Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘trompette’

RETOUCHE AU CHEVAL DE BATAILLE (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



 

sorciere

RETOUCHE AU CHEVAL DE BATAILLE

Le balai qui se cachait sous l’escalier
arbre et canon
aigle et trompette
mes dix mille victoires
devenait soudain l’instrument de la colère
aux mains des femmes décoiffées.
Il me fallait attendre le prochain matin
pour aller de nouveau le caresser
dans la soupente où venait se dérouler
et mourir
la fougère du café.

(Daniel Boulanger)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DIEU EST NÈGRE (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020



Louis Armstrong
    
DIEU EST NÈGRE

Y avait dans la gorge à Jimmy
Tant de soleil à trois cents balles
Du blues, du rêve et du whisky
Tout comme dans les bars de Pigalle
Dieu est nègre!

C´est à la une des quotidiens
Ça fait du tort aux diplomates
Jimmy l´a vu au p´tit matin
Avec un saxo dans les pattes
Dieu est nègre!

Armstrong est reçu chez le président
Il y est allé sans sa trompette
Depuis qu´il est entré là-dedans
C´est plus du blues, c´est la tempête
Dieu est nègre!

Ça fait du bruit dans le monde entier
À faire danser tous les cimetières
Les orgues à Saint-Germain-des-Prés
En perdent le souffle et la prière
Dieu est nègre!

Il a des p´tits cheveux d´argent
Qui font au ciel comme des mirages
Et dans sa gorge y a du plain-chant
Comme dans les bars du Moyen Âge
Dieu est nègre!

Et dans la gorge à mon Jimmy
Y a du soleil à trois cents balles
Du blues, du rêve et du whisky
Comme dans les bars de Pigalle
Dieu est nègre!

Et dans l´aube grise et toute glacée
Jimmy s´endort dans l´ caniveau
En jouant d´ la trompette bouchée
Dans sa bouteille de Jéricho
Pauvre et maigre!

(Léo Ferré)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

QUAND SUZANNE JONES EST VÊTUE DE ROUGE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

robe rouge

QUAND SUZANNE JONES EST VÊTUE DE ROUGE

Quand Suzanne Jones est vêtue de rouge,
Sa face est comme une camée antique,
Brunie par les siècles,
Viens Jésus, avec un appel de trompettes!

Quand Suzanne Jones est vêtue de rouge,
C’est une reine qui revient
D’une nuit d’Egypte depuis longtemps défunte.
Sonnez Jésus les trompettes!

Et la beauté de Suzanne Jones vêtue de rouge
Brûle au fond de mon coeur une flamme d’amour
Vive comme une douleur.

Douces trompettes d’argent,
O Jésus!

***

WHEN SUSANNA JONES WEARS RED

When Susanna Jones wears red
Herface is like an ancient cameo
Turned brown by the ages.

Come with a blast of trumpets,
Jesus!

When Susanna Jones wears red
A queen from some time-dead Egyptian night
Walks once again.

Blow trumpets, Jesus!

And the beauty of Susanna Jones in red
Burns in my heart a love-fire sharp like pain.

Sweet silver trumpets,
Jesus!

(Langston Hughes)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue) (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

tableau-joueur-de-trompette [1280x768]

LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue)

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Porte sous les yeux sa lassitude
En sombres croissants de lune
Là où couve la braise mémorable
Des vaisseaux négriers
Que rallume le claquement des fouets
Autour des cuisses.

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Sa tête frémissante de cheveux
Maintenant matés
Et lisses comme cuir qu’on a tant verni
Qu’ils brillent
Comme jais…
Si le jais pouvait lui faire une couronne.

La musique
De la trompette à ses lèvres
Est miel
Coulé dans le feu.
Le rythme
De la trompette à ses lèvres
Est extase
Exhalé d’antique désir…

Désir
Qui aspire à la lune
Quand sa lumière n’est qu’un projecteur
Au fond de ses yeux,
Désir
Qui aspire à la mer
Quand la mer n’est qu’un verre au comptoir
A la taille du nigaud.

Le Noir
La trompette à ses lèvres,
Dans son veston
Parfaitement boutonné
Ne sait pas
Sur quel motif la musique enfonce
Son aiguille hypodermique
Et le pénètre jusqu’à l’âme…

Mais doucement
Quand le chant monte de sa gorge,
Sa douleur mûrit
Et se change en note d’or.

***

Trumpet Player

The Negro
With the trumpet at his lips
Has dark moons of weariness
Beneath his eyes
where the smoldering memory
of slave ships
Blazed to the crack of whips
about thighs

The negro
with the trumpet at his lips
has a head of vibrant hair
tamed down,
patent-leathered now
until it gleams
like jet-
were jet a crown

the music
from the trumpet at his lips
is honey
mixed with liquid fire
the rhythm
from the trumpet at his lips
is ecstasy
distilled from old desire-

Desire
that is longing for the moon
where the moonlight’s but a spotlight
in his eyes,
desire
that is longing for the sea
where the sea’s a bar-glass
sucker size

The Negro
with the trumpet at his lips
whose jacket
Has a fine one-button roll,
does not know
upon what riff the music slips

It’s hypodermic needle
to his soul
but softly
as the tune comes from his throat
trouble
mellows to a golden note

(Langston Hughes)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Qui

Dans le bleu du ciel, dans le vert des forêts,
quelle main a peint ces rayons de lumière ?
Quand les vents dormaient encore au sein du firmament,
qui les éveilla et leur ordonna de souffler ?

Perdu dans le coeur, dans la caverne de la Nature,
retrouvé dans le cerveau, Il bâtit la pensée ;
tissé dans le dessin et dans l’éclat des fleurs,
saisi dans le réseau lumineux des astres,

Il est la force d’un homme, la beauté d’une femme,
le rire d’un garçon, l’émoi d’une fille ;
et Sa main qui fit tournoyer Jupiter dans le ciel
met tout son art à façonner une boucle.

Tels sont Ses oeuvres et Ses voiles et Ses ombres ;
mais Lui, où est-Il donc ? Par quel nom Le connaître ?
Est-il Brahma ou Vishnu ? Homme ou femme ?
Avec ou sans corps ? Double ou unique ?

Nous aimons un jeune garçon au teint sombre et radieux,
une femme, redoutable et nue, est notre souveraine.
Nous L’avons vu méditer sur la neige des montagnes,
nous L’avons vu à l’oeuvre au coeur des sphères.

Au monde entier nous dirons Ses voies et Son art ;
Il sent l’extase de la torture, de la passion, de la douleur ;
Il jouit de notre chagrin et fait couler nos larmes,
puis à nouveau nous séduit par Sa joie et Sa beauté.

Toute musique n’est que le son de Son rire,
toute beauté le sourire de Sa béatitude passionnée ;
nos vies sont les battements de Son coeur, notre extase les noces
de Râdhâ et Krishna, et notre amour leur baiser.

Sa force retentit dans la sonnerie des trompettes,
c’est Lui qui roule dans le char, qui frappe dans le combat ;
Il tue sans compter et Il est plein de compassion ;
Il combat pour le monde jusqu’à la fin des temps.

Dans la ruée des mondes, dans la houle des âges,
ineffable, puissant, majestueux et pur,
par-delà le dernier pinacle atteint par le penseur
Il trône en Ses royaumes qui demeurent à jamais.

Maître de l’homme et son éternel Bien-Aimé,
Il est proche de nos coeurs, si seulement nous savions Le voir ;
mais notre orgueil nous aveugle et le faste de nos passions,
nous sommes prisonniers de nos pensées, et nous nous croyons libres.

C’est Lui dans le Soleil qui est sans âge et sans mort,
et dans la minuit Son ombre est étendue ;
quand les Ténèbres étaient aveugles et englouties par les Ténèbres,
Il se tenait en elles, immense et solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BONSOIR (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020



Illustration: Agnieszka Szuba 
    
BONSOIR

Que la lune est belle à midi
c’est l’été au coin du feu
quand le vent ronfle dans le désert
et qu’il fait nuit dans vos cheveux

Arbres plantés comme l’espoir
au bord des routes en rang d’oignons
pluie qui protège la pensée
petites sources infatigables dormez-vous

Au matin gris suivi de tous les escargots
de la veille et du lendemain
j’avance au son des trompettes
Dormez-vous dormons-nous
dormirons-nous encore comme les sacristains

Les rêves ne finissent jamais vous dormez
les yeux ouverts et les membres en désordre
On a frappé à votre porte
C’est déjà le matin
c’est toujours le matin

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA PROCESSION (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019




LA PROCESSION

Des bottines blanches
des solennels gants glacés
on garde l’étreinte
sur l’étroit balcon
où l’on se tient
quand passent les trompettes
d’une procession masquant magnifiquement l’avenir.

(Jean Follain)

Illustration: Edouard Manet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au Bout De Mes Rêves (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Au Bout De Mes Rêves

Et même si le temps presse
Même qu’il est un peu court
Si les années qu’on me laisse
Ne sont que minutes et jours

Et même si l’on m’arrête
Ou s’il faut briser des murs
En soufflant dans des trompettes
Ou à force de murmures

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout de mes rêves
J’irai au bout de mes rêves
Où la raison s’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même s’il faut partir
Changer de terre ou de trace
S’il faut chercher dans l’exil
L’empreinte de mon espace

Et même si les tempêtes
Les dieux mauvais, les courants
Nous feront courber la tête
Plier genoux sous le vent

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout des mes rêves
J’irai tout au bout de mes rêves
Où la raison q’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même si tu me laisses
Au creux d’un mauvais détour
En ces moments où l’on teste
La force de nos amours

Je garderai la blessure
Au fond de moi tout au fond
Mais au-dessus je te jure
Que j’effacerai ton nom

J’irai au bout de mes rêves…
(Jean-Jacques Goldman)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Alors la trompette (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019


 


 

trompettes

Alors la trompette retentira à toutes les portes de la ville
Et des oiseaux s’envoleront au bruit des fanfares.
Ils voleront longtemps au-dessus de la ville
Et, quand ils se poseront,
Déjà nous reposerons
Heureux, joyeux, le coeur contenté,
Dormant dans la nuit qui précédera le premier lever de soleil du bonheur retrouvé.

(Robert Desnos)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Demain (Léon Deubel)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019



 

Demain

En vain, le jour adverse évoque ceux qui tombent
Et dont la chute, au loin, dans l’âme nous répond :
En vain, le fleuve nu prépare sous ses ponts
Un départ, sans adieux, d’irrésistibles tombes ;

En vain, pour dévoyer mon effort qui succombe,
La noire Faim suspend de périlleux balcons
Sur les galets battus de rêves inféconds ;
En vain, l’amer chagrin réprimé vire en trombe ;

Demain paraît ! Demain ! jour où, sur plus d’un front,
Tournants et lumineux, mes pas s’affermiront,
Où d’un geste, arrachant des trompettes à l’ombre

Pour déployer mes cris jusqu’au suprême azur,
Comme une horde dense au milieu des décombres,
Je pousserai mes vers sur le monde futur.

(Léon Deubel)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :