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Poésie

Posts Tagged ‘truite’

Les libellules sont passées (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



Illustration   
    
Les libellules sont passées
rides sur l’eau

Le martin-pêcheur a plongé
rides sur l’eau
L’étang limpide n’en a cure

Lorsqu’il revient à ce qu’il est
Les truites se glissent insoucieuses
entre les nuages

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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LE PARADIS MON AMOUR (Hubert Antoine)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    Illustration
    
LE PARADIS MON AMOUR

le paradis est un détail
l’état avant la chair

c’est quand un geai aux trois couleurs
abat ses cartes sur la neige

quand ce que tu ne cherches pas
se trouve dans la promesse
d’un saut de truite

ce regard entre deux mouettes
une seconde après l’éclipse

(Hubert Antoine)

 

Recueil: tohu-bohu et brouhaha
Editions: Le Cormier

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La nature serait mieux faite (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



La nature serait mieux faite
si la truite plutôt que d’écailles
était couverte d’amandes effilées.

(Laurent Albarracin)

 

 

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L’AMOUR (Melih Cevdet Anday)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2016




L’AMOUR

La forêt commençait quand tu me prenais la main.
Elle s’ouvrait par le milieu comme une figue
Nous courions vers le haut, courbés en deux, hors d’haleine.
Avec les truites, à grand-peine, les aiguilles de pin
Brisaient notre allure. Ne Laisse Pas Ma Main,
Ne Laisse Pas Ma Main…
Après, nous glissions tout en bas.
Et le silence descendait comme un arbre
Il poussait des racines en toi et en moi, cherchant
L’eau de la terre qui attendait son tour.
Tournesols, tes seins tendent vers la lumière.
Je marchais à tes deux côtés comme l’arcade d’un monument.
Après, nous recommencions à courir,
En haut, plus haut, vers les eaux qui se creusent
Dans les cieux. Je t’embrassais, tu tremblais, l’amour qui réunit
Les instants éclatés ne fait pas de rêve : ô forêt,
Ô sort du cheval pourchassé, ô tourterelle affamée
Du recommencement ! Pour nous il n’y a pas de sort.

Nous l’avons brûlé, comme une tache dans l’oeil
Des oiseaux migrateurs, une graine unique dans leur bec,
Tandis que le jour se lève une fois de plus. Pour nous il n’y a pas de sort.

(Melih Cevdet Anday)

Illustration

 

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Histoire de mes sens (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Histoire de mes sens

Je parlais aussi bien
Qu’une coupe de fruits.

J’entendais chaque aurore
Comme un harmonica.

Je touchais des pelages
Avec des mains de soie.

Je voyais la rivière
Avec des yeux de truite.

Je humais les parfums
Des fleurs imaginaires.

Je déplaçais le Temps
Comme on déplace un livre.

Tout objet m’était grâce
Et tout oiseau mon vol.

Si je parle d’hier,
C’est par humilité.

Ces prestiges d’antan,
J’en garderai la trace.

Je traverse ma vie
Avec mon nom d’enfant.

L’harmonica, la truite,
Le pelage et le fruit,

La fleur et la rivière,
Il suffit qu’ils existent

Pour que je sois naissance
Interminablement.

(Robert Sabatier)

Illustration: Lia R.

 

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Le chant de l’eau (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Le chant de l’eau

L’entendez-vous, l’entendez-vous
Le menu flot sur les cailloux ?
Il passe et court et glisse
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse.

Là-bas,
Le petit bois de cornouillers
Où l’on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers,
Dansa ;
Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers
Et les putois et les fouines
Et les souris et les mulots
Ecoutent
Loin des sentes et loin des routes
Le bruit de l’eau.

Aubes voilées,
Vous étendez en vain,
Dans les vallées,
Vos tissus blêmes,
La rivière,
Sous vos duvets épais, dès le prime matin,
Coule de pierre en pierre
Et murmure quand même.
Si quelquefois, pendant l’été,
Elle tarit sa volupté
D’être sonore et frémissante et fraîche,
C’est que le dur juillet
La hait
Et l’accable et l’assèche.
Mais néanmoins, oui, même alors
En ses anses, sous les broussailles
Elle tressaille
Et se ranime encor,
Quand la belle gardeuse d’oies
Lui livre ingénument la joie
Brusque et rouge de tout son corps.

Oh ! les belles épousailles
De l’eau lucide et de la chair,
Dans le vent et dans l’air,
Sur un lit transparent de mousse et de rocailles ;
Et les baisers multipliés du flot
Sur la nuque et le dos,
Et les courbes et les anneaux
De l’onduleuse chevelure
Ornant les deux seins triomphaux
D’une ample et flexible parure ;
Et les vagues violettes ou roses
Qui se brisent ou tout à coup se juxtaposent
Autour des flancs, autour des reins ;
Et tout là-haut le ciel divin
Qui rit à la santé lumineuse des choses !

La belle fille aux cheveux roux
Pose un pied clair sur les cailloux.
Elle allonge le bras et la hanche et s’inclina
Pour recueillir au bord,
Parmi les lotiers d’or,
La menthe fine ;
Ou bien encor
S’amuse à soulever les pierres
Et provoque la fuite
Droite et subite
Des truites
Au fil luisant de la rivière.

Avec des fleurs de pourpre aux deux coins de sa bouche,
Elle s’étend ensuite et rit et se recouche,
Les pieds dans l’eau, mais le torse au soleil ;
Et les oiseaux vifs et vermeils
Volent et volent,
Et l’ombre de leurs ailes
Passe sur elle.

Ainsi fait-elle encor
A l’entour de son corps
Même aux mois chauds
Chanter les flots.
Et ce n’est qu’en septembre
Que sous les branches d’or et d’ambre,
Sa nudité
Ne mire plus dans l’eau sa mobile clarté,
Mais c’est qu’alors sont revenues
Vers notre ciel les lourdes nues
Avec l’averse entre leurs plis
Et que déjà la brume
Du fond des prés et des taillis
S’exhume.

Pluie aux gouttes rondes et claires,
Bulles de joie et de lumière,
Le sinueux ruisseau gaiement vous fait accueil,
Car tout l’automne en deuil
Le jonche en vain de mousse et de feuilles tombées.
Son flot rechante au long des berges recourbées,
Parmi les prés, parmi les bois ;
Chaque caillou que le courant remue
Fait entendre sa voix menue
Comme autrefois ;
Et peut-être que Mélusine,
Quand la lune, à minuit, répand comme à foison
Sur les gazons
Ses perles fines,
S’éveille et lentement décroise ses pieds d’or,
Et, suivant que le flot anime sa cadence,
Danse encor
Et danse.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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Sur ses lèvres vibrent encore (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2016



Sur ses lèvres vibrent encore tous les avrils
le tremblement des graminées dans le jour volubile
voyelles des sèves corps balbutiant
il se rebaptise au nom du printemps
Sous la peau s’éveille en épis d’eau vive
une enfance aux chevilles vertes aux épaules d’or
truites et cuisses roulent encore
avec les rires de rivières

Corps ruisselant
Corps délié dans la lumière
sphère éphémère éclats de ciel
il tient le monde entre les cils
rond comme une île

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration: Sabin Balasa

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Deux truites se racontent une odeur de fraises (Jacques Bourlez)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



Sourires tressées
à deux pas de l’école
schisteuse
la maison du maître
hâte
presse
au coin d’un silence
un regard accroché
chats qui sommeillent
chien fou et tendre
deux truites se racontent
une odeur de fraises

(Jacques Bourlez)


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Ce serait comme un vêtement trop lourd (Cédric Le Penven)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2016



 

Ce serait comme un vêtement trop lourd tombé aux chevilles
avant le bain émeraude d’une résurgence nommée la gourgue
(entendez-vous la lente plongée du regard
voyez-vous les grillages enjambés pour plonger sa main
à la recherche d’une truite capricieuse
qui nage entre les ruines et les sons d’un monastère englouti
On se demande bien parfois à quoi bon écrire des poèmes
puisqu’il suffit de tendre l’oreille et de recueillir
les rêves de bergers assoupis
Sous la voûte de buis une moiteur troublante
persiste après l’orage)

(Cédric Le Penven)

Illustration

 

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Blanche (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2015




Blanche quand tu te lèves
Le soleil est au plus près,

Sur la berge de ton pied nu
L’air s’irise comme une truite,

L’aurore en tes yeux s’émerveille.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration: Katarina Smuraga

 

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