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Posts Tagged ‘trombe’

Rescousse (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



 

David Alfaro Siqueiros hart-crane-1931

Rescousse

Si ma guitare
Que je répare,
Trois fois barbare :
Kriss indien,

Cric de supplice,
Bois de justice,
Boîte à malice,
Ne fait pas bien…

Si ma voix pire
Ne peut te dire
Mon doux martyre…
– Métier de chien ! –

Si mon cigare,
Viatique et phare,
Point ne t’égare ;
– Feu de brûler…

Si ma menace,
Trombe qui passe,
Manque de grâce;
– Muet de hurler…

Si de mon âme
La mer en flamme
N’a pas de lame ;
– Cuit de geler…

Vais m’en aller !

(Tristan Corbière)

Illustration: David Alfaro Siqueiros

 

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SACRE ET MASSACRE DE L’AMOUR (Roger Gilbert-Lecomte)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



Illustration: Salvador Dali
    
SACRE ET MASSACRE DE L’AMOUR (IV)

Visitation blême au désert de l’amour

Aveugle prophétesse au regard de cristal
Que les oreilles de ton cœur
Entendent rugir les lions intérieurs
Du cœur

Le grand voile de brume rouge et la rumeur
Du sang brûlé par le poison des charmes

Et les prestiges du désir
Suscitant aux détours de ta gorge nocturne
La voracité des vampires

Danse immense des gravitations nuptiales
Aux palpitations des mondes et des mers
Au rythme des soleils du cœur et des sanglots
Vers le temple perdu dans l’abîme oublié
Vers la caverne médusante qu’enfanta
L’ombre panique dans la première nuit du monde
Voici l’appel la trombe et le vol des semences
L’appel au fond de tout du centre souterrain

Danseuse unissant la nuit à l’eau-mère
Végétal unissant la terre au sang du ciel

(Roger Gilbert-Lecomte)

 

Recueil: La Vie, l’Amour, la Mort, le Vide et le Vent:
Traduction:
Editions:

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ÉTRANGER (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



 


ÉTRANGER

De moi à moi, quelle est cette distance ? On crie.
Réveil. J’ai le souvenir d’un combat.

Quelqu’un parlait, riait, miroir de vie
qui se comprend — et je ne comprends pas :

Etait-ce moi que j’écoutais rêvant?
Serait-ce lui maintenant qui s’éveille ?

Près de surgir total — un coup de vent
m’a replongé; je veille et je sommeille.

Mes yeux grandis tirent vers la lumière
cet inconnu rebelle qui parlait

mais, soudain submergé, aveugle, pierre,
il fuit le jour se replie et se tait.

Nul ne saura ce qu’il veut ce qu’il pense;
je suis la plante agrippée au rocher,

je suis l’oreille à présent sans défense,
béante aux bruits que j’espérais chasser,

bruits de la nuit, de mon coeur, de mes veines,
tout se confond, je tourne, je subis

sans rien savoir, simple anneau d’une chaîne,
léger — lourd d’un voisinage infini.

— Passez en moi, trombes, fausses paroles!
je crois entendre et répondre, ô muet

je ne serai jamais que l’ombre folle
d’un inconnu qui garde ses secrets.

(Jean Tardieu)

 

 

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Puisque nous sommes d’accord (Peter Turrini)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016




Tu entres en trombe
et hurles
combien tu me hais.

Je me hais aussi.

Puisque nous sommes d’accord :
Ne pourrions-nous pas
nous rapprocher un peu ?

(Peter Turrini)

 

 

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