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Poésie

Posts Tagged ‘troublée’

Dans la terre torride… (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



 

Diego Dayer blanc

Dans la terre torride, une plante exotique
Penchante, résignée : éclos hors de saison
Deux boutons fléchissaient, d’un air grave et mystique ;
La sève n’était plus pour elle qu’un poison.

Et je sentais pourtant de la fleur accablée
S’évaporer l’effluve âcre d’un parfum lourd,
Mes artères battaient, ma poitrine troublée
Haletait, mon regard se voilait, j’étais sourd.

Dans la chambre, autre fleur, une femme très pâle,
Les mains lasses, la tête appuyée aux coussins :
Elle s’abandonnait : un insensible râle
Soulevait tristement la langueur de ses seins.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Diego Dayer

 

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La belle viole (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Accoudée au balcon d’où l’on voit le chemin
Qui va des bords de Loire aux rives d’Italie,
Sous un pâle rameau d’olive son front plie.
La violette en fleur se fanera demain.

La viole que frôle encor sa frêle main
Charme sa solitude et sa mélancolie,
Et son rêve s’envole à celui qui l’oublie
En foulant la poussière où gît l’orgueil Romain.

De celle qu’il nommait sa douceur Angevine,
Sur la corde vibrante erre l’âme divine
Quand l’angoisse d’amour étreint son cour troublé;

Et sa voix livre aux vents qui l’emportent loin d’elle,
Et le caresseront peut-être, l’infidèle,
Cette chanson qu’il fit pour un vanneur de blé.

(José-Maria de Hérédia)


Illustration

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Comme des Fleurs, ayant ouï parler de Rosées (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Comme des Fleurs, ayant ouï parler de Rosées,
Sans penser que cette humide couronne
Attendait leur — humble Front —

Ou des Abeilles – prenant le nom de l’Été
Pour la rumeur d’un Délire
Dont nul Été — ne Les pourrait — emplir —

Ou d’Arctiques Créatures, troublées —
Par l’Accent Tropical — qu’à la Forêt
Apporte l’Oiseau Voyageur —

Ou le vif signal du Vent à l’Oreille —
Rendant banal, et austère,
Ce qui, connu, comblait hier —

Le Ciel – à l’improviste advient
Aux Vies qui croyaient l’Adoration
Un trop présomptueux Psaume –

***

Like Flowers, that heard the news of Dews,
But never deemed the dripping prize
Awaited their — low Brows —

Or Bees — that thought the Summer’s name
Some rumor of Delirium,
No Summer — could — for Them —

Or Arctic Creatures, dimly stirred –
By Tropic Hint — some Travelled Bird
Imported to the Wood —

Or Wind’s bright signal to the Ear —
Making that homely, and severe,
Contented known, before —

The Heaven — unexpected come,
To Lives that thought the Worshipping
A too presumptuous Psalm —

(Emily Dickinson)

Illustration: William Blake

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La petite rue silencieuse (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



La petite rue silencieuse

Le silence orageux ronronne.
Il ne passera donc personne?

Les pavés comptent les géraniums.
Les géraniums comptent les pavés.

Rêve, jeune fille, à ta croisée.
Les petits pois sont écossés.
Ils bombent ton blanc tablier
que tes doigts roses vont lier.

Je passe de noir habillé.
Un éclair au ciel t’a troublée,
jeune fille, ou c’est donc ma vue?
Tes petits pois tombent dans la rue.

Sombre je passe.
Derrière moi les pavés comptent les petits pois.

Le silence orageux ronronne.
Il ne passera donc personne?

(Paul Fort)

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Trop d’amours de poètes s’exhibent nus, leur porte ouverte (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



Déjà trop d’amours de poètes
S’exhibent nus, leur porte ouverte
Que la nôtre soit la chambre au matin,
Discrète et troublée de lumière accrue;
Celle qui ne donne pas sur la rue,
Mais sur le rire intime du jardin.

(Charles Vildrac)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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La Nymphe captive (Thérèse Maquet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016




Seule à jamais! couchée au sol, l’âme troublée,
Pleine d’un regard vague et d’un désir sans fin,
Elle reste immobile, et sa pose accablée
Du contour délicat accuse le dessin.
Son corps souple et charmant fait une lueur blanche
Entre les durs profils des rocs irréguliers;
La tunique aux plis droits a glissé sur sa hanche,
Des bandelettes d’or les bouts sont déliés,
Et ses cheveux légers que le vent éparpille
D’une vapeur ambrée auréolent son front.

(Thérèse Maquet)

Illustration: Julius Hubner

 

 

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