Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘triste’

Le jardin (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Le jardin a toujours cette allure
A laquelle je n’ai jamais pu me faire
D’être immense et sauvage
Alors qu’il est sage et petit à tout prendre
Le gravier a cet air que je lui connais
d’avoir conservé la chaleur de l’été
Même si le ciel est couvert de nuages .
Il fait penser — et je ne sais pourquoi —
A une femme triste qui penche la tête.

(Robert Momeux)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les quatre sans cou (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Les quatre sans cou

Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
Quatre à qui l’on avait coupé le cou,
On les appelait les quatre sans cou.

Quand ils buvaient un verre,
Au café de la place ou du boulevard,
Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.

Quand ils mangeaient, c’était sanglant,
Et tous quatre chantant et sanglotant,
Quand ils aimaient, c’était du sang.

Quand ils couraient, c’était du vent,
Quand ils pleuraient, c’était vivant,
Quand ils dormaient, c’était sans regret.

Quand ils travaillaient, c’était méchant,
Quand ils rôdaient, c’était effrayant,
Quand ils jouaient, c’était différent,

Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,
Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,
Quand ils jouaient, c’était étonnant.

Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.
Ils auraient pour un baiser
Donné ce qu’il leur restait de sang.

Leurs mains avaient des lignes sans nombre
Qui se perdaient parmi les ombres
Comme des rails dans la forêt.

Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois
Et les idoles se cachaient derrière leur croix
Quand devant elles ils passaient droits.

On leur avait rapporté leur tête
Plus de vingt fois, plus de cent fois.
Les ayant retrouvées à la chasse ou dans les fêtes,

Mais jamais ils ne voulurent reprendre
Ces têtes où brillaient leurs yeux,
Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.

Cela ne faisait peut-être pas l’affaire
Des chapeliers et des dentistes.
La gaîté des uns rend les autres tristes.

Les quatre sans cou vivent, c’est certain.
J’en connais un au moins un
Et peut-être aussi les trois autres.

Le premier, c’est Anatole,
Le second, c’est Croquignole,
Le troisième, c’est Barbemolle,
Le quatrième, c’est encore Anatole.

Je les vois de moins en moins,
C’est déprimant à la fin,
La fréquentation des gens trop malins .

(Robert Desnos)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je me protège de cette rafale (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



Odilon Redon_mystery [1280x768]

 

Je me protège de cette rafale
Qui balaie sur les cimes des peupliers
La lumière de la place.
Dans le faible reflet, une volée
De feuilles remonte le bord de la muraille.
Elle me frappe là où j’ai mal,
Cette voix, toute la nuit :
Me revient ma triste
Vocation à exister, cette soif
De me chercher en tous lieux.

***

Mi difendo a questa raffica
Che spolvera la luce della piazza
Suite cime dei pioppi.
Nel debole riverbero uno stormo
Di foglie risale il ciglio della murata.
Batte qui dove mi duole
Questa voce tutta flotte :
Mi ritorna la triste
Vocazione ad esistere,
La brama di cercarmi in ogni luogo.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Odilon Redon

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VENT, LE VENT TRISTE DE L’AUTOMNE! (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



LE VENT, LE VENT TRISTE DE L’AUTOMNE!

Avec le cri qui sort d’une gorge d’enfant,
Le vent de par les bois, funèbre et triomphant,
Le vent va, le vent court dans l’écorce qu’il fend
Mêlant son bruit lointain au bruit d’un olifant.

Puis voici qu’il s’apaise, endormant ses furies
Comme au temps où jouant dans les nuits attendries
Son violon berçait nos roses rêveries,
Choses qui parfumiez les ramures fleuries !

Comme lui, comme lui qui fatal s’élevant
Et gronde et rage et qui se tait aussi souvent,
O femme, ton amour est parallèle au Vent :

Avant de nous entrer dans l’âme, il nous effleure;
Une fois pénétré pour nous briser, vient l’heure
Où sur l’épars débris de nos coeurs d’homme, il pleure !

(Emile Nelligan)


Illustration: Da Svetlana Dimont

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’oiseau blanc (Wakayama Bokusui)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Ne voyez-vous pas comme il est triste cet oiseau blanc
Ni le bleu du ciel ni le bleu de la mer ne déteignent sur lui
Qui flotte dans le vent

(Wakayama Bokusui)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour, vorace et triste (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2021



Illustration: Lucie Llong
    
L’amour, vorace et triste, en son humble folie,
Exige le serment qui rapproche et qui lie
La mort avec la volupté ;
Une voix dit « toujours » et l’autre répond « oui »,
Car l’éphémère ardeur veut un luxe inouï
D’avenir et d’éternité…

(Anna de Noailles)

 

Recueil: Poème de l’amour
Traduction:
Editions: Le livre unique

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Puisque ce monde est triste… (Omar Khayyâm)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




    
Puisque ce monde est triste…

Puisque ce monde est triste et que ton âme pure,
Ô mon amie, un jour, doit aller chez les morts,
Oh ! viens t’asseoir parmi les fleurs sur la verdure,
Avant que d’autres fleurs s’élèvent de nos corps.

(Omar Khayyâm)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: Traduit du persan par Jean Lahor
Editions :

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON TRISTE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
CHANSON TRISTE

Au lieu de larmes,
un petit chant triste.
Au lieu du retour,
ce regard vers l’horizon.
Je pense à mon pays,
et le chagrin m’étouffe.
Retourner chez moi?
— personne ne m’attend.
Traverser la rivière
— il n’y a pas de barque.
Parler de ma peine ?
— il n’y a pas de mots
Dans ma poitrine,
les roues d’un char
tournent sans fin.

(Anonyme)

Dynastie Han

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RÉVEIL (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021




    
RÉVEIL

Tout est si gris et tristement quotidien,
ici, que mon coeur est prêt à se fendre
— Il me semble que j’ai perdu quelque chose
alors que je n’avais rien à perdre.

Mais, à bien y réfléchir, si :
j’ai perdu, je crois,
mon âme d’enfant.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VERNALE (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2021



    

VERNALE

Un sanglot qui se brise
Meurt dans un parfum de lilas,
Une chimère hier exquise
Laisse mon coeur bien las.
L’odeur seule persiste
Sur un bouquet déjà fané
Et mon coeur est triste, triste
comme un coeur de damné.
J’avais fait un beau rêve
Rien qu’un peu d’amour aujourd’hui,
Mais comme une bulle qu’on crève
Mon rêve s’est enfui.

(Birago Diop)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :