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Poésie

Posts Tagged ‘triomphant’

La rose flamande (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Júlia Fernández Sánchez 9649

Illustration: Júlia Fernández Sánchez
    
La rose flamande

C’est là que j’ai vu Rose Dassonville,
Ce mouvant miroir d’une rose au vent.
Quand ses doux printemps erraient par la ville,
Ils embaumaient l’air libre et triomphant.

Et chacun disait en perçant la foule :
 » Quoi ! belle à ce point ?… Je veux voir aussi…  »
Et l’enfant passait comme l’eau qui coule
Sans se demander :  » Qui voit-on ici ?  »

Un souffle effeuilla Rose Dassonville.
Son logis cessa de fleurir la ville,
Et, triste aujourd’hui comme le voilà,
C’est là !

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

 

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Guérison (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Theodore Chassériau
    
Guérison

Le gazon nourri des vertes banlieues,
Ma forêt d’amour aux chemins vernis,
Sont tout pénétrés d’une pâte bleue
– D’un azur solide où planter des nids.

Fuyons les pays que leur gloire encombre
(Quel désert superbe on ferait ici)
Nous irons au bois fouler le décombre
De tout ce laurier cher à mes amis

Il faut mettre au vert notre poétique.
Ne te grise plus de métaphysique,
Laisse épanouir ton corps triomphant.

Tout s’arrangera si tu es bien ivre !
Muse des taillis qui ris de mes livres,
Allons dans les bois te faire un enfant.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Jean-Jacques Henner
    
SONNET

J’ai peur de la femme qui dort
Sur le canapé, sous la lampe.
On dirait un serpent qui mord,
Un serpent bien luisant qui rampe.

Je ne suis pas un homme fort,
Mais ce soir le sang bat ma tempe.
L’amour va bien avec la mort;
Mon poignard, essayons ta trempe.

Arrêtons son rêve menteur.
Nulle langueur, nulle senteur,
Acier, n’empêchera ton oeuvre.

Ô lâcheté! le lendemain
J’aspirais l’odeur de jasmin
De ma triomphante couleuvre!

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Essor d’une Mouette (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration
    
Essor d’une Mouette

Aidez-moi dans ma fuite, ô les beaux vents fidèles !
Car je sens remuer en moi mes longues ailes !

Et sans craindre l’effroi des espaces amers,
J’obéis à l’appel impérieux des mers !

Je ne sais où j’irai, ni quel souffle m’emporte…
Mais je ne reviendrai que triomphante ou morte,

Je n’obéis qu’à vous, à votre étrange loi.
Me voici prête pour la fuite… Portez-moi !

J’ignore où j’errerai, mais j’ai l’amour de vous,
O despotiques vents divinement jaloux !

Je n’ai pu qu’entrevoir la lueur de vos faces,
Mais mon coeur est saisi par vos griffes tenaces.

O vous qui demeurez mon amour éternel,
Emportez-moi dans le ciel ouvert ! Dans le ciel !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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LA CHANSON DES BAISERS (A. Gallais)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017




    
LA CHANSON DES BAISERS

Quelle est cette pure caresse :
Caresse qui berce le cœur
Et fait éclore la jeunesse
Au paradis d’Amour vainqueur ?
Quelle est cette pure caresse
Dont chacun garde souvenir
Et que nulle douleur ne blesse.

Que rien ne fait s’évanouir ?
C’est le baiser de l’enfant à la mère.
C’est le baiser de la mère à l’enfant
Dont la douceur est fraîche et printanière :
Baiser chaste et divin du Bonheur triomphant !

Quel est ce frisson qui transporte
Et verse à l’être mille émois
Quand l’Amour naissant nous apporte
A vingt ans ses troublants abois ?
Quel est ce frisson dont notre âme
Est soudain joyeuse en ce jour,
Et dont la merveilleuse flamme
Fait de nous des dieux sans retour ?

C’est le baiser de l’amant à l’amante,
C’est le baiser de l’amante à l’amant
Dont la chaleur intime et pénétrante
Des paradis charnels anime le roman !

Quelle est donc cette étreinte chère,
Qui se donne auprès d’un berceau,
Cependant que, la mine fière,
D’orgueil on ressent un tressant?
Quelle est donc cette étreinte amie
Qui témoigne de l’union
Sans calcul, par l’Amour bénie
De deux âmes à l’unisson?

C’est le baiser de l’époux à l’épouse,
C’est le baiser de l’épouse à l’époux,
En contemplant, de tendresse jalouse,
L’enfant de leur désir riant à ses joujoux !

Quel est donc ce froid qui nous glace
A l’approche du froid hiver.
Alors que mainte ride trace
Sur nos fronts son sillon de fer ?
Quel est donc ce froid qui traverse
Nos regards recherchant le ciel ?
Quel est donc ce glas qui nous berce
De son calme rythme éternel ?

C’est le baiser de la Mort à la Vie,
C’est le baiser de la Vie à la Mort :
Baiser qui tue et la haine et l’envie,
Baiser juste où chacun, riche ou pauvre, s’endort !

(A. Gallais)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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VOLUPTE (Gaston Sansrefus)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Edward Jones
    
VOLUPTE

Sous la mâle caresse, alanguie et pâmée,
Colombine se meurt au baiser de Pierrot,
Baiser de libertin et baiser de dévot
Oui boit la volupté de la chair parfumée.

Les seins cabrés, offerts, superbement aimée,
Les beaux yeux chavirés dans un dernier sanglot,
Elle abandonne aux bras de l’amoureux pâlot
Son corps nu, triomphant sous le chaud hymenée.

Des doigts impatients frôlent ses reins nerveux;
Des frissons fous, brûlants, la terrassent, vaincue,
Des feux passent ardents dans l’or de ses cheveux;

Et, viole d’amour, magnifique instrument.
Tout son être vibrant d’une ivresse éperdue,
Elle épuise sa vie aux lèvres de l’amant !

(Gaston Sansrefus)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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IDYLLE (Vauguelin de La Fresnaye)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: George Owen Wynne Apperley  
    
IDYLLE

Entre les fleurs, entre les lis,
Doucement dormait ma Philis,
Et tout autour de son visage.
Les petits Amours, comme enfants,
Jouaient, folâtraient, triomphants,
Voyant des cieux la belle image.

J’admirais toutes ces beautés,
Egales à mes loyautés,
Quand l’esprit me dit à l’oreille :
Fol, que fais-tu ? Le temps perdu
Souvent est chèrement vendu :
S’on le recouvre, c’est merveille.

Alors je m’abaisse tout bas
Sans bruit, je marche pas à pas,
Et baisai ses lèvres pourprines;
Savourant un tel bien, je dis
Que tel est dans le paradis
Le plaisir des âmes divines.

(Vauguelin de La Fresnaye)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Clarté de l’aube (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



 

Illustration: Albert Ritzberger
    
Clarté de l’aube

Clarté de l’aube chaste aux ailes des colombes,
Givre laiteux, fardez les bois; tremblez rayons
Sur les lys entrouverts à la pierre des tombes,
Des lilas bleuissants parez les noirs sillons.

Clarté de l’aube rose au cou des tourterelles,
Brouillard vermeil, coulez à l’écume des eaux,
Frémissante rosée ensanglant les prêles
Qui nimbez d’incarnat la fuite des bouleaux.

Splendeurs du jour nouveau, en roses triomphales
Fleurissez les jardins merveilleux de la nuit
Et mêlez à la brise aux joyeuses rafales,
Le sang des calices larges épanouis.

L’Amour s’éveille et tend sa lèvre inassouvie
A l’humide parfum des jeunes voluptés
Et verse à son désir, roses, votre ambroisie,
meurtrissant vos langueurs de baisers indomptés.

Les chevreaux piétinent l’argent frais des fontaines,
Boivent le jour naissant épars en leurs reflets,
Et le berger frileux sous sa cape de laine
Dessine au milieu d’eux son profil violet,

Et sa flûte répand, pour charmer l’aube rousse,
Son murmure, pendant qu’à son fruste amoureux
Elle sourit debout et les pieds dans la mousse,
Tordant à son front l’or mouillé de ses cheveux.

(Marie Dauguet)

 

 

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Matins de printemps (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017




Matins de printemps, leur candeur!
– Autrefois, quand j’étais enfant,
j’ai tant caressé la fraîcheur de l’aube
sur mes rideaux blancs.

La porte s’ouvre.
O le bruit frais des pas de maman,
les pieds nus,
quand tout aurore
je m’offrais à ses baisers frais et menus.

Puis elle ouvrait grande la fenêtre.
Je poussais des cris triomphants.

On ne peut toujours être enfant
et ni toujours être poète.

(Paul Fort)


Illustration: Josette Mercier

 

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Aux arbres morts (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Aux arbres morts

Arbres qui verdoyez au soleil triomphant,
Ô fils harmonieux de la bonne nature,
Toujours debout, dressant votre fière stature,
Comment grandirez-vous si rien ne vous défend ?

La hache sur vos troncs retentit, et vous fend,
Et vous tombez au sol avec un long murmure ;
Un frisson tel agite alors votre ramure
Qu’on entend, grands vaincus, sur vous pleurer le vent.

Loin des tristes cités barbares où nous sommes,
Dans des bois inconnus, hors du regard des hommes,
Beaux arbres, puissiez-vous revivre pour jamais !

Nous n’avons pas assez l’amour des verts feuillages
Pour que, dans les vallons ou sur les clairs sommets,
Vous abritiez nos fronts de vos bras chargés d’âges…

(Albert Lozeau)

 

 

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