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Chaque création (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Chaque création
chaque reproduction
demande son tribut :

La mort de son auteur

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mélancolie (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




Mélancolie

Mélancolie,
Je t’ai rencontrée
Un soir de folie…

Mélancolie,
Tu m’as absorbée
Et tu m’as polie…

Mélancolie,
Depuis, tu me poursuis,
Je ne connais plus de repos…

Mélancolie,
Je te fuis,
Mais je t’ai dans la peau!

Mélancolie,
Je me hâte,
Mais tu m’as vue:

Mélancolie,
Tu me rattrapes
Et réclames ton tribut…

Mélancolie,
Je suis malade,
Mais tu n’as pas pitié!

Mélancolie,
Tu me happes
Je suis tombée…

(Mireille Gaglio)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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Elle n’était même pas atterrante comme un Ange (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018



Lorenzo Costa_Marie 004 [800x600]

Hommage aux anges
[40]

Ceci n’est ni rune ni symbole,
ce que je veux dire est — c’est si simple

pourtant aucune ruse du stylo ou du pinceau
ne pourrait capter cette impression ;

ce que je voulais indiquer était
une nouvelle phase, une nouvelle distinction de couleur ;

je voulais dire, j’ai dit
qu’il n’y avait ni éclat, ni reflet,

ni ombre ; quand j’ai dit blanc,
je ne voulais pas dire blanc de sculpteur ou de peintre,

ni porcelaine ; blanc pâle ne pourrait pas
en donner l’idée, car quand

la neige fraichement tombée (ou la neige
au moment où elle tombe) est-elle pâle ?

pourtant maintenant, nous titubons, nous sommes perdus —
que pouvons-nous dire ?

elle n’était pas impalpable comme un spectre,
elle n’était pas terrifiante comme un Esprit,

elle n’était même pas atterrante
comme un Ange.

[41]

Elle portait un livre, soit pour suggérer
qu’elle était des nôtres, avec nous,

soit pour indiquer qu’elle était satisfaite
de notre intention, un tribut aux Anges ;

pourtant bien que le campanile ait dit,
Gabriel, Azraël,

bien que le campanile ait répondu,
Raphaël Urgel,

bien qu’une note distante sur l’eau
ait sonné Annaël, et que Michel

ait été implicite dès le début,
une autre cloche, profonde, sans nom, résurgente

a répondu, couvrant toutes les autres :
souviens-toi, là où il n’y avait

que faire de la lune pour luire…
je ne vis point de temple.

***

This is norune nor symbol,
what Î mean is-it is so simple

yet no trick of the pen or brush
could capture that impression;

what I wanted to indicate was
a new phase, a new distinction of colour;

I wanted to say, I did say
there was no sheen, no reflection,

no shadow; when I said white,
I did not mean sculptor’s or painter’s white,

nor porcelain; dim-white could
not suggest it, for when

is fresh-fallen snow (or snow
in the act of falling) dim?

yet evenino’o we`stumble, we are lost—
what can we say?

she was not impalpable like a ghost,
she was not awe-inspiring like a Spirit,

she was not even over-whelming
like an Angel.

She carried a book, either to imply
she was one of us, with us,

or to suggest she was satisfied
with our purpose, a tribute to the Angels

yet though the campanili spoke,
Gabriel, Azrael,

though the campanili answered,
Raphael, Uriel,

thought a distant note over-water
chimed Annael, and Michael

was implicit from the beginning,
another, deep, un-named, resurging bell

answered, sounding through them all:
remember, where there was

no need of the moon to shine .. .
I saw no temple.

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Lorenzo Costa

 

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Rêve (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



    

Rêve

Ô mes auteurs chéris, vous qui, lorsque je pleure,
Me consolez toujours, m’entourez à toute heure,
Vos écrits ont calmé mes pensers dévorants,
Et je vous aime tous, en amis, en parents !…

Dans mes rêves brillants, fils de la poésie,
Je vois s’ouvrir pour moi votre foule choisie ;
Votre voix m’encourage, et je vous dis comment
Ma jeunesse a passé de tourment en tourment :
Comment, sans qu’un ami soit venu leur sourire,
Je fis mes premiers vers sans savoir les écrire ;
On m’interdit l’étude, ainsi que l’on défend
Le jeu, qui le distrait, au paresseux enfant.
Et je cachais à tous, comme on cache des crimes,
Les désirs du poète et ses penchants sublimes !…

Alors, comme un tribut pour ce que j’ai souffert,
Le laurier triomphal par vos mains m’est offert.

(Louise Colet)

 

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