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Poésie

Posts Tagged ‘trottiner’

Pauvre chapelle (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration 
    
Pauvre chapelle effritée
aux parures de poussière,
le printemps dresse une claire
église à tes côtés.

Quelques femmes grelottantes
trottinent dans ton encens.
Mais au-dehors les enfants
font des signes aux roses.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Un petit homme gris (Joseph Majault)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



Un petit homme gris

un petit homme gris qui trottinait
à pas pressés la tête dans le vent
sur la place
aux pavés
de granit
n’aura levé les yeux qu’un bref instant
sur la fille jeune blonde et jolie
qui passait
près de lui
sans le voir
bien mal lui prit de jeter un regard
car le pauvre trébucha aussitôt
bosse ronde
d’un pavé
mal planté
et le voilà qui choit le nez à terre
genou luxé le coude tuméfié
cependant
que la belle
file au loin

(Joseph Majault)


Illustration: Gilbert Garcin

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Le Bonheur (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Le Bonheur

C’était le bonheur
Qui courrait dans l’herbe.
Nous l’avons tous pris
Pour une souris,
Une souris verte
Qui courait dans l’herbe.

Nous avons eu peur
Et, avec des cris,
Nous avons tous fui
En perdant nos fleurs;
Nous avons tous fui
Devant le bonheur.

Et chacun depuis
Cherche dans son coeur
Cette souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Cette souris verte qui trottine ailleurs.

(Maurice Carême)


Illustration

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Tandis que je laisse la peur (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
Tandis
que je laisse
la peur
m’envahir,
je ressens
ce plaisir
ambigu
du déjà
connu, du
chemin
tant de fois
trottiné.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Les parapluies (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018


Les_parapluies_de_minuit

Mon ami prétend que, la nuit,
Il voit partir les parapluies
A l’infini sous le ciel gris.

Mon ami ne sait quand ils rentrent.
Il n’a jamais pu les surprendre
Et, chaque jour, il se demande

Comment ils franchissent les murs
En sautant sur leur manche dur,
Par-dessus la haie des clôtures,

Sans guère faire plus de bruit
Que n’en ferait une souris
Qui trottine sur un tapis.

(Maurice Carême)

Illustration

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Monsieur le chef de gare… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Monsieur le chef de gare…
Biguine

1
Monsieur le chef de gare
Siffle comme un oiseau
L’oiseau s’envole en haut
Le train part dare-dare.

2
Quand un train sur sa voie
Rencontre un autre train
Il serre un peu les freins
Et siffle plein de joie.

3
Et moi, quand Joséphine
Trottine devant moi,
Rempli d’un doux émoi
Je siffle la coquine.

4
Quand je danse avec elle
Mille sifflets soudain
Roulent dans le lointain
Comme des hirondelles.

5
Et depuis, à chaque heure,
J’évoque son reflet
Qui coupe mon sifflet
Comme un fil dans du beurre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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DEUIL (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



 

DEUIL

Dans le noir matin d’hiver
Nulle lueur ne frappe mes yeux
Quand l’horloge de l’escalier tinte
Cinq coups, l’heure de son lever.
Laisser la porte ouverte
L’horloge arrêtée
Faire mon dur lit d’esseulée —
Que tout n’est-il sous terre !

Quand l’été affirme son éclat,
Illuminant les cimes des pommiers,
Qui tire les rideaux, et qui s’écrie
Avec entrain que le matin rayonne ?

Quand je flane au marché,
Personne ne franchit le pré de Durnover
Au crépuscule, pour m’écouter
Trottinant sur le pont de Grey.

Quand la soupière fume
Et que c’est l’heure qu’annoncent ses pas,
J’attends près de l’âtre en rêvant
Dans un mortel silence.
Laisser la porte ouverte
L’horloge arrêtée
Faire mon dur lit d’esseulée —
Que tout n’est-il sous terre !

***

BEREFT

In the black winter morning
No light will be struck near my eyes
While the clock in the stairway is warning
For five, when he used to rise.
Leave the door unbarred,
The clock unwound,
Make my lone bed hard —
Would’ twere underground !

When the summer dawns clearly,
And the appletree-tops seem alight,
Who will undraw the curtain and cheerly
Call out that the morning is bright ?

When I tarry at market
No form will cross Durnover Lea
In the gathering darkness, to hark at
Grey’s Bridge for the pit pat o’ me.

When the supper crock’s steaming,
And the time is the time of his tread,
I shall sit by the fire and wait dreaming
In a silence as of the dead.
Leave the door unbarred,
The clock unwound,
Make my lone bed hard —
Would’twere underground !

(Thomas Hardy)

Illustration: Laetitia Méral

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Ton âme sans armure (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2015



 

Duy Huynh -  (13) [1280x768]

ton âme
sans armure

n’a pas plus d’épaisseur
que le mauve ou le jaune des iris

pas plus de prétention
que le rouge d’une coccinelle
trottinant au bout d’un doigt

avant de disparaître
gobée net

par le flot d’herbes folles

(Thierry Cazals)

Illustration: Duy Huynh

 

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