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Posts Tagged ‘troupe’

Lorsqu’un homme n’a pas d’amour (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




    
Lorsqu’un homme n’a pas d’amour,
Rien du printemps ne l’intéresse ;
Il voit même sans allégresse,
Hirondelles, votre retour ;

Et, devant vos troupes légères
Qui traversent le ciel du soir,
Il songe que d’aucun espoir
Vous n’êtes pour lui messagères.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Le grillon (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2020




    
Le grillon

Un pauvre petit grillon
Caché dans l’herbe fleurie
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
L’insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L’azur, le pourpre et l’or éclataient sur ses ailes ;
Jeune, beau, petit-maître, il court de fleurs en fleurs ;
Prenant et quittant les plus belles.
Ah ! Disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents ! Dame nature
Pour lui fit tout et pour moi rien.
Je n’ai point de talent, encor moins de figure ;
Nul ne prend garde à moi, l’on m’ignore ici bas :
Autant vaudrait n’exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d’enfants ;
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l’attraper.
L’insecte vainement cherche à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L’un le saisit par l’aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient et le prend par la tête.
Il ne fallait pas tant d’efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh ! Oh ! Dit le grillon, je ne suis plus fâché ;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux vivons caché.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Le phénix (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2020



    

Le phénix

Le phénix, venant d’Arabie,
Dans nos bois parut un beau jour :
Grand bruit chez les oiseaux ; leur troupe réunie
Vole pour lui faire sa cour.
Chacun l’observe, l’examine ;
Son plumage, sa voix, son chant mélodieux,
Tout est beauté, grâce divine,
Tout charme l’oreille et les yeux.
Pour la première fois on vit céder l’envie
Au besoin de louer et d’aimer son vainqueur.
Le rossignol disait : jamais tant de douceur
N’enchanta mon âme ravie.
Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs
N’ont eu cet éclat que j’admire ;
Il éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétaient ces éloges flatteurs,
Vantaient le privilège unique
De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel,
Qui, vieux, sur un bûcher de cèdre aromatique,
Se consume lui-même, et renaît immortel.
Pendant tous ces discours la seule tourterelle
Sans rien dire fit un soupir.
Son époux, la poussant de l’aile,
Lui demande d’où peut venir
Sa rêverie et sa tristesse :
De cet heureux oiseau désires-tu le sort ?
– Moi ! Mon ami, je le plains fort ;
Il est le seul de son espèce.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Retouche à l’échange (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

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retouche à l’échange

tes yeux sont l’oriflamme de mes troupes
tes mains la tresse des victoires
tes mots dans le jardin sévère
les stèles de mes herbes

l’un n’est premier ni l’autre suit
mon sommeil est la ruche de tes rêves
et sur tes fleurs de nuit
mon âme fait son bruit d’abeille

(Daniel Boulanger)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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LA RUINE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



LA RUINE

Dans son songe ce gradé passe
en revue le front de ses troupes
mais en vérité le scribe
sur le registre fait une courte rature
avec la règle noire
aux arêtes de fer
plus de concert d’oiseaux
il ne reste
sous la première étoile qu’une ruine
violâtre et nue
sur un paysage sans voix.

(Jean Follain)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Pendant que vostre main docte … (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Lauri Blank _1

Pendant que vostre main docte …

Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :

Gardez qu’Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n’evente ses chaleurs,
Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs,
D’un petit traict de feu ne vous les renouvelle.

En recueillant des fleurs la fille d’Agenor
Fut surprise d’Amour, et Prosperine encor
L’une fille de roy, l’autre toute déesse.

Il ne faut seulement que soufler un bien peu
Le charbon eschauffé, pour allumer un feu,
Duquel vous ne pourriez enfin estre maistresse.

(Rémy Belleau)

Illustration: Lauri Blank

 

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Ce monde-ci n’est qu’une œuvre comique (Jean-Baptiste Rousseau)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Ce monde-ci n’est qu’une œuvre comique
Où chacun fait ses rôles différents.
Là, sur la scène, en habit dramatique,
Brillent prélats, ministres, conquérants.
Pour nous, vil peuple, assis aux derniers rangs,
Troupe futile et des grands rebutée,
Par nous d’en bas la pièce est écoutée,
Mais nous payons, utiles spectateurs ;
Et, quand la farce est mal représentée,
Pour notre argent nous sifflons les acteurs.

(Jean-Baptiste Rousseau)

Illustration

 

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Un assassin (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Illustration: William Blake
    
Un assassin

Un assassin, je suis un assassin
car j’ai détruit en moi tous mes possibles.
Il me fallait choisir entre l’extase
et le désir – et j’ai choisi la feuille
qui vole au vent, la feuille sans espoir.

Nul ne connaît ce roman sans intrigue
que j’écrivis dans ma tête autrefois,
une épopée à la tête de buffle,
une légende où j’étais l’Enchanteur,
le régisseur de la troupe des Fées.

J’ai réuni ce que je voulais être,
ce que je fus, j’ai réuni mes rêves
et mon réel dans un grand livre en forme
de noir cercueil. Je m’y repose nu
dans la douceur étrange de mes crimes.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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La gerbe (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Jean François Millet
    
La gerbe

Je ressemble au bouleau humide sous la pluie,
Au frêne desséché que drape au bord de l’eau
Le salissant brouillard de ses voiles de suie;
Mon âme a la couleur verte d’un vieux tombeau.

Je suis le naufragé cramponné au radeau
Que la vague, linceul, de ses longs pans essuie;
Mon coeur que le labeur trop lourd de vivre ennuie,
Comme un galérien courbé sous un fardeau,

Succombe et se révolte en la fadeur des choses.
Et me voici, fantôme assis sur un tombeau,
Groupant entre mes doigts, dernier bouquet de roses,

La gerbe de mes désirs morts. – O noirs corbeaux,
Parmi le ciel flétri promenant vos ténèbres,
Autour de ma pensée, errez, troupes funèbres!

(Marie Dauguet)

 

 

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LES DEUX MULETS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LES DEUX MULETS

Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
– Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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