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Poésie

Posts Tagged ‘trouver’

Un jour comme ça (Claude de Burine)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Un jour comme ça
Quand il y aura la grâce
On montera les dents du bonheur
La rivière saoulera d’histoires les poissons
Le canal gardera sa vieille péniche
Femme des combats

Te dire ce qu’ils se raconteront
Je ne sais pas
Mais la vie sera là, toujours
A prendre, à serrer, à mordre.

Il y a dans le caillou, les ronces
Un coeur, un chemin, vers la mer
Qu’il faut trouver.

(Claude de Burine)

 

 

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Chanson dansée (Lieou Yu-Si)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



Chanson dansée

Sur le fleuve du printemps, la lune paraît, la vaste digue s’étend, tranquille.
Sur la digue, les jeunes filles se tiennent par les manches et s’avancent.
Ayant chanté toutes les chansons nouvelles, elles ne trouvent pas leurs amants.
Les nuages roses du couchant se reflètent sur les arbres, les perdrix rappellent…

(Lieou Yu-Si)

 Illustration: Harunobu Suzuki

 

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RETOUCHE A L’AMOUR (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



 

Dan Thompson 46

RETOUCHE A L’AMOUR

Cette lampe que l’on déplace
pour trouver une ombre nouvelle.

(Daniel Boulanger)

Illustration: Dan Thompson

 

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Lorsque reviendra le printemps (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019




    
Lorsque reviendra le printemps
peut-être ne me trouvera-t-il plus en ce monde.
J’aimerais maintenant pouvoir croire que le printemps est un être humain
afin de pouvoir supposer qu’il pleurerait
en voyant qu’il a perdu son unique ami.
Mais le printemps n’est même pas une chose : c’est une façon de parler.
Ni les fleurs ne reviennent, ni les feuilles vertes.
Il y a de nouvelles fleurs, de nouvelles feuilles vertes.
Il y a d’autres jours suaves.
Rien ne revient, rien ne se répète, parce que tout est réel.

***

Quando tornar a vir a Primavera
Talvez já não me encontre no mundo.
Gostava agora de poder julgar que a Primavera é gente
Para poder supor que ela choraria,
Vendo que perdera o seu único amigo.
Mas a Primavera nem sequer é uma coisa:
É uma maneira de dizer.
Nem mesmo as flores tornam, ou as folhas verdes.
Há novas flores, novas folhas verdes.
Há outros dias suaves.
Nada torna, nada se repete, porque tudo é real.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Gardeur de troupeaux
Traduction: Armand Guibert
Editions: Gallimard

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Le ballon (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019


photo-Le-Ballon-rouge-1956-3

 

Le ballon
Echappa à la main de Colas,
pour chercher son azur.

Et Colas
Echappa au jardin de Papa,
Pour trouver sa mesure.

(Andrée Chedid)

 

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ÉNIGME POUR LES TOURMENTÉS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



 

Mihai Criste   (5)

ÉNIGME POUR LES TOURMENTÉS

Un jour parmi les jours de l’année à venir
je trouverai une heure différente :
une heure à chevelure cataracte,
une heure jamais encore écoulée :
comme si le temps, se cassant,
ouvrait une fenêtre : un orifice
par où nous glisser vers le fond.

Bon, ce jour-là avec cette heure
arrivera et laissera tout transformé :
on ne saura plus si l’hier s’en est allé
ou si ce qui revient n’était jamais passé.

Lorsque de ce cadran une heure tombera
à terre, n’étant par quiconque recueillie,
lorsque, enfin, nous aurons le temps bien amarré,
nous saurons vraiment où commencent
ou encore où s’achèvent les destins
car dans le tronçon mort ou simplement éteint
nous verrons clairement la matière des heures
comme on voit clairement la patte de l’insecte.

Et nous disposerons d’un pouvoir diabolique :
reculer dans le temps ou activer les heures,
regagner la naissance ou rejoindre la mort
avec un moteur dérobé à l’infini.

(Pablo Neruda)

Illustration: Mihai Criste

 

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Où trouver une cloche (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Où trouver une cloche
qui tintera au fond de tes rêves?

(Pablo Neruda)


Illustration

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LES ÉTOILES ME SONT CHÈRES (Shmuel Halkin)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
LES ÉTOILES ME SONT CHÈRES

Toute étoile est chère à mes yeux
Pour la pureté de son feu
Pour son vol parmi des milliers,
Pour son éclat particulier,
Parce que sa clarté profonde
Dans chaque goutte peut se fondre.

Toute étoile est chère à mes yeux
Car jamais n’est double son feu
Quand elle offre à l’eau sa lumière,
Rien n’est plus sombre ni plus clair
Sur la route longue et dorée
Qui monte jusqu’à l’empyrée.

Toute étoile est chère à mes yeux
Tant son ordre est vertigineux,
Je trouve mesure pour elle,
Mais sa lumière en moi se perd
Car elle appartient à la terre
Tout comme elle appartient au ciel.

(Shmuel Halkin)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SÉCHERESSE (Jacob-Zvi Sharguel)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019



    

SÉCHERESSE

Deux bonzes japonais font tinter leurs clochettes
Et de la canicule égrènent la chanson.
Chacun porte un lotus à sa robe accroché
Afin de conjurer la mauvaise moisson.

Deux curés en soutane noire prient en choeur,
Agenouillés devant de pieuses images :
Jésus que tout le sang qui coule de ton coeur
Au-dessus du pays se transforme en nuage.

Deux rabbins sont blottis au profond de leur être
Et pleurent en priant la résurrection :
Ô Toi qu’ils ont trouvé, que nos lointains ancêtres
Plaident pour nous Ta grâce et Ta compassion.

Tandis que tout là-haut le visage solaire
Scintille – ardent buisson dans l’azur embrasé,
Et que deux arbrisseaux, la bouche grande ouverte
Semblent, à l’agonie, attendre la rosée.

(Jacob-Zvi Sharguel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le temps perdu (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2019




Illustration: Tarsila do Amaral
    
Le temps perdu

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’oeil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron?

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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