffle du désert ou quelques vieux corbeaux
Ont pu seuls écouter les plaintes de tes mânes
Parmi les myrtes verts qui veillaient ton tombeau.

[…]

Mais où sont les taureaux à la nuque étoilée
Dont le sang abondant doit arroser le sol ?
Où donc est la génisse à tes pas immolée ?
Je cherche vainement ton rouge parasol.

Dans le jardin des rois, les « sahondras » sont mortes.
Nulle conque marine avec des sanglots longs
N’ose non plus troubler le silence des Portes
Ni déchirer les flancs paisibles des vallons.

Sous le ciel éclatant d’un bleu d’apothéose,
Je ne vois point marcher des vierges des tribus
La théorie ardente en guirlandes de roses
Pour réciter en choeur les chants qui te sont dus.

*
Une foule innombrable envahit l’Acropole
Et refait vaguement les gestes rituels.
Mais l’Aigle qui défend l’accès des nécropoles
Semble ignorer ton Ombre et tes restes mortels.

Les bambous ont verdi. Les ficus centenaires,
Des ébats de ta cour témoins silencieux,
Poursuivent, nonchalants, leur songe imaginaire
Autour de la « Maison-Froide » de tes aïeux.

Mais, seul, l’arbre des rois, d’un geste symbolique,
Contemple ta dépouille avec des lents remous :
L’« Aviavy » sacré parfume ta relique
Du baume hypothétique à tes cendres si doux.

*

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes
Dont la langueur valut l’empire d’un pays,
Au milieu des rois morts dont la vertu t’assiste,
Que tu dois être heureuse en ce linceul ami !

Maintenant que tu dors sous le signe des Rites,
Qu’importe à ton destin que des peuples nouveaux
Rangent sous d’autres lois l’éclat des latérites :
Ton âme aura vécu ses rêves les plus beaux,

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes,
Maintenant que tu dors sous le signe des Rites.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration et présentation de la Reine Ranavalona III

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