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Poésie

Posts Tagged ‘trouer’

Tous ces bruits, gestes et pensées (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018




    
tous ces bruits, gestes et pensées
tous ces membres, couleurs et rêves
doucement posés sous les arbres –

dans les sèves sans bornes du vivre
la fureur de la vie déchirant la vie –

d’une voix jadis fraîcheur sous les feuilles
trouée de tant de choses incomprise
bonheur d’entendre le vent au-dedans –

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: PATMOS et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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TABLEAU (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration
    
TABLEAU

Une âpre femme arrive
qui jette dans la corbeille
les noix du grand noyer
tout peut bien être remis en cause
pour longtemps, pour toujours
paraît-elle dire à tous les autres.
Sort-elle du tableau
d’un vieux peintre oublié
où la vérité
approche le mystère ?
Les haillons troués
laissent voir un peu d’une gorge
un des hommes tressaille
près d’une hache, d’une chaise
à dossier courbe,
d’une pendule active.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les poètes (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Les poètes sont les murs nus de la maison
crépis de cris, de sel, de lèvres, de nuages
fondés sur l’infini des larmes et jetés
à l’infini du ciel errant. La seule lune
réchauffe l’or cendreux et sonne, cor perdu
dans la mélancolie du sombre sang et l’Ombre.
Quand ce pays sans nom que dieu dans le futur
se tourne vers ses morts en implorant l’aurore
ses pierres calcinées par la ténèbre sont
des cœurs, ses marbres bleus des mers, ses eaux des palmes
et ses essaims de sang se suspendent aux arbres.
Mais où ton ocre Ô bouche amère retentit
on verra trouer l’œil vague des apparences
une vierge colonne adossée à la mer.

(Pierre Emmanuel)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: L’Âge d’Homme

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Cette petite chose (Florence Noël)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



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cette petite chose
modelée de cendres et
de désirs
ce reste
coincé en travers de
ma voix
qui troue mon chant
et mes ailes
brusquant la chute
en plein vol

ce n’est qu’une lancinance
une maladie
ma poésie

(Florence Noël)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

 

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Clair de lune (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Clair de lune

Des jeunes filles
dans les prés d’argent
tournent sans musique

Une mare est là
où baigne la lune trouée de crapauds
dont l’orchestre pleure
la douce pavane
d’un temps très ancien

Chante là chante pour ces robes blanches
qui couvrent des vierges et des rêves
ton amour déçu.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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La poésie (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



 

La poésie permet d’aiguiser les angles,
elle est faite pour percer le réel, forer, trouer,
voir ce qu’il y a au-delà du mur des apparences

(Charles Dobzynski)

Illustration: Alain Gagnon

 

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La nuit ouvre ses yeux (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Jacqueline Fabbri
    
La nuit ouvre ses yeux en nous.
Rien ne retient plus le regard.
On fait corps avec le coeur.
L’onde est porteuse.
Juste à l’angle du temps.
La survie peut être célébrée.
On puise, mais avec une telle précision.

Si nue l’évidence quelle troue tous les pourquoi.
Au fond du charnier, une étoile ivre.
Des empreintes imprimées par le coeur.
Quelques arcs-en-ciel terrassés.
On laisse le bleu creuser son ombre.
Une seule goutte de feu suffit.
Ébloui, obstinément.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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MIROIR DE TOUS LES DOUBLES (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017



Illustration: Julia Perret  
    
MIROIR DE TOUS LES DOUBLES
pour Jean-Pierre Duprey

nous passons
sans cesse et sans trêve
du berceau au tombeau
nous passons
assoiffés d’une plénitude autre
que le manque qui nous troue
et nous désosse
nous avançons tant bien que mal
et soudain quelqu’un écrit

ce qui nous anime
s’appelle la joie du gouffre

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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L’invisible contemple (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017



Illustration
    
L’invisible contemple,
Mais ne dit pas mot ;
L’invisible ressent,
Mais ne dit pas mot.
Parfois, trouant la mémoire,
Il nous réveille
Par un furtif geste.

La brume levée, le paysage
Un instant révélé :
Appel d’une prairie fleurie ?
Rappel d’une cascade cachée ?
Nous entendons pousser en nous
Le cri d’un geai,
Sans trouver le mot.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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LA SAGESSE M’A ROMPU LES BRAS (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



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LA SAGESSE M’A ROMPU LES BRAS

La sagesse m’a rompu les bras, brisé les os
C’était une très vieille femme envieuse
Pleine d’onction, de fiel et d’eau verte

Elle m’a jeté ses douceurs à la face
Désirant effacer mes traits comme une image mouillée
Lissant ma colère comme une chevelure noyée

Et moi j’ai crié sous l’insulte fade
Et j’ai réclamé le fer et le feu de mon héritage.

Voulant y laisser pousser son âme bénie comme une vigne
Elle avait taillé sa place entre mes côtes.
Longtemps son parfum m’empoisonna des pieds à la tête

Mais l’orage mûrissait sous mes aisselles,
Musc et feuilles brûlées,
J’ai arraché la sagesse de ma poitrine,
Je l’ai mangée par les racines,
Trouvée amère et crachée comme un noyau pourri

J’ai rappelé l’ami le plus cruel,
la ville l’ayant chassé,les mains pleines de pierres.
Je me suis mise avec lui pour mourir sur des grèves mûres

Ô mon amour, fourbis l’éclair de ton coeur,
nous nous battrons jusqu’à l’aube
La violence nous dresse en de très hautes futaies
Nos richesses sont profondes et noires pareilles
au contenu des mines que l’éclair foudroie.

En route, voici le jour, fièvre en plein coeur scellée
Des chants de coq trouent la nuit comme des lueurs
Le soleil appareille à peine, déjà sûr de son plein midi,
Tout feu, toutes flèches, tout désir au plus vif de la lumière,
Envers, endroit, amour et haine, toute la vie en un seul honneur.

Des chemins durs s’ouvrent à perte de vue sans ombrage
Et la ville blanche derrière nous lave son seuil où coucha la nuit.

(Anne Hébert)

Illustration: Fidel Garcia

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